01 août 2019

Pour une lecture renouvelée des origines de l'Islam

sup-numerique.gouv.frDe l’Antiquité tardive à l’orée des temps « modernes », le judaïsme, le christianisme puis, postérieurement, l’islam, ont fait l’objet de discours produits par des magistères religieux qui définirent les cadres conceptuels de la pensée, les méthodes d’étude, les critères de validité et les institutions censées garantir le dépôt « révélé » donc considéré comme « vrai » :« Dieu » s’adressant aux hommes par l’intermédiaire d’un« Verbe », il importait de justifier les modalités de son expression pour situer hors de tout champ comparatif, la religion représentée par tel ou tel.
La « modernité » introduisit une rupture dans cette configuration puisque les philosophes, historiens, linguistes et autres philologues s'en réclamant choisirent pour point d’ancrage de leurs discours non plus« Dieu » (dont l’existence éventuelle était une question qui restait en suspens) mais les traces laissées par les croyants professant une foi.
Les spécialistes du fait religieux savent combien le conflit fut profond jusqu’au xxe siècle dans les sociétés européennes qui le virent naître avant sa diffusion universelle. Loin d'être résolu, il prit une vigueur particulière dans les sociétés majoritairement musulmanes du pourtour méditerranéen où, depuis les indépendances ayant marqué la fin de la colonisation, un courant porté par l’Université égyptienne d’Al-Azhara conduit à rejeter toute discipline extérieure à l’héritage de la tradition musulmane pré-moderne pour aborder le texte coranique, les corpus de« faits » et « dits » attribués au prophète de l’islam ainsi que la langue arabe. Initié, entre autres, par le shaykh al-Bahî, ce mouvement a été relayé par les établissements fondés par les pétromonarchies et les instituts d’études islamiques ouverts dans les années 1970 au sein des universités du monde arabe créées antérieurement sur le modèle européen. Il a bénéficié, au même moment, de la critique produite en Europe et en Amérique du Nord par le courant des cultural studies.Mais il s’est heurté à une autre réalité contemporaine, à savoir l'inscription de populations nouvelles dans ce même espace.
La fécondité éditoriale autour de ces sujets est l’illustration du phénomène ainsi décrit. Plus...
Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]