Les entreprises qui réussissent, reconnaissent, valorisent et encouragent les compétences linguistiques et interculturelles de leurs employés. Certains projets du CELV, passés et récents, se concentrent sur l’importance d’une formation aux langues de qualité et encouragent employés et employeurs à faire un usage plus efficace des ressources multilingues et multiculturelles sur le lieu de travail.
Dans une étude faite pour le Conseil de l’Europe, intitulée l’Economie de la Langue et de l’Education dans la Politique d’Enseignement des Langues, François Grin souligne que la connaissance des langues a de la valeur.  Il montre que les gens qui ont des compétences linguistiques, à condition qu’elles soient perçues comme commercialement intéressantes pour l’entreprise, peuvent gagner plus que ceux qui n’en ont pas ; que le profil langagier d’une entreprise est un facteur significatif de réussite économique ; et que le degré de connaissances des langues peut avoir, pour l’économie d’un pays, une influence positive ou négative sur son Produit National Brut (PNB).
C’est la raison pour laquelle la pratique des langues est de plus en plus prisée par les entreprises – de la plus petite aux multinationales – et que les compétences linguistiques des employés sont valorisées, demandées et entretenues.       
Rendre les gens plus compétitifs sur le marché du travail est l’un des buts essentiels de l’éducation et les compétences linguistiques y jouent un rôle toujours plus important. Il y a un besoin manifeste pour que l’apprentissage des langues devienne possible et effectif tout au long de la vie, par l’élaboration d’outils pratiques, de méthodologies et de concepts pour aider les jeunes et les adultes de tous âges. Pour apporter des solutions aux besoins variés des employés, des enseignants et des entreprises, il faut  une grande diversité d’approches, toutes centrées sur le potentiel positif que représente le plurilinguisme et l’importance qu’il a dans tous les domaines de la vie.

Les défis
Dans un monde globalisé où les compétences en langues sont primordiales, on est confronté à des défis de taille :

  • Comment l’enseignement des langues à l’école peut-il – en plus de son rôle éducatif - fournir aux  apprenants le bagage linguistique dont ils auront besoin dans leur vie professionnelle ?
  • Comment les entreprises peuvent-elles organiser au mieux la formation linguistique, pour répondre aux besoins changeants du marché ?
  • Quelle contribution peuvent apporter les nouvelles méthodes qui intègrent les technologies en ligne et les réseaux sociaux et comment créer des environnements d’apprentissage autonomes et efficaces et des communautés apprenantes dynamiques ?
  • Comment convaincre les entreprises des avantages d’avoir, à la fois pour elles-mêmes et pour leurs employés, une approche au plurilinguisme et aux compétences interculturelles qui soit positive ?
  • Quelles démarches peut-on élaborer, pour promouvoir des apprentissages linguistiques formels, non-formels et informels ?
  • Comment mettre en pratique une assurance de qualité pour la formation linguistique des entreprises ?
  • De quelles ressources technologiques et humaines dispose-t-on pour des apprentissages traditionnels et non-traditionnels (p.ex. les bénévoles qui travaillent avec des migrants) ?

Comment le CELV contribue au développement des langues pour le travail
Le CELV a mis au point des projets qui abordent plusieurs questions mentionnées ci-dessus. Les principaux projets portant sur les langues et l’emploi dans le programme 2012-2015 du Centre, sont les suivants :

Ce projet vise à établir un réseau européen d’apprentissage pour les langues au travail ; il reconnaît que de doter les employés migrants des compétences langagières appropriées à leur lieu de travail est une tâche exigeant la coopération de toutes les parties prenantes. Le site web du projet propose un choix de matériaux pour aider les chercheurs, les prestataires de services éducatifs, les employeurs, les syndicats et les décideurs à répondre aux besoins spécifiques des employés migrants ou issus de minorités ethniques dans leur apprentissage (y compris les apprentissage formels, non-formels et informels) de la langue du pays d’accueil.

Une partie du projet était une enquête sur les entreprises et leurs attitudes envers les compétences en langues. Elle a révélé que, dans de nombreuses entreprises, on était peu au courant des outils et ressources qui sont disponibles pour promouvoir le plurilinguisme et l’apprentissage des langues à des fins professionnelles (p.ex. le Portfolio européen des langues, le Passeport européen des langues) ; et aussi peu conscient de l’aide que pourrait représenter, pour les employeurs, l’utilisation des niveaux du Cadre Européen Commun de Référence pour sélectionner du personnel qualifié et fixer des objectifs de formation. Le but du projet était de sensibiliser davantage le vaste monde des affaires au développement et à l’évaluation des compétences linguistiques, en particulier en les encourageant à reconnaître le plurilinguisme comme un élément significatif de la qualité d’une entreprise.

Ressources principales
ODYSSEUS : la deuxième langue sur le lieu de travail. Les besoins linguistiques pour les travailleurs migrants : l'organisation de l'apprentissage des langues à des fins professionnelles
Au cours des dernières décennies, nous avons connu en Europe des mouvements de population transfrontaliers sans précédent. Aux causes traditionnelles de la migration telles que les guerres, la persécution politique ou religieuse et la pauvreté sont venus s'ajouter des phénomènes plus récents; les processus de mondialisation, les développements technologiques et démographiques et le passage de l'ère industrielle à la société « de la connaissance et des services » accélèrent les flux de migration et génèrent des schémas de migration extrêmement diversifiés.
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