09 février 2016

Grande conférence de la santé : pour Yvon Berland, « la question de la sélection doit être posée »

Considérée comme un rendez-vous phare des acteurs de la santé, la Grande conférence de la santé qui se déroulera le 11 février prochain, au Conseil économique, social et environnemental (Cese), entend apporter des réponses aux défis rencontrés par le système de soin français. Pour la CPU, l’organisation de l’offre de soins doit être la question centrale. Aussi, elle a formulé, par l’intermédiaire d’Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université et président de la commission des questions de santé à la CPU, un certain nombre de propositions avec l’espoir d’aboutir à une feuille de route claire et concrète à l’issue de la journée de travail.
CPU : Qu’attendez-vous de la Grande conférence de la santé du 11 février?
Yvon Berland : A mon sens, deux grands sujets doivent être prioritairement traités : l’organisation de l’offre de soins et le rôle des universités dans cette même organisation.
La tendance est, aujourd’hui, d’inverser le paradigme : les formations médicales mènent à des métiers qui s’intègrent à un système de santé qui n’a pas été défini au préalable. Or, c’est uniquement à partir de la définition de l’organisation de l’offre de soins que l’on peut définir les métiers nécessaires, les compétences pour les exercer et les formations qui doivent s’y attacher.
Dessiner les contours de l’offre est pour nous le point le plus important et nous espérons vraiment sortir de cette conférence avec une feuille de route claire et concrète.
Dans ses propositions, la CPU préconise le maintien de la première année commune aux études de santé (PACES), mais avec un numerus clausus défini au niveau régional. Pourquoi ?
La question de la sélection en fin de première année fait actuellement débat : doit-on maintenir cette sélection ? Le numerus clausus qui fixe le nombre d’étudiants admis en deuxième année, en vigueur depuis 1971, est-il encore légitime?
Une chose est sûre : le numerus clausus répond mal aux besoins sur le terrain. De surcroît, il est de plus en plus souvent contourné ! Certains étudiants partent étudier à l’étranger. Et une fois leur diplôme obtenu, ils reviennent exercer en France. Aujourd’hui, on estime à plus de 25 % le nombre des médecins inscrits à l’ordre qui ont obtenu un diplôme en dehors de l’hexagone. Il y a de d’hypocrisie à prétendre réguler le nombre des médecins en France, de manière très précise, alors qu’en réalité, le nombre de médecins formés à l’extérieur de la France est important. Voir l'article...
Posté par : pcassuto à - - Permalien [#]
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