11 avril 2019

L'Open University britannique - Un projet travailliste

sup-numerique.gouv.frNée à la fin des années 60, l'Université Ouverte de Grande-Bretagne fut fondée sur l'idée que les Technologies de l'Information et de la Communication pouvaient apporter une éducation de qualité à une population qui n'y avait jusque-là pas accès. Le projet nait ainsi d'une conviction politique : celle de permettre la démocratisation de l'éducation tout en développant la formation des travailleurs.  Cette conviction, portée par le premier ministre travailliste Harold Wilson, est alors influencée par l'enseignement supérieur à distance soviétique. Les réformes éducatives mises en place par Nikita Kroutchev à la fin des années 1950 visaient à professionnaliser davantage l'éducation, en renforçant les liens entre l'école et le milieu professionnel.  L'objectif était d'élever la qualification à un niveau universitaire de la classe ouvrière, en particulier pour les travailleurs du parti communiste assurant d'importantes responsabilités.
Impressionné par ce modèle, Harold Wilson, chef du parti travailliste d'opposition, évoque en 1963 pour la première fois une "université des ondes", qui permettrait, grâce à la télévision, la délivrance d'un programme national d'enseignement à distance.

Un modèle d'innovation pédagogique

Malgré un certain nombre de résistances dues au manque de légitimité de l'éducation pour adultes, les travaillistes arrivés au pouvoir défendent l'idée d'un enseignement supérieur de qualité à destination de ce public. Le gouvernement collabore ainsi avec la B.B.C. pour démontrer que le projet est financièrement viable. L'Université Ouverte vise également à délivrer des diplômes selon les normes académiques des universités traditionnelles.  Elle ne sera pas seulement une seconde chance pour une population marginalisée.
L'Université Ouverte de Grande-Bretagne est lancée et s'affirme rapidement comme leader en termes d'innovations pédagogiques :

  • émissions de télévision
  • émissions de radio dédiées et diffusées aux heures creuses à la B.B.C.
  • utilisation de supports enregistrés
    • cassettes
    • envois à domicile de kits expérimentaux

pour les cours de sciences et de technologies, incluant même un microscope.

Dans la décennie qui suit sa création, les conservateurs arrivés au pouvoir continuent de soutenir l'Université Ouverte. Margaret Thatcher y voyait effectivement une chance pour galvaniser le système traditionnel de l'enseignement supérieur, en particulier dans la perspective d'améliorer la rentabilité de ces institutions. De nos jours, pourtant, l'Open University (OU) subit une perte d'effectif importante, mettant en péril son modèle. La raison est essentiellement due à la politique d'augmentation des frais de scolarité voulue par le gouvernement conservateur-libéral, affectant l'ensemble de l'enseignement supérieur britannique.
Fragilisée, l'Université Ouverte de Grande-Bretagne se lance dans les MOOC, à travers sa plateforme FutureLearn, pour tenter de préserver son leadership en termes de démocratisation des savoirs et d'innovations pédagogiques. Plus...

Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]