11 avril 2017

Rapport sur la VAE - 3.6 Le livret 2, une modalité complexe de validation des acquis pour les premiers niveaux de qualification

Lancée en décembre 2015, l’évaluation de la VAE a été confiée à une mission composée de membres de l’IGAS, de l’IGEN et de l’IGAENR. Ce rapport évalue la VAE, au titre de la modernisation de l’action publique (MAP).
3.6 Le livret 2, une modalité complexe de validation des acquis pour les premiers niveaux de qualification
La démonstration face au jury peut s’effectuer de deux façons :
  •  soit par une démonstration des compétences acquises par leur mise en situation dans une activité professionnelle. Dans ce cas, l’écrit demandé est assez réduit. C’est le cas notamment des CQP de branches ou de certains titres du ministère du travail qui utilise principalement les plateaux techniques des centres AFPA. Cette méthodologie présente l’avantage pour le jury de l’observation directe et pour le candidat de faire ce qu’il sait faire. L’inconvénient majeur est la nécessité de mettre à disposition du jury et du candidat un plateau technique approprié (équipements et matières d’oeuvre par exemple). Tout cela pose des questions de disponibilité du plateau, de l’existence du plateau dans la région où réside le candidat et du coût de la mise en situation ;
  •  soit par la production d’un écrit détaillant les tenants et aboutissants d’activités bien choisies au regard de la certification visée. Ces descriptions détaillées apportent la preuve au jury que le candidat « sait faire » car il est capable de le formuler en détail par écrit voire ensuite à l’oral. Cette modalité a l’avantage de ne nécessiter rien d’autre que l’écrit du candidat mais c’est aussi dans la production de cet écrit que réside son principal inconvénient.
La production d’un écrit réflexif apportant la preuve de l’acquisition des compétences visées par le diplôme est loin d’être un exercice simple. Cela demande du temps de préparation et de réflexion sur les référentiels du diplôme. La production de ce dossier, souvent nommé « livret 2 », est particulièrement exigeante pour les candidats peu ou pas du tout diplômés, qui peuvent se sentir à tort ou à raison éloignés des codes de la production d’écrit. Selon le recueil des statistiques sur la VAE 2014 de la DARES, l’ensemble des ministères met en oeuvre le livret 2 à part celui du travail qui utilise le dossier de synthèse des pratiques professionnelles (DSPP).
À titre de rappel rapide, la circulaire du ministère de l'éducation nationale demande que soient inventoriés et décrits de manière détaillée les acquis, les savoirs, les aptitudes et les capacités qui ont un rapport étroit et direct avec les exigences du diplôme postulé.
Il faut partir des activités – qui doivent être au moins au nombre de quatre – et les illustrer par des exemples concrets.
Pour chacune des activités, il faut indiquer l’emploi dans lequel elle a été effectuée et l’organisation – entreprise, association, etc. - où se trouvait le candidat.
Sans être exhaustif, la mission observe que le candidat doit se confronter :
  •  à la décomposition de l’activité en tâches ;
  •  à la description de ses acquis, de ses aptitudes, des niveaux de qualification ;
  •  au référentiel du diplôme.
La fréquence des activités est à indiquer. Idem pour :
  •  les relations contractées dans la réalisation de l’activité, aussi bien en interne qu’en externe ;
  •  le traitement des informations : comment se les procurer, comment les traiter, comment les transmettre ;
  •  le type de documents utilisés, le type de matériels, de logiciels ;
  •  l’organisation à adopter pour réaliser l’activité ;
  •  les connaissances nécessaires : produits, outils, formules de calcul, langue étrangère.
De telles opérations intellectuelles – en termes d’abstraction, de manipulation de symbole – sont très difficilement accessibles à qui a une formation initiale inférieure au niveau IV et a fortiori en l’absence de formation dans la dernière période.
À titre d’exemple, l’extrait ci-dessous, issu d’un document guide proposé par le DAVA de l’académie de Créteil, illustre la nature des questions auxquelles le candidat doit répondre. La lecture de ces quelques lignes montre l’indispensable maîtrise de la langue dont doit faire preuve le candidat. Et au-delà de la compréhension des questions, il devra être capable de formuler les réponses.
Recommandation n°15 : Définir précisément les attendus de chaque écrit en fonction des certifications et diplômes visés
Recommandation n°16 : Intégrer dans l'accompagnement, pour les niveaux V et infra, la possibilité d'un recours à un écrivain public ou d'une prestation d’appui à l’écriture de l’expérience, et renforcer la part de l’oral pour les premiers niveaux de certification, y compris en étudiant la possibilité de prestation enregistrée sur un support audio ou vidéo

Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]