24 décembre 2011

Education et nouvelles technologies: y croire ou ne pas y croire

Les EchosPar Hubert Guillaud. Pourquoi ceux qui connaissent le mieux les technologies semblent s’en méfier pour leurs enfants?

Après un premier article polémique (voir Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas), Matt Richtel a continué son enquête pour le New York Times sur le “pari éducatif high-tech”. Comme le montrait déjà le début de son enquête, ses derniers articles dessinent un fossé, une coupure assez radicale, entre ceux qui croient dans les vertus des technologies pour l’éducation et ceux qui n’y croient pas, avec des arguments aussi faibles dans l’un ou l’autre camp que ceux qu’on éprouve entre les tenants du livre papier et du livre électronique.
La valeur des TICE dépend-elle du niveau d’argent dépensé?

Le second article de cette série s’intéressait donc au “boom des logiciels éducatifs”, mais avant tout pour dénoncer leur manque de résultats effectifs. Ainsi, les évaluations de ces logiciels montrent qu’ils n’ont “aucun effet discernable” sur les résultats aux tests standardisés que subissent les élèves du secondaire aux Etats-Unis. Les logiciels éducatifs sont à l’éducation ce que les logiciels d’entraînement cérébral sont à la cognition: un vaste marché dont les fondements ne reposent sur aucun résultat démontré.
“La publicité des entreprises qui proposent des logiciels éducatifs a tendance à survendre énormément leurs produits par rapport à ce qu’ils peuvent concrètement démontrer”, estime J. Grover Whitehurst, un ancien directeur de l’Institut des sciences de l’éducation, un organisme fédéral qui évalue la recherche en éducation, notamment via son programme What Works (Ce qui fonctionne). Les responsables scolaires, confrontés à un fatras de recherches complexes et parfois contradictoires, commandent souvent des produits à partir de leurs impressions personnelles ou en fonction des démarchages commerciaux qu’ils ont subis. Et Matt Richtel de mettre dans le même sac la plupart des offres logicielles des grands et moins grands industriels du secteur, que ce soit Carnegie Learning, Pearson School, Houghton Mifflin ou Waterford Early Learning
Cela n’empêche pas ces programmes de se développer: plus de 600000 élèves provenant de 44 Etats utilisent les produits de Carnegie Learning et notamment le Cognitive Tutor, un logiciel d’entraînement aux mathématiques. Un programme complet peut pourtant coûter jusqu’à près de trois fois le prix d’un manuel classique. En Géorgie, où l’Etat négocie les prix avec les éditeurs, une licence annuelle pour le Cognitive Tutor est de 32 dollars par élève, auquel il faut ajouter 24 $ pour le classeur qui est remplacé annuellement. Soit un total de 336 $ sur six ans – quand un manuel de mathématique, pouvant durer 6 ans, ne coûtait que 120 $.
Shelly Allen est la coordinatrice pour les mathématiques des écoles publiques d’Augusta en Georgie. Trois quarts des 32 000 élèves du district sont noirs et tout autant sont pauvres. La moyenne aux tests en mathématique y est assez faible : 443 points (490 en Georgie et 516 pour en moyenne pour l’ensemble des Etats américains). Il y a 6 ans, le quartier a adopté Cognitive Tutor, le programme phare de Carnegie Learning, pour 3000 élèves à risques. Le district débourse chaque année 101000 $ pour l’utiliser. Les responsables d’Augusta ont apprécié le programme et ont décidé de l’étendre cette année aux 9400 autres élèves du secondaire. Le problème, c’est que personne n’a regardé les lacunes et les défauts du programme, comme évalué par exemple par l’Institut des sciences de l’éducation. “Les décisions d’achat de programmes sont prises sur des bases marketing, politiques et personnelles”, explique Robert A. Slavin, directeur du Centre pour la Recherche et la réforme en éducation à l’université Johns Hopkins.
À Augusta, Shelly Allen a déclaré que son district n’a pas les moyens d’étudier l’efficacité formelle du Cognitive Tutor. Mais les professeurs qui l’utilisent ont vu que des élèves médiocres étaient en mesure de rejoindre des classes ordinaires. Les enseignants ont apprécié les rapports automatiques indiquant les forces et faiblesses des élèves et assurant le suivi de leurs travaux… Reste que pour l’instant, le district n’a pas les moyens d’acheter le programme pour tous ses élèves. Il n’est donc pas sûr que les 9400 autres élèves du secondaire d’Augusta puissent finir par en bénéficier… Est-ce à croire qu’une école réussie dépend de l’argent dépensé? Ce n’est pourtant pas ce que notait The Economist en commentant les derniers résultats du classement Pisa…
Serait-ce ceux qui connaissent le mieux les TICE qui s’en méfient le plus?

