Par Sylvestre Huet. Peut-on mesurer le mépris de nos gouvernements vis-à-vis des universitaires ? Oui, comme le montre le graphique ci-contre (source: Snesup FSU) qui présente l’évolution du salaire d’embauche d’un Maître de conférences depuis 1984. Une donnée objective pour un sentiment subjectif. Il y a 30 ans, le gouvernement estimait ne pas pouvoir payer moins que 2,9 fois le SMIC un universitaire embauché comme Maître de conférences. Autrement dit, nous parlons d'un enseignant-chercheur, ayant passé avec succès tous les examens possibles au long de 8 années d’études minimum, soutenu une thèse devant un jury et ayant réussi le difficile concours de recrutement —en raison du nombre de candidats qualifiés—, face à un jury composé d’universitaires en poste. Cet enseignant-chercheur est missionné pour une double responsabilité: former des milliers d’étudiants tout au long de sa carrière et participer à la production de savoirs nouveaux. Un rôle précieux dans nos sociétés dites «de la connaissance» et où tous les responsables politiques affirment compter sur l’élévation des qualifications et les technologies pour résoudre la crise économique et sociale en cours.Punition et humiliation
Aujourd’hui, après Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et sous Hollande, un tel universitaire est embauché à 1,7 fois le SMIC, et son pouvoir d’achat (inflation déduite) a diminué de plus de 20%. Suite...

