01 avril 2018

Miviludes - FAQ - La santé est-elle exposée aux dérives sectaires ?

Miviludes OUI.

Les promesses et recettes de guérison, de bien-être et de développement personnel sont au cœur des pratiques à risque de dérives sectaires, qu’elles émanent de groupes structurés à dimension transnationale ou de la multitude de mouvements éclatés en réseaux ramifiés, constitués le plus souvent autour d’une poignée d’adeptes.
Aujourd’hui :

  • 4 français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives, dont 60 % parmi les malades du cancer,
  • il existe plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique,
  • on dénombre 1 800 structures d’enseignements ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé,
  • 4 000 « psychothérapeutes » autoproclamés n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre.
  • on évalue à plus de 800 le nombre de kinésiologues, à près de 200 le nombre de « bio-décodeurs »…
  • quelques 3 000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Les dangers et les dérives du marché alternatif de la guérison et du bien-être tiennent notamment à l’absence d’évaluation indépendante et rigoureuse des méthodes et des formations qui excluent explicitement ou de fait les pratiques conventionnelles médicales.
Le dynamisme aguerri de ces groupes s’affirme : promotion par le recours à Internet, participation à de nombreuses manifestations (colloques, salons…), diffusion de produits complémentaires thérapeutiques par le système des ventes pyramidales, protection des labels, invention d’ « ordres » pseudo-professionnels ….
De nouvelles tendances à risque répondant aux critères d’emprise sectaire apparaissent, opportunément liées aux préoccupations d’ordre environnemental ou écologique.
Cette offre complexe et évolutive génère des situations humainement douloureuses.
A ce jour, les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 25 % de l’ensemble des signalements reçus à la MIVILUDES. Plus...

Posté par pcassuto à 15:41 - - Permalien [#]


Je suis un professionnel de l'enfance et de l'éducation et je soupçonne qu'un enfant est victime de dérive sectaire. Que puis-je

Miviludes La situation d’un mineur en danger
Dans une perspective d’élargissement des actions de prévention et des procédures de repérage et de signalement des mineurs en danger, la notion de « danger » a été préférée par la loi du 5 mars 2007 à celle, plus limitée, de maltraitance. Cet usage a permis de donner plus de cohérence aux missions respectives des autorités administrative et judiciaire puisque le danger, qui intègre, outre le concept de « mauvais traitement », la dimension du risque, est désormais l’unique critère retenu dans le Code civil et le Code de l’action sociale et des familles pour justifier la mise en œuvre d’une intervention de protection sociale ou judiciaire.
La situation d’un mineur en danger ne se limite donc pas à des cas de maltraitance avérés mais implique la prise en compte d’un risque potentiel dans le cadre d’une prévention nécessaire. Il y a risque lorsque les mineurs sont exposés à des conditions d’existence susceptibles de mettre en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité ou leur éducation.
Aussi, dans le cadre de la protection des mineurs contre le phénomène sectaire, la notion de danger suppose de tenir compte à la fois du risque et de la maltraitance, autrement dit de tenir compte à la fois du contexte sectaire et de la dérive sectaire avérée. La vigilance doit donc porter tant sur le contexte sectaire favorable à l’émergence d’une dérive sectaire que sur la dérive sectaire elle-même, lorsqu’elle est constatée.

