21 mars 2016

Rapport n° 2015-073 - Résumé "Le recrutement"

Le rapport relatif au recrutement, au déroulement de carrière et à la formation des enseignants-chercheurs s’inscrit dans le cadre de l’article 74 de la loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur et la recherche qui  fait obligation au gouvernement de rendre compte de ces trois sujets au parlement. Il se situe dans un contexte de renforcement de l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de concurrence internationale très marquée. Recrutement, déroulement de carrière et formation des enseignants-chercheurs.
1. Le recrutement
En matière de recrutement, les trois sujets les plus importants concernent la procédure de qualification des enseignants-chercheurs par le Conseil national des universités (CNU), les pratiques de recrutement des établissements et la question de l’endo-recrutement.
La qualification des enseignants-chercheurs est devenue l’objet d’intenses débats et controverses. Ses partisans considèrent qu’elle constitue un filtre indispensable pour garantir la qualité et l’homogénéité au niveau national du recrutement des enseignants-chercheurs, et un rempart contre le localisme et le « copinage ». Ses détracteurs contestent la capacité du CNU à assurer une évaluation objective des candidats et critiquent en particulier le fonctionnement très hétérogène et empreint d’une trop grande rigidité disciplinaire des sections ainsi que le caractère inadapté au contexte de la mondialisation d’une procédure sans équivalent à l’étranger.
Le fonctionnement actuellement imparfait du processus de recrutement par les établissements et l’absence de consensus sur ce sujet très sensible, ne semblent pas permettre d’envisager très rapidement une modification radicale du dispositif d’ensemble du recrutement.
À plus long terme, le renforcement des conditions d’attribution du doctorat et des pratiques de recrutement pourraient limiter le besoin de recours à la qualification.
À court terme, le maintien du dispositif de qualification rend indispensable une série de changements dans le mode de fonctionnement du CNU.
Parallèlement, il convient d’étudier des possibilités d’extension des régimes dérogatoires actuels, notamment dans le cadre d’une expérimentation dans laquelle certains établissements seraient autorisés à organiser des concours selon une procédure ad hoc sans qualification préalable des candidats. L’instauration de ce dispositif expérimental, qui devra être encadré sur le plan juridique,permettra à la fois de répondre aux demandes et aux besoins d’un certain nombre d’établissements sans remettre en cause les dispositions de droit commun, et d’évaluer au moyen d’expertises du Haut conseil d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), sa pertinence et son intérêt.
Si la question de la qualification fait débat, celle de la nécessité d’une mise aux standards internationaux des pratiques de recrutement des établissements fait au contraire l’objet d’un large consensus.
La communauté universitaire considère effectivement de façon unanime que dans la majorité des cas, les modalités de recrutement ne permettent pas de s’assurer de la capacité des candidats à remplir toutes leurs missions, et qu’il est nécessaire de rendre les comités de sélection plus opérationnels et leur fonctionnement plus professionnel.
Or, les exemples de bonnes pratiques sont nombreux à l’étranger et même en France. Il s’agit donc d’encourager leur généralisation notamment par des incitations ministérielles et éventuellement, par la mise en place de dispositifs de certification des processus de recrutement.
Par ailleurs, si les initiatives d’amélioration en la matière relèvent des établissements, il revient au MENESR d’allonger le calendrier des opérations pour donner aux établissements le temps nécessaire à la réalisation d’entretiens de recrutement dignes de ce nom.
Alors que le localisme pris dans le sens de clientélisme est unanimement rejeté (au moins dans les discours), et qu’il y a consensus pour considérer qu’il faut encourager l’ouverture des établissements aux recrutements extérieurs et notamment de candidats étrangers, il apparaît que la question de l’endo-recrutement doit être appréhendée de façon nuancée (sans s’arrêter aux moyennes nationales qui recouvrent de fortes différences entre établissements), sans dogmatisme et en tenant compte de la diversité des situations des établissements.
Dans ces conditions, tout en poursuivant un objectif global d’accroissement de l’exo-recrutement, deux mesures sont préconisées.
D’une part, il est nécessaire d’affiner le suivi de l’endo-recrutement et sa définition pour distinguer les candidats ayant acquis la totalité de leur expérience dans l’établissement qui les recrute, de ceux qui bien qu’ayant soutenu leur thèse dans l’établissement, ont réalisé ailleurs des mobilités dans le cadre de post-doctorats.
D’autre part, il convient de mettre en oeuvre la méthode établie par la DGRH pour fixer des cibles individuelles de baisse de l’endo-recrutement en fonction des situations particulières de chaque établissement. Cette méthode paraît en effet bien préférable à la fixation d’une norme unique. Voir l'article...

Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]
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