16 novembre 2019

La politique culturelle - Un ministère pour la culture

Accueil - Vie PubliqueLa création en 1959 d’un ministère des affaires culturelles, confié à André Malraux, vise, au-delà de la mise en place d’une politique culturelle, à créer spécialement un ministère pour l’écrivain.
La Ve République s’inscrivait en réalité dans une longue tradition. La IIIe République avait déjà été confrontée, dès son installation à la fin du XIXe siècle, à la gestion d’un double héritage : celui transmis, depuis le XVIIe siècle, par les différents régimes monarchiques, et celui, tout aussi essentiel, légué par la décennie révolutionnaire. D’une part, l’État mécène, le système académique et la laïcisation de la censure, héritages monarchiques, marquent durablement les relations entre le pouvoir et les arts. D’autre part, le “patrimoine national”, le musée révolutionnaire et la croyance dans les vertus civiques et éducatives des arts sont des legs incontestables de la période révolutionnaire. À la Libération, la IVe République avait fait sien l’idéal démocratique issu du Front populaire et de la Résistance sans pour autant pérenniser un ministère autonome.
Le ministère de la culture hérite de différents services issus principalement de l’Éducation nationale ; il échoue à intégrer les bibliothèques, la radiotélévision et l’action culturelle extérieure de la France. Le décret du 24 juillet 1959 précise : “Le ministère chargé des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français ; d’assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel, et de favoriser la création des œuvres d’art et de l’esprit qui l’enrichissent.”
La revendication démocratique s’affiche donc dans les attendus de ce décret fondateur. Le souci égalitaire et la volonté de démocratisation culturelle sont essentiels. La politique culturelle de Malraux s’inscrit dans la logique de l’État-providence. L’État se donne ainsi pour fin d’assurer à tous le même accès aux biens culturels. Deux politiques concourent à matérialiser cette volonté : faire accéder tous les citoyens aux œuvres de la culture et étendre aux artistes les bienfaits de la protection sociale. La politique culturelle est, en outre, mise en avant dans la logique de modernisation portée par la République gaullienne. L’État doit jouer un rôle moteur de direction, d’impulsion et de régulation. Plus...
Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]