19 décembre 2011
Ecoles d’ingénieur: priorité à la formation continue
Par Yves Rivoal. La formation continue, prochain grand chantier des écoles d’ingénieurs? C’est ce qu’affirme Alexandre Rigal, directeur du cabinet du président de la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI) qui reconnaît que sur ce sujet, tout reste à construire.Quelle place occupe aujourd’hui la formation continue dans les écoles d’ingénieurs?
- Nous n’en sommes qu’aux prémices car si quelques écoles comme le CNAM ont investi ce champ, on sent bien que la majeure partie des établissements a encore besoin d’un échange de bonnes pratiques pour aborder cette question de la formation continue. Ces dernières années, les écoles d’ingénieurs ont surtout mis l’accent sur l’apprentissage. Le prochain grand chantier sera clairement celui de la formation continue.
Comment expliquez-vous le fait que les écoles d’ingénieurs n’aient pas investi l’univers de la formation continue, alors que les écoles de commerce l’ont fait?
- C’est vrai que les écoles de commerce ont franchi depuis longtemps le pas, mais sur un mode business. Il ne faut pas oublier que les écoles de commerce sont privées alors que 75% des écoles d’ingénieurs sont des établissements publics. Il me semble que ce modèle d’offre de formation continue payante à destination du monde de l’entreprise n’a pas encore été intégré parles acteurs publics. Mais je le répète, les choses évoluent et il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience car tout le monde s’accorde à dire qu’il faut y aller. On se rend bien compte que le diplôme obtenu à 23 ou 24 ans dans une école d’ingénieurs ne permet plus de faire carrière dans la même entreprise toute sa vie professionnelle. Aujourd’hui, l’évolution du marché oblige à réactualiser en permanence ses connaissances, voire parfois à apprendre un nouveau métier. Dans ce contexte, il est clair que les écoles d’ingénieurs ont à remplir une mission de service après-vente en direction de leurs anciens diplômés et des entreprises pour les aider à professionnaliser leurs cadres et à répondre aux enjeux économiques. En ce sens, la formation continue doit constituer un moyen de réindustrialiser la France, un enjeu qui figure dans les programmes de tous les candidats à la prochaine élection présidentielle.
Sur quoi pourrait déboucher le train de réflexion engagée par la CDEFI?
- Sans présager des résultats des travaux du groupe de travail, je pense que l’on s’oriente vers une approche de la formation continue à travers les compétences, puisque c’est ce que l’on fait déjà en formation initiale. Ceci étant dit, nous devrons engager une réflexion en termes de méthodes de travail et de pédagogie qui passera probablement par la formation de nos formateurs qui devront enseigner à un public non étudiant, avec des personnes qui n’ont pas les mêmes diplômes, les mêmes parcours...
Un MBA pour ingénieurs? Peut-on imaginer voir apparaître l’équivalent du MBA pour les écoles d’ingénieurs?
- Tous les champs des possibles sont ouverts. Mais plutôt que de créer un diplôme unique, pourquoi ne pas envisager plusieurs parcours car la formation continue doit s’adapter au public auquel elle s’adresse. Une chose est sûre, l’initiative viendra du terrain et ce sont les écoles qui décideront quels types de formation et quels types de diplômes il faudra mettre en place. Et puis, il ne faut pas oublier que la formation continue non diplômante est presque plus importante que la formation continue diplômante pour la mise à niveau des compétences des cadres des entreprises. Dans le même ordre d’idées, nous sommes aussi en train d’explorer la piste de la VAE avec la volonté ferme d’accélérer le mouvement dans les années qui viennent.
Yves Rivo. Täiendõppe kõrval suur ala insener koolides? Nii ütleb Alexandre Rigal direktor Vabariigi Presidendi Kantselei konverentsi Direktorite prantsuse ehitus koolid (CDEFI), mis tunnistab antud teemal, kuid veel ehitusjärgus. Velle...Commentaires