3 février 2011
Aix: la colère des présidents d'université
Par Nicolas REY (nrey@laprovence-presse.fr). Les propos de Christian Louit et Gérard Bramoullé au conseil municipal font des vaguesL'adjoint aux Finances, Gérard Bramoullé, également ancien doyen, a embrayé sur le même registre, fustigeant "un processus qu'on savait dangereux, poussé par le ministère et porté par trois présidents d'université d'accord entre eux". Maryse Joissains a eu beau espérer tout haut que "l'université unique, qui est maintenant sur les rails fonctionnera, dans l'intérêt de notre territoire", la charge en règle menée par ses élus universitaires a laissé des traces.
Les trois présidents d'université qui étaient justement réunis hier au sein du comité de pilotage de la fusion, n'ont évidemment que peu goûté ces déclarations publiques. Au lendemain, ou presque, de leur effort conjoint, en cette même mairie, pour satisfaire les revendications aixoises. "Universitaires surannés".
"Nous n'avons pas d'autres ambitions qu'universitaires, a martelé Jean-Paul Caverni, président de l'université de Provence. Ces propos, de la part d'universitaires surannés, sont calomnieux. Ces déclarations sont excessives, je veux croire qu'elles ont été prononcées dans un contexte passionnel et qu'elles dépassent la pensée de gens raisonnables. Nous informons les collectivités, qui sont nos partenaires, mais l'université détermine seule ses choix, avec notamment un souci d'équilibre entre Aix et Marseille."
Même irritation chez Yvon Berland, le président de l'université de la Méditerranée : "C'est affligeant. Je suis désespéré qu'on puisse tenir des propos de ce niveau, que je laisse dans la bouche de ceux qui les ont prononcés et dont ils ne sortent pas grandis. Tous les avis sont respectables, on peut penser que la fusion n'est pas une bonne stratégie. Mais c'est celle qui a été votée par nos universités. Il faut arrêter ces combats d'arrière-garde qui deviennent pesants. Ces déclarations sont limite vis-à-vis des trois présidents qui ont fait un travail remarquable et ont tenu compte des demandes de la député-maire, qui n'est d'ailleurs pas en cause dans cette histoire. Il s'agit d'un épiphénomène. Mais c'est triste et ce n'est certainement pas ainsi qu'on défend l'université, ni le territoire".
Pour Marc Pena, président de la très aixoise université Paul-Cézanne, la position des deux élus "est en totale contradiction avec celle de Maryse Joissains et les engagements de la ville d'Aix". Il souligne que "Christian Louit et Gérard Bramoullé étaient d'ailleurs signataires du protocole d'accord - qui a été voté à l'unanimité au conseil municipal - qui satisfait tout le monde. Les textes restent et j'espère que ces paroles d'estrade s'envoleront. Ces vieilles querelles sont dépassées depuis longtemps et il n'est nul besoin aujourd'hui de mettre de l'huile sur le feu et de porter atteinte à la communauté universitaire que je représente".
Commentaires