18 mars 2019

UMIFRE-TUNIS - Institut de recherche sur le Maghreb contemporain

hceres.frAvis global sur l’unité
Le comité d’experts prend acte du cumul de difficultés que l’unité rencontre, face à une conjoncture et un environnement troublés, et à des injonctions multiples, qui font de la gestion et de la « gouvernance » de l’unité un exercice bien plus complexe qu’à l’ordinaire, parce qu’il ne se limite pas à la seule activité scientifique d’un laboratoire.
Dans ce contexte, le comité d’experts tient à souligner que les choix opérés par la nouvelle direction semblent
assurer un bon équilibre entre les possibles dans son environnement politique, scientifique et social. Il faudra
néanmoins s’assurer de la cohérence des ambitions des moyens qui, en l’état actuel du projet de l’unité ne sont pas
totalement garantis.
Il relève de la compétence des tutelles, MAEE et CNRS, d’organiser au plus tôt, une véritable réflexion — en envisageant une éventuelle réforme — de l’inscription territoriale de l’unité et du centrage régional qui lui a été affecté. Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain, l’IRMC a, de fait, beaucoup de mal à organiser ses compétences, à mobiliser des réseaux et à mettre en place l’étude comparative des sytèmes politiques et des sociétés à l’échelle régionale qui lui a été assignée. Cette difficulté, indépendante des volontés et projets portés par les différentes directions, place l’unité en porte-à-faux, dans son environnement scientifique et intellectuel local, dans ses relations avec les autres unités internationales, notamment régionales, dans ses relations aux institutions, équipes, chercheurs spécialisés sur la région, et bien sûr avec les partenaires régionaux, algériens, marocains, lybiens potentiels ou réels. Cette réflexion institutionnelle sur le statut de l’unité doit bien évidemment se faire en association étroite avec la direction de l’unité, mais également en concertation avec les autres unités internationales de la région Maghreb, Machrek.
Points forts et possibilités liées au contexte
La direction prend l’initiative de promouvoir le bilinguisme arabe et français à l’intérieur de l’unité, en renforçant la double information dans son site web, en prévoyant un programme de traductions croisées de textes fondamentaux en sciences sociales et en orchestrant l’enseignement de l’arabe dédié aux chercheurs et étudiants exclusivement francophones de l’unité.
L’unité bénéficie d’une organisation technique volontaire, efficace, responsable, très professionnelle et compétente, dans une ambiance de travail qui semble détendue, solidaire et pertinente, capable d’assurer les différentes tâches techniques et gestionnaires que l’unité assure, notamment l’accueil du public et l’encadrement des étudiants.
Au plan scientifique également, l’unité se caractérise par une atmosphère détendue, une solidarité active des chercheurs, étudiants, techniciens, un cadre collectif réel et pertinent.
Le soutien des deux tutelles, CNRS et MAEE, particularité de l’unité, au projet de la direction est un élément fort de stabilité et de développement de l’unité, même si l’ensemble des moyens nécessaires à la concrétisation des projets ne semblent pas encore réunis.
Points faibles et risques liés au contexte
La compétence territoriale et régionale de l’unité sur le Maghreb et son tropisme vers l’Algérie et la Lybie, constituent un facteur de fragilité et de dispersion, dans un contexte caractérisé par une grande instabilité politique, des contrastes économiques, culturels et sociaux très affirmés, enfin des organisations et institutions de recherche et d’enseignement locales et internationales, françaises comprises, plus facilement concurrentielles que synergiques.
Dans un contexte de réduction budgétaire forte, la multiplication des activités de représentation et d’animation scientifiques (séminaires, conférences, colloques), dans un environnement où la sollicitation médiatique et diplomatique est forte, retentit négativement sur l’organisation des « fondamentaux » de l’activité scientifique (recueil de données, collectes de terrain, enquêtes).
L’unité pratique une politique de publication volontariste et affranchie d’instances d’évaluation externe (comité scientifique, comité de rédaction), mais aussi de multiplication des supports, qui mobilise une grande part du travail de publication des chercheurs affectés à l’unité, au détriment d’une réelle visibilité scientifique des activités et des chercheurs de l’unité.
Recommandations
Il relève de la compétence des tutelles, MAEE et CNRS, d’organiser au plus tôt, une véritable réflexion — en envisageant une éventuelle réforme — de l’inscription territoriale de l’unité et du centrage régional qui lui a été affecté. Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain, l’IRMC a, de fait, beaucoup de mal à organiser ses compétences, à mobiliser des réseaux et à mettre en place l’étude comparative des sytèmes politiques et des sociétés à l’échelle régionale qui lui a été assignée. Cette difficulté, indépendante des volontés et projets portés par les différentes directions, place l’unité en porte-à-faux, dans son environnement scientifique et intellectuel local, dans ses relations avec les autres unités internationales, notamment régionales, dans ses relations aux institutions, équipes, chercheurs spécialisés sur la région, et bien sûr avec les partenaires régionaux, algériens, marocains, lybiens potentiels ou réels. Cette réflexion institutionnelle sur le statut de l’unité doit bien évidemment se faire en association étroite avec la direction de l’unité, mais également en concertation avec les autres unités internationales de la région Maghreb, Machrek.
Le comité d’experts comprend que dans le contexte et l’environnement politique et social régional, marqué par de grands bouleversements politiques et des processus de transformation affectant profondément la région où s’ancre le travail de l’unité, il était difficile aux chercheurs et programmes en cours d’ignorer ces transformations. Un recentrage important des programmes a été opéré, plaçant le changement politique et social au coeur des activités de l’unité ; ce bouleversement est à souligner, et il convient de le saluer pour ce qu’il témoigne de souplesse et de capacité d’adaptation des chercheurs, doctorants, étudiants, de l’unité. Il importe cependant d’alerter les membres de l’unité sur le fait que, couplé à une politique centrée sur l’organisation d’événements et de publications « maison », ce recentrage peut conduire à négliger les thèmes et champs d’une activité scientifique moins tributaire de l’actualité, mais plus à même d’apporter des connaissances sur les sociétés locales et leur fonctionnement « régulier ». La pression et la tentation de l’actualité étaient fortes, mais commencent à se modérer. Il serait bon, par conséquent, que l’unité soit vigilante dans la reconduction des programmes initiés sous la pression des bouleversements politiques, et veille à laisser place à des interrogations de fond comme aux disciplines qui les portent.
Sans préjuger de la qualité des publications, très nombreuses, produites par l’unité ces dernières années, le comité d’experts recommande à la direction de l’unité et aux chercheurs associés, de veiller plus fermement à assurer la visibilité et la notoriété de leurs travaux dans les supports nationaux et internationaux.
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Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]