Repérer la dérive sectaire
Une dérive sectaire se caractérise par la mise en œuvre de pressions ou de techniques ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, à l’origine de dommages pour cette personne ou pour la société. Quand il s’agit de mineurs, cette sujétion psychologique est d’autant plus difficile à déceler qu’un enfant est nécessairement dans une situation de dépendance à son environnement et court le risque, bien souvent, d’être une victime inaudible et invisible du fait de l’enfermement symbolique ou effectif dans lequel il se trouve. Il est de la responsabilité des adultes en charge de mineurs d’évaluer la situation vécue par l’enfant afin de déterminer si celle-ci est contraire à ses droits et néfaste à son éducation et à son épanouissement présent et futur.
On distingue trois types de situation où un mineur court un risque : l’enfant de parents adeptes, l’enfant pris en charge par un praticien déviant et l’adolescent séduit par le discours alternatif et absolu d’une personne ou d’un groupe. Vous trouverez dans le guide La protection des mineurs contre les dérives sectaires un exposé détaillé de ces situations ainsi que des tableaux d’indices du risque permettant d’évaluer le risque selon la spécificité d’une situation.
De manière générale, l’estimation de la dangerosité  prend appui sur la concordance de certains critères tels l’isolement et la désocialisation de l’enfant ; les atteintes physiques ; le régime alimentaire carencé ; la rupture du suivi thérapeutique et la privation de soins conventionnels ; la déscolarisation ; le changement important du comportement de l’enfant ; l’embrigadement ; le discours stéréotypé ou absence d’expression autonome.

La conduite à tenir
Le risque sectaire ne peut être appréhendé par un professionnel isolé et limité dans son jugement par des informations parcellaires. Un juste diagnostic n’est possible que dans l’interdisciplinarité de différents acteurs capables de croiser leurs regards et leurs compétences afin d’établir un faisceau d’indices concordants et significatifs, aussi le partage d’informations entre les personnels concernés par la prise en charge du mineur s’avère-t-il essentiel. La loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance a permis de consacrer législativement la notion de secret partagé. En instaurant, par l’article 226-2-2 du code de l’action sociale et des familles, une exception à l’article 226-13 du code pénal, elle autorise désormais les professionnels de la protection de l’enfance à échanger des informations confidentielles afin d’améliorer la prise en charge des mineurs (notion de secret partagé).
L’obligation de signalement s’impose à tout citoyen qui aurait connaissance de « privations, mauvais traitements ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans » en vertu de l’article 434-3 du Code pénal. Elle s’impose particulièrement aux personnels de l’éducation nationale qui, dans l’exercice de leurs fonctions, auraient connaissance d’un crime ou d’un délit, selon l’article 40 du Code de procédure pénale ; aux personnels des services de la protection maternelle et infantile et de l’Aide sociale à l’enfance, aux travailleurs sociaux qui disposeraient d’informations préoccupantes sur un mineur en danger ou risquant de l’être, selon l’article L. 226-2-1 du Code de l’action sociale et des familles ; aux médecins et infirmiers, de par leur déontologie.
Le guide La protection des mineurs contre les dérives sectaires présente les démarches à suivre pour constituer un signalement et l’adresser, selon qu’il s’agit d’une situation de maltraitance effective d’un mineur ou d’une situation à risque au sens de l’article 375 du code civil, à l’autorité judiciaire, à l’autorité médicale ou au président du Conseil Général. Plus...

Posté par pcassuto à 15:39 - - Permalien [#]

Je souhaite inscrire mon enfant dans une association / une école privée ; comment m’assurer qu’elle ne représente pas un risque

Miviludes S’informer
Il est nécessaire de s’informer auprès du groupement lui-même sur ses références et sur la qualification de ses dirigeants.     
Une association doit avoir fait l’objet d’une déclaration au préfet du département où elle a son siège. Cette déclaration doit être publiée au Journal officiel.     
Les intervenants comme les encadrants doivent posséder des diplômes français et/ou des qualifications leur permettant de pratiquer leur activité.     
Il vaut mieux donner la priorité à des associations ayant été agréées par le ministère de la Jeunesse et des Sports car la procédure d’agrément est juridiquement encadrée. Cet agrément porte essentiellement sur le fonctionnement et le gouvernement démocratique de l’association (désignation de ses dirigeants et rôle de l’assemblée générale des adhérents).     
Attention, une activité ou stage dans une salle de mairie, par exemple, n’est pas un gage de sérieux car certains organismes peuvent louer des locaux sans dire exactement qui ils sont.   