Si les écoles américaines proposent de plus en plus d’ordinateurs, de logiciels et de programmes à leurs élèves, ce n’est pas le cas des écoles Steiner-Waldorf, qui proposent un enseignement centré sur l’activité physique, l’apprentissage créatif et les tâches pratiques, explique dans un autre article Matt Richtel. Il n’y a pas d’ordinateurs dans les écoles Waldorf. 40 des 160 écoles Waldorf sises aux Etats-Unis se trouvent en Californie. Plusieurs accueillent des enfants des plus grands ingénieurs de la Valley. Trois quarts des parents de l’école Waldorf de Peninsula est fortement impliqué dans les nouvelles technologies, pourtant ils ne voient pas de contradictions avec l’enseignement qu’ils font délivrer à leurs enfants.
Bien sûr, la qualité de l’enseignement de ce type d’école est difficile à comparer à celui que reçoit l’essentiel des petits Américains. Aux Etats-Unis, en classe élémentaire, les écoles privées n’ont pas à faire passer les tests standardisés, mais les dirigeants des écoles Waldorf estiment que leurs élèves n’obtiendraient peut-être pas tous de bonnes notes à ces tests, car leur enseignement est différent. Reste que 94% de leurs élèves terminent leurs cursus par de grandes écoles, un pourcentage auquel ne parviennent pas la plupart des écoles publiques.
“Ce résultat n’est pas surprenant étant donné que les élèves reçus à Waldorf proviennent tous de famille où l’éducation a une haute valeur, suffisante en tout cas pour chercher une école privée et sélective et qu’ils ont tous les moyens de payer pour cela”. Bref, remarque Richtel: “il est difficile de séparer les effets des méthodes pédagogiques d’autres facteurs”. Dit autrement, le succès des écoles Waldorf est-il dû à la méthode d’enseignement originale ou à la qualité de l’environnement familial depuis laquelle sont recrutés les enfants? Les études ont du mal à apporter des réponses à ces questions.
Paul Thomas, un ancien professeur qui a écrit une douzaine de livres sur les méthodes éducatives estime qu’une approche limitée de la technologie en classe bénéficiera toujours à l’apprentissage. “L’enseignement est une expérience humaine” rappelle-t-il. “La technologie est une source de distraction quand nous avons besoin d’apprendre à écrire, à compter, à lire et à penser”.
La qualité de Waldorf provient des professeurs, insistent bien des parents. Les compétences en informatique viendront bien assez tôt, d’autant qu’elles sont faciles à acquérir, si on dispose des bases pour les comprendre, estime le directeur d’une start-up de la Valley. Visiblement, un nombre important de parents travaillent dans des sociétés qui produisent des produits que les écoles Waldorf évitent à leurs élèves, explique Dan Frost pour le San Francisco Mag. “Les enfants Waldorf ont accès à toute la technologie, mais ils ne ressentent pas le besoin de l’utiliser”, ajoute une élève.
Reste que le contraste entre ce que l’économie technologique locale produit et la vie que les parents des élèves Waldorf préconisent pour leurs enfants est frappant. Peut-être est-ce le reflet de parents qui voudraient avoir une vie plus déconnectée… Une des mamans travaillait chez Apple pour vendre justement des ordinateurs aux écoles, jusqu’à ce qu’elle découvre les écoles Waldorf. Elle voudrait maintenant qu’on réfléchisse un peu plus à ce qu’on propose aux enfants. “J’ai entendu parler d’une sorte de robot ourson qui regarderait la télévision avec votre enfant pour discuter avec lui des programmes qu’il regarde, de sorte que l’enfant ait un ami avec lui… Je ne peux rien imaginer de plus triste” pour l’avenir de nos enfants.
Les parents des élèves Waldorf estiment que la technologie change la société en mieux. “J’aime Google”, explique Alan Eagle, un directeur de communication du Géant de Mountain View et parent à l’école Waldorf. “Et je suis ravi que les produits nous créons soient disponibles pour mes enfants… mais quand ils seront prêts pour eux.”
Les gadgets ne semblent pas manquer aux enfants. Comme le disait Kevin Kelly : “La technologie nous a aidés à apprendre, mais ce n’était pas le moyen de l’apprentissage. (…) Et puisque l’éducation des enfants consiste essentiellement à inculquer des valeurs et des habitudes, elle est peut-être la dernière zone à pouvoir bénéficier de la technologie.”
Les EchosHubert Guillaud. Miks need, kes teavad kõige paremini tehnoloogiate näivad olevat ettevaatlikud oma lastele?
Pärast esimest poleemilise artikli (vt Klassiruumis tulevikku, on tulemused ei kasva), Matt Richtel jätkanud uurimise New York Times "high-tech haridus väljakutse." Nagu juba näitab alguses oma uurimist, tema viimane esemeid joonistada vallikraavi, üsna radikaalne paus neile, kes usuvad vooruste tehnoloogia haridus ja kellel ei ole, koos argumentide nõrk üks külg või teine kui need, mida me vahel kogemuste toetajad paberile raamat ja elektrooniline raamat. Velle...

