http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRpCrFivEa6m9-xJod39B7pzPfVf8iqwvIM6mAwbSR1GsMg3i0V9B-iowLes mobilités étudiantes en Europe. Des inégalités renforcées face aux défis de l'internationalisation. 
L’OVE Infos est une publication périodique de l’OVE dont chaque numéro est consacré à l’étude d’un thème spécifique. Le 28e numéro porte sur « les mobilités étudiantes en Europe : des inégalités renforcées face aux défis de l’internationalisation ». 
Dans cette publication, l’auteure, Valérie Erlich, maître de conférences à l’université de Nice Sophia Antipolis et chercheuse à l’UMRIS, répond aux questions suivantes : quelles sont les inégalités d’accès à la mobilité internationale pour études ? quelles ressources (sociales, économiques, culturelles…) est-il nécessaire de mobiliser pour pouvoir effectuer un séjour d’études en Europe ? Elle interroge alors le processus d’égalité d’accès des étudiants à l’espace international européen.
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Valérie Erlich est également l’auteure d’un ouvrage plus complet sur la mobilité étudiante, réalisé à partir de recherches qu’elle a effectuées pour le compte de l’OVE : Les mobilités étudiantes, La Documentation Française, octobre 2012.
Par Valérie Erlich, maître de conférences à l’Université Nice Sophia Antipolis, chercheur à l’URMIS (Unité de recherche Migrations et Société, UMR 205). LES MOBILITÉS ÉTUDIANTES EN EUROPE - Des inégalités renforcées face aux défis de l’internationalisation
Les recherches qui portent spécifiquement sur les mobilités étudiantes en Europe sont récentes. Depuis la fin des années 1990, on note un intérêt nouveau de ce domaine de recherche, dans le sillage des travaux réalisés sur la société du savoir, sur la globalisation et l’internationalisation de l’enseignement supérieur.
S’agissant des recherches sur les mobilités étudiantes en Europe, on distingue deux types d’analyse :
- D’un côté, des recherches montrent que les logiques d’internationalisation ont favorisé l’émergence d’un espace commun permettant aux étudiants mobiles en Europe d’évoluer dans un cadre harmonisé et structuré sur des bases communes.
- De l’autre, elles dénoncent un ordre inégalitaire entre étudiants dont les ressources sociales, économiques, culturelles et les expériences d’un séjour d’étude en Europe sont très inégales.