24 février 2011
L'université nouvelle est arrivée
Ces initiatives ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Beaucoup d'universitaires se démènent au quotidien pour donner à la fac un autre visage que celui d'une institution en crise perpétuelle. Sans tambour ni trompette, à tous les niveaux et pour toutes les ambitions. En témoigne le succès de la Prep'ENA de Paris-I qui, cette année, a damé le pion aux IEP (institut d'études politiques) en faisant entrer onze de ses préparationnaires à l'école nationale d'administration. "Cela démontre que les talents sont partout", relève l'ex-directeur de l'ENA, Antoine Durrleman.
Le Centre universitaire Jean-François-Champollion (Figeac-Albi-Castres) a pour sa part été distingué dans un classement ministériel qui lui a décerné la première place en termes de valeur ajoutée pour la réussite en licence de ses étudiants. "Pour le dire simplement, nous offrons le meilleur rapport qualité/prix", se félicite Jean-Louis Darréon, directeur du CUJFC. Dans un pays où 90000 jeunes sortent chaque année avec un "bac+rien" du premier cycle universitaire, la plus-value apportée aux étudiants par ce centre universitaire "proche des vaches et des brebis" n'est pas négligeable.
EXCELLENT RAPPORT QUALITE/PRIX
Ce n'est pas le moindre avantage de l'université que de proposer de faibles frais de scolarité (174 euros en licence, 237 en master et 359 en doctorat). Ce bon rapport qualité/prix, c'est ce que revendique d'ailleurs Michel Bergougnoux, le responsable du master gestion de patrimoine dispensé à l'université Clermont-I. Pour des frais universitaires s'élevant à 237 euros, ce master offre une formation très professionnalisante avec une quasi-certitude d'embauche, trois mois après l'obtention du diplôme et des rémunérations moyennes annuelles oscillant entre 36000 et 38000 euros bruts. "Quand je vois les tarifs pratiqués en école de commerce, je rêve de ce que nous ferions si nous en avions ne serait-ce que le tiers!", note Michel Bergougnoux...
BIEN CHOISIR SON DIPLÔME
Etudier est un métier et, pour réussir, mieux vaut être acteur de son parcours. Formations pléthoriques, intitulés illisibles pour les employeurs, diplômes sans débouchés, les pièges à éviter sont nombreux. "En licence pro comme en M2 (deuxième année de master), il y a des formations sur des créneaux qui sont trop étroits et il y a un problème avec le nombre de M2 [NDLR : plusieurs milliers], explique Denis Lamar, directeur général de l'Afij (Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés). Au sein des établissements, il existe des hiérarchies entre les M2. De loin, ça ne se voit pas mais au niveau local, c'est bien identifié."
Avant de se lancer dans une formation, mieux vaut donc prendre le temps d'examiner attentivement certaines données de base. Car les diplômes qui marchent usent souvent de la même recette: bon taux d'encadrement, professionnalisation, stages en entreprise, réseau d'anciens élèves, apprentissage. La formation dispensée doit s'équilibrer entre intervenants extérieurs, qui assurent le lien avec le monde professionnel, et enseignants d'université qui garantissent la bonne tenue des savoirs et compétences académiques. Le stage et sa durée sont des éléments importants à prendre en compte dans votre choix. C'est en effet durant cette période que vous découvrirez le monde de l'entreprise et pourrez acquérir votre première expérience professionnelle. "Ce sont les stages qui m'ont fait comprendre les processus de recrutement", explique Laurianne Bonnet, qui suit un double master 2 droit des affaires et droit pénal à Paris-II Assas.
Il faut également lire attentivement les enquêtes d'insertion professionnelle qui font le point sur le nombre de répondants, les salaires, la nature des contrats et, bien sûr, la durée de l'insertion sur le marché du travail. Elles tendent aujourd'hui à se développer et leur absence est souvent mauvais signe. Sur le modèle de ce qui se pratique au sein des grandes écoles, le dynamisme du réseau d'anciens est aussi une preuve d'attachement des diplômés et sera plébiscité par les recruteurs. "Dans la vie, il n'y a pas que le diplôme, il y a aussi la capacité à entrer dans le réseau", rappelle ainsi Virginie Reitzer, déléguée générale du Club des entreprises de l'institut de management de l'université de Savoie. "Le parchemin, ce n'est pas tout", ajoute le président de Paris-II, Louis Vogel, pas peu fier d'avoir publié en 2010 le premier annuaire des anciens de son université. Voir l'article entier.
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