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05 juillet 2011

Un web documentaire sur l’usage des technologies en formation

webdoc1Par Philippe Masse. Le 10 mars 2011, le FFFOD et l’AFPA ont organisé une journée d’étude intitulée « Des jeux vidéos aux nouveaux environnements d’apprentissage », à la Cité des sciences de Paris, à l’Agora du carrefour numérique.

Depuis 30 ans, les technologies de l’information et de la communication ont tenté -difficilement- de jouer le rôle de « cheval de Troie » de l’innovation pédagogique et de créer de nouvelles façons d’apprendre. A l’ère du Web, il semble que les esprits et les techniques soient mûrs. Jacques Naymark, vice président du FFFOD et directeur de projet « technologies d’apprentissage » à l’AFPA était bien placé pour animer cette journée, et rassembler des professionnels de différentes structures, pour réfléchir aux opportunités qu’offrent l’essor de la simulation, de la réalité virtuelle, de la 3D, des jeux sérieux, et même des robots pédagogiques : modification de l’espace-temps, rapport du réel au virtuel, place du corps et du geste. La restitution de cette journée a pris la forme d’un web documentaire, accessible sur la webTV de l’AFPA, dans la chaine des professionnels, rubrique « ingénierie de la formation », puis « réalité virtuelle ».Cette forme a l’avantage de présenter les contributions principales sur un plan chronologique, si vous souhaitez partir à la rencontre des intervenants, et en même temps sur un plan thématique.
Trois thèmes sont proposés: simulateurs, apprentissage par les gestes, serious game, auxquels il faut ajouter un regard historique sur les technologies développé par Jean Vanderspelden, et une approche globale de Bernard Blandin, du CESI. Après la conférence inaugurale de Stéphane Natkine du CNAM, directeur de l’Ecole nationale du jeu (ENJMIN), le programme a permis de dérouler des démonstrations, des expériences, des présentations de jeux sérieux comme Bus Training Game (SpirOps / RATP), de simulateurs comme celui de Laerdal (simulateur bébé), de l’AFPA (CS Wave – soudure) ou de l’AFT (Trust – conduite de poids lourds). Dans l’apprentissage des gestes professionnels, la Wii et la Kinect se taillèrent une place de choix. Autres partenaires importants, les universités de Lille 1 et Lyon 1 expliquèrent leur usage de la 3D dans l’enseignement supérieur, et firent partager leurs expériences d’immersion et de navigation par le geste grâce à des interfaces sensorimotrices.Cette profusion « complexe » a permis de constater que les professionnels de la formation manquent souvent d’informations sur ces outils (de quoi parle-t-on?), et ne savent pas toujours quoi en faire. Quelle place leur donner? Quelle plus-value apportent-ils?
Cette journée a essayé de montrer les trois intérêts principaux de la réalité virtuelle dans le champ de l’apprentissage:

- développer des environnements d’apprentissage plus immersifs,
- enrichir les interactions pour augmenter le potentiel d’actions (les possibles) et pour améliorer la qualité de la réaction (la maîtrise),
- développer des environnements pour l’apprentissage du geste en situation, qui diminuent l’écart entre ce que l’on fait en réalité et le retour virtuel obtenu, que ce retour soit visuel, sonore et/ou haptique.
De même, elle en a tracé les trois conditions pour que ça marche :
- concevoir et produire une association entre réalité virtuelle et mode d’interaction pour supporter les apprentissages spécifiques visés,
- savoir utiliser le potentiel interactif de chacune des technologies,
- concevoir des nouveaux scenarii pédagogiques, pour produire, en fonction des objectifs d’apprentissage, les réalités virtuelles adaptées à leur intention.
webdoc1Przez Masse Philippe. 10 marca 2011, AFPA FFFOD i zorganizował warsztaty "gry wideo do nowych środowisk uczenia się "w Cité des Sciences w Paryżu, Agora z cyfrowym koncentratora. Po inauguracyjnej konferencji CNAM Stéphane Natkin, dyrektor Krajowej Szkoły gry (ENJMIN), program prowadzi pokazy, eksperymenty, prezentacje poważnych gier, jak gry Szkolenia Bus (SpirOps / RATP), symulatorów takich jak Laerdal (symulator dziecka), APMA (CS Wave - spawanie) lub AFT (Trust - kierowanie samochodami ciężarowymi). W naukę profesjonalnego działania, Wii i Kinect jest wyryte miejsce szczególne. Innymi ważnymi partnerami, uniwersytetach w Lille i Lyonie 1 1 wytłumaczyć ich wykorzystanie 3D w szkolnictwie wyższym, i zmuszony do podzielenia się swoimi doświadczeniami zanurzenia i nawigacji poprzez gest sensorimotrices.Cette interfejsy obfitości "kompleks" ma że szkolenie profesjonalistów często brak informacji na temat tych narzędzi (co mówimy?) i nie zawsze wiedzą, co robić. Co się je? Jaką wartość dodaną przynoszą? Więcej...

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15 septembre 2009

Les TICE sauveront-ils l'enseignement supérieur de la Grippe A ?

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17 septembre 2008

Séminaire "TICE et e-pédagogie : la nouvelle frontière de l'enseignement supérieur ?"

23/10/2008, Amphithéâtre Richet - université Paris Descartes 5, rue de l'Ecole de médecine 75006 PARIS.
Les outils de communication numériques et l'emploi intensif qui en est fait par les jeunes étudiants dépassent les simples notions de mode et de confort ponctuels.
Que les acteurs de l'enseignement supérieur s'emparent de ces outils d'apprentissage partout où ce n'est pas encore le cas constitue en conséquence l'exigence de ceux qui vont à la rencontre des aspirations étudiantes.
Cependant, en transformant durablement les modes d'accès à l'information, le numérique révise les modalités  traditionnelles d'apprentissages et bouscule les certitudes didactiques.

  • La pédagogie numérique – e-pédagogie – est-elle vouée à prendre place parmi les pratiques quotidiennes des enseignants-chercheurs ?
  • Une formation continue est-elle souhaitable afin que ces derniers s'en saisissent ?
  • Sur quelles stratégies et comment se sont construites les expériences pionnières qui vivent et prospèrent ici ou là dans le paysage national et international ?
  • Au-delà des outils TICE, une politique pédagogique a-t-elle sa place en université ?

Voilà quelques-unes des questions auxquelles ce séminaire a vocation de répondre.
Cet évènement s'adresse à tous les acteurs concernés par les problématiques de l'utilisation des TICE et de la pédagogie numérique en enseignement supérieur
Dossier complet : 20081023_Program_TICE_e-pedagogie.
Seminar o IKT in e-izobraževanje: novi obmejni visokega šolstva? Mapa: Program_TICE_e-pedagogie. Več...

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14 septembre 2008

Les problématiques TIC dans la formation tout au long de la vie et échanges avec la communauté TICE

Affiche
TICE 2008, organisé par l'Institut TELECOM du 27 au 29 octobre 2008 dans les locaux de TELECOM ParisTech.
Inscriptions à TICE 2008 : Le formulaire en ligne est disponible.

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