Les indices qui doivent éveiller la vigilance
Le discernement nécessaire à une approche mesurée du risque sectaire suppose de réfléchir en termes de faisceaux de questions et non de se focaliser sur un indice isolé de tout contexte familial, social et éducatif.

  • L’éducateur ou la personne en charge de l’enfant le qualifie-t-il de « spécial » ou le dévalorise-t-il de manière répétée ?
  • L’éducateur ou la personne en charge de l’enfant se livre-t-elle à un prosélytisme à son égard en dehors du cadre éducatif posé par les parents?
  • Le discours de l’éducateur sort-il du cadre du contenu de la matière enseignée ou du type d’activités habituellement mises en œuvre dans tel ou tel contexte éducatif ou d’accueil ?
  • Le discours de l’éducateur va-t-il à l’encontre des données scientifiques (biologiques, physiques, géologiques, astronomiques) objectivement avérées et habituellement enseignées ?
  • L’association développe-t-elle un discours « totalisant » voire exclusif à l’égard des mineurs ? De quel type d’agrément dispose-t-elle (départemental, national) ?
  • L’éducateur ou l’association propose-t-elle aux mineurs, et à leurs parents, de participer à des stages hors du cadre scolaire ?
  • Les enfants fournissent-ils une activité non conforme au projet éducatif de l’association ?
  • Les conditions d’accueil, de logement et d’alimentation présentent-elles des anomalies susceptibles de mettre en danger les mineurs ?
  • L’association s’articule-t-elle autour du développement du potentiel de l’enfant ? Utilise-t-elle des techniques éducatives non évaluées ?
  • L’association développe-t-elle un discours « totalisant » voire exclusif ?

Le comportement à avoir, les personnes à qui s’adresser
En cas de doute, ne pas attendre qu’il soit trop tard pour interroger la MIVILUDES, les autres acteurs institutionnels ou les associations de votre région. Plus...

Posté par pcassuto à 15:38 - - Permalien [#]

Miviludes - Mon enfant semble séduit par un discours ou un mouvement à caractère sectaire, que puis-je faire pour le protéger ?

Miviludes La vulnérabilité de l’adolescent
Les parents peuvent se trouver démunis lorsque leur enfant, au début de l’adolescence ou plus tard, est approché par un mouvement ou une personne à l’occasion d’un stage, d’une activité bénévole, d’une pratique culturelle ou sportive, par l’usage d’Internet ou aux abords de son établissement scolaire. L’adolescent peut alors être séduit par un discours remettant en question ses repères sociaux, culturels et familiaux et se trouver happé par des pratiques qui vont l’éloigner peu à peu de sa famille, le mener à un échec scolaire, le désocialiser voire le conduire à commettre des actes de violence vis-à-vis de lui-même ou d’autrui.

Les indices qui doivent éveiller la vigilance
Le repérage d’une situation à risque peut être rendu plus difficile du fait de la proximité affective des parents et de leur enfant et de l’âge particulier qui est celui de l’adolescence : en effet, les parents peuvent mettre sur le compte de la « crise de l’adolescence » ou de conflits intrafamiliaux ce qui, en fait, relève bien d’une situation d’emprise. Inversement, ils peuvent être tentés d’interpréter de réels problèmes relationnels sur la base d’une emprise sectaire supposée.
Les indices qui suivent doivent donc permettre de guider de la manière la plus objective possible le diagnostic de risque de dérive sectaire, sachant que seule la présence de plusieurs indices est significative et qu’une situation à risque n’est pas nécessairement une situation de dérive avérée : il s’agit de prendre à temps les mesures adéquates dans une perspective de prévention :

  • L’adolescent a-t-il brusquement changé de comportement voire de tenue vestimentaire ? Par exemple, se mure-t-il dans le silence alors qu’il était ordinairement volubile ?
  • L’adolescent répète-t-il presque mécaniquement un discours semblant offrir une explication totale du monde et la solution à tous les problèmes que rencontre l’humanité ?
  • Remet-il systématiquement en cause le contenu de son enseignement scolaire à l’aune de théories « totalisantes » et exclusives ? Devient-il sujet à l’absentéisme scolaire ?
  • Refuse-t-il systématiquement de fréquenter des camarades qui ne partagent pas ses points de vue ? Semble-t-il en voie de désocialisation ?
  • Adopte-t-il des pratiques alimentaires dangereuses et carencées pour des raisons idéologiques ?
  • A-t-il des besoins d’argent subits et disproportionnés ?
  • Ses changements comportementaux importants coïncident-ils avec la rencontre d’un adulte à l’occasion d’un stage, d’une activité bénévole, associative ou sportive ; ou avec son intégration dans un nouveau groupe d’amis, sans lien avec ses fréquentations habituelles?
  • Ses changements coïncident-ils avec une utilisation excessive – plus de 6 h par jour – d’Internet, notamment par le biais de la fréquentation de blogs ou de sites web dont le contenu (discours absolus, « totalisants » et exclusifs, apologie de pratiques dangereuses, remise en question des principes républicains, etc.) peut paraître préoccupant ?

Le comportement à avoir, les personnes à qui s’adresser
En cas de suspicion de risque de dérive sectaire ou même d’emprise effective sur l’adolescent, l’attitude à adopter consiste à tenter au mieux de maintenir un lien familial affectueux et tolérant. Tout rejet de la part des parents n’aura pour effet que d’enraciner davantage l’adolescent dans ses croyances et ses pratiques à risque. L’essentiel est de maintenir la famille dans son statut de refuge affectif et de repère identitaire et cela afin de faire contrepoids à l’éventuelle emprise qu’un mouvement exercerait sur l’adolescent.
L’écoute et le dialogue sont primordiaux : les parents doivent éviter de remettre en question directement les opinions ou convictions de l’adolescent (éviter de les qualifier de « sectaires » ou d’utiliser des termes péjoratifs à leur égard) sans s’interdire néanmoins d’en discuter ni s’interdire également d’être ferme en cas d’actes irrespectueux ou dangereux. Plus...

Posté par pcassuto à 15:37 - - Permalien [#]

Miviludes - FAQ - Mon enfant est suivi par un thérapeute qui propose une méthode non conventionnelle

Miviludes Dérives thérapeutiques et dérives sectaires
Du fait de difficultés relationnelles, scolaires ou de problèmes de santé, les parents, soucieux du bien-être de leur enfant, peuvent être conduits à consulter un praticien qui utilise des techniques non conventionnelles à visée thérapeutique. Bien que non évaluées par les autorités sanitaires, toutes ces techniques ne constituent pas en elles-mêmes des cas de dérives sectaires. C’est leur utilisation exclusive par un praticien qui peut déboucher sur une situation d’emprise mentale caractéristique d’une dérive sectaire.

Faire preuve de vigilance
Lorsque l’on consulte de tels praticiens, il y a lieu d’avoir à l’esprit certaines questions essentielles afin de porter un regard lucide et d’éviter des situations de danger pour son enfant :

  • Le praticien promet-il la résolution de tous les problèmes rencontrés par l’enfant grâce à une méthode « novatrice et révolutionnaire » ?
  • Le praticien qualifie-t-il l’enfant de « spécial » ou d’ « exceptionnel » ?
  • Le praticien critique-t-il ce qu’il nomme la « médecine traditionnelle » et le recours aux médicaments ?
  • Le praticien critique-t-il d’autres membres de la famille, des amis ou encore les services de l’Etat en charge des mineurs ?
  • Le praticien propose-t-il aux parents, ou à d’autres membres de la famille, de suivre également une thérapie avec lui ?

Le comportement à avoir, les personnes à qui s’adresser
Afin de prévenir toute situation de dérive, les parents peuvent adopter quelques réactions simples de sauvegarde :

  • Se méfier des solutions « miracle », souvent coûteuses, et / ou impliquant des séances nombreuses et rapprochées.
  • Etre attentif à tout changement important de comportement de l’enfant.
  • Ne pas s’isoler ni isoler l’enfant dans une relation exclusive avec le praticien.  
  • En parler autour de soi et auprès des pédiatres, médecins, professeurs qui connaissent bien l’enfant. Plus...

Posté par pcassuto à 15:35 - - Permalien [#]


Miviludes - FAQ - Mon (ex) conjoint appartient à un mouvement qui m’inquiète, que puis-je faire pour protéger mes enfants ?

Miviludes Les conditions de l’autorité parentale
Il n’existe dans notre société aucune obligation de neutralité des parents vis-à-vis de leur enfant dans l’exercice de leurs prérogatives éducatives : les parents ont un droit de transmettre leurs convictions à leur enfant et de lui imposer leurs pratiques ; ce droit n’a de bornes que les droits de l’enfant lui-même, ainsi que le respect de l’ordre public et de la loi.
Les seules bornes au droit des parents dont le juge a la charge de sanctionner la transgression se rencontrent dans l’hypothèse d’un danger grave pour la santé, la sécurité ou la moralité du mineur et dans l’hypothèse d’une infraction pénale, telle l’abandon matériel ou moral du mineur, les mauvais traitements, la corruption de mineur, l’exercice de la mendicité en sa compagnie, le non-respect des obligations scolaires ou sanitaires, etc.
En dehors de cette situation de danger ou d’infractions pénales, la sphère familiale est de fait hors d'atteinte de l'intervention judiciaire, du moins tant que les deux parents sont d'accord. C’est lorsqu’un conflit survient entre eux, soit précisément sur la question de la transmission de convictions et notamment sur la pratique religieuse, soit dans le cadre plus général d’un conflit lié à la séparation, le juge aux affaires familiales est sollicité pour poser de nouvelles bornes au droit des parents, et il est alors amené à se pencher à la demande de l’un ou des parents, sur ce droit particulier lié à l’exercice de l’autorité parentale. Le juge peut également intervenir dans la sphère familiale, et ce malgré l'entente des deux parents, pour préserver les droits d'un tiers, et notamment les droits des grands-parents.

Faire preuve de vigilance
Afin d’évaluer la situation vécue par votre enfant lorsqu’il est pris en charge par votre (ex) conjoint, il est bon d’avoir à l’esprit cet ensemble de questions, sachant que seule la concordance d’un ensemble d’indices est le signe d’un risque de dérive sectaire.

  • Mon enfant est-il autorisé à fréquenter d’autres membres de la famille, notamment ses grands-parents ?
  • Est-il autorisé à fréquenter des camarades de son âge, quelles que soient leurs convictions, à participer à des fêtes, notamment celles organisées par l’école ?
  •  Est-il isolé du monde extérieur ? A-t-il accès aux médias, aux bibliothèques ?
  • Subit-il des violences sous des prétextes éducatifs ?
  • Subit-il des carences alimentaires, de sommeil ou de suivi thérapeutique ?
  • Est-il négligé ou délaissé au profit des activités du groupe ?
  • Est-il privé de jouets ? Dispose-t-il de suffisamment de temps et d’espace pour jouer ?
  • Est-il excessivement dévalorisé ou au contraire exagérément valorisé ? Lui assigne-t-on un rôle, une mission particulière ? Est-il régulièrement culpabilisé ?
  • L’enseignement qui lui est délivré implique-t-il une conception du monde excluant les découvertes scientifiques majeures ? Peut-il constituer un obstacle à la poursuite d’études longues ?
  • Est-il dissuadé de poser des questions et d’exprimer des points de vue divergents de ceux qui lui sont inculqués ? Répète-t-il un discours tout fait, de manière quasi-automatique ?

Le bon comportement à adopter, les personnes à qui s’adresser
Il est essentiel de ne pas instrumentaliser l’enfant lors d’une séparation et de veiller à ne pas chercher à lui faire prendre parti dans un conflit familial et idéologique. En effet, même si l’enfant n’est pas une victime directe de la dérive sectaire, il en subit indirectement les effets quand l’exclusivité des références et l’adhésion inconditionnelle au groupe ou à l’idéologie adoptée conduit à l’exclusion du parent qui n’est pas adepte ou ne l’est plus. L’enfant se retrouve alors confronté à un double discours où chaque parent ajoute au grief qu’il est susceptible de faire à l’autre une référence à des convictions et à une vision du monde qui peut induire chez l’enfant une perte de repères. Que l’enfant adopte ou non les pratiques du parent adepte, il ne manquera pas de se culpabiliser vis-à-vis de l’autre parent. Cette culpabilité et cette perte de repères ne seront pas sans dommages sur l’état psychologique du mineur.
Lors d’une séparation, le travail du juge aux affaires familiales est guidé prioritairement par l’intérêt de l’enfant. Le juge prend notamment en considération : la pratique que les parents avaient précédemment suivie ou les accords qu’ils avaient pu antérieurement conclure ; les sentiments exprimés par l'enfant mineur ; l'aptitude de chacun des parents à assumer ses devoirs et respecter les droits de l'autre ; le résultat des expertises éventuellement effectuées, tenant compte notamment de l'âge de l'enfant ; les renseignements qui ont été recueillis dans les éventuelles enquêtes et contre-enquêtes sociales prévues à l'article 373-2-12 du Code Civil. Le juge doit respecter une exigence de neutralité afin de préserver le droit de l’un des parents par rapport à l’autre, et doit motiver son jugement  in concreto : la seule mention de l’appartenance d’un parent à tel mouvement connu n’est pas suffisante,  c’est au vu des éléments de fait du dossier que le juge devra motiver les risques sérieux d’atteinte à la neutralité, nécessaire à la préservation des droits de l’autre parent.
Les associations de victimes de dérives sectaires de votre région peuvent vous apporter des informations et un soutien psychologique et juridique. Vous pouvez également interroger la MIVILUDES afin d’obtenir de l’aide et des informations. Plus...

Posté par pcassuto à 15:33 - - Permalien [#]

Miviludes - FAQ - La France est-elle le seul pays à agir contre les dérives sectaires ?

Miviludes NON.

D’autres pays comme la Belgique, mais aussi l’Allemagne et l’Autriche, ont mis en place des dispositifs publics de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

La Belgique notamment, qui dispose d’un centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles, vient d’adopter en juin 2011 une loi qui s’inspire fortement de la loi française du 12 juin 2001 visant à la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteintes aux droits de l’homme et aux libertés.

Dans les autres pays, ce sont généralement des associations ou des structures de droit privé qui exercent une mission d’observation du phénomène sectaire et mettent en œuvre des actions d’aide aux victimes.

La France se distingue pour avoir mis en place depuis près de 15 ans un dispositif public complet composé :

  • d’une mission interministérielle de vigilance et de lutte placée auprès du premier ministre : la Miviludes
  • d’une loi visant à la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteintes aux droits de l’homme et aux libertés : la loi du 12 juin 2001
  • d’associations d’aide aux victimes, subventionnées par l’Etat et les collectivités publiques, qui peuvent sous certaines conditions être reconnues d’utilité publique et exercer les droits reconnus à la partie civile.

De nombreux autres pays, comme par exemple l’Australie réfléchissent à la mise en place d’un système proche du système français. Plus...

Posté par pcassuto à 15:31 - - Permalien [#]

Miviludes - FAQ - A-t-on une estimation du phénomène sectaire en France ?

Miviludes OUI. Mais il ne s’agit que d’une estimation.

Sur la base du travail réalisé par les commissions d’enquête parlementaires notamment à partir des informations émanant des services de renseignement, on peut estimer aujourd’hui en France à :

  • 500 le nombre de groupes sectaires,
  • 500 000 le nombre d’adeptes de mouvements sectaires,
  • 60 000 à 80 000 le nombre d’enfants élevés dans un contexte sectaire.

Un sondage réalisé en septembre 2010 par l’institut IPSOS à la demande du Service d’information du Gouvernement permet de prendre la mesure du phénomène tel qu’il est perçu par les Français :

Un quart des Français (plus de 15 millions de personnes), dit avoir « été personnellement contacté par une secte ou les membres d’une secte », dont 15%, plusieurs fois.

Plus de 20% des Français, soit 1 sur 5 (près de 13 millions de personnes) connaît personnellement dans son « entourage familial, amical ou professionnel une ou plusieurs personnes qui ont été victimes de dérives sectaires.

Par ailleurs, les mouvements sectaires représentent une menace importante :

  • pour la démocratie (66% des Français) ;
  • pour l’entourage familial et amical (42% des Français) :
  • pour soi-même  (30% des Français).

Il s’agit donc d’une réalité et d’un danger qui sont loin d’être négligeables.

En 2011, une centaine de procédures pénales impliquant un contexte sectaire étaient en cours d’instruction ou en enquête préliminaire (source : ministère de la justice, direction des affaires criminelles et des grâces). Plus...

Posté par pcassuto à 15:29 - - Permalien [#]

Miviludes - FAQ - Y a-t-il une liste des mouvements sectaires ?

Miviludes NON.

Une telle liste ne correspond pas à l’état du droit actuel. Comme l’a rappelé la circulaire du Premier ministre du 27 mai 2005 :

- « l’action du Gouvernement est dictée par le souci de concilier la lutte contre les agissements de certains groupes qui exploitent la sujétion, physique et psychologique, dans laquelle se trouvent placés leurs membres, avec le respect des libertés publiques et du principe de laïcité »
Cette position exclut le recours à une liste qui aboutirait à mettre à l’index certains mouvements en contradiction avec la liberté de conscience, d’opinion ou d’association.

- « La politique publique de vigilance doit tenir compte de l’évolution du phénomène sectaire, qui rend la liste de mouvements annexés au rapport parlementaire de 1995 de moins en moins pertinente. On constate en effet aujourd’hui la formation de petites structures diffuses, mouvantes et moins aisément identifiables, qui tirent parti en particulier des possibilités offertes par l’internet ».
Cette évolution du phénomène sectaire rend illusoire l’usage d’une liste, qui serait en permamence incomplète en raison de la multitude de structures qui naissent ou changent de dénomination en temps réel; certains groupes pourtant dangereux, qui n’auraient pas encore été inscrits sur la liste, pourraient en tirer parti.

Ainsi, la MIVILUDES ne tient pas un registre des mouvements à caractère sectaire. Elle renseigne les particuliers et les administrations qui l’interrogent sur l’existence de dérives sectaires au regard de ses critères d’appréciation.

Les seules listes publiées ont été le fruit du travail des commissions d’enquêtes parlementaires de 1995 et 1999. Diffusées à titre de simple renseignement, elles ne comportent aucune conséquence de nature juridique. Elles ont aujourd’hui valeur de référence historique. Plus...

Posté par pcassuto à 15:28 - - Permalien [#]

Miviludes - FAQ - Les dérives sectaires sont elles plus présentes dans les mouvements religieux ?

Miviludes NON.

Il existe des dérives sectaires qui se manifestent dans certaines communautés à caractère religieux. Mais ces dérives sectaires ne sont ni l’exclusivité des mouvements religieux, ni la majorité des cas aujourd’hui constatés par la Miviludes.
Sur les 2 000 signalements reçus à la Miviludes chaque année :

  • 34 % concernent la sécurité des personnes et des biens,
  • 22 % touchent à l’éducation des mineurs,
  • 22 % relèvent du domaine de la santé
  • 17 % impactent la sphère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.

Même si elles existent, les dérives sectaires dans le domaine religieux sont très minoritaires. Plus...

Posté par pcassuto à 15:27 - - Permalien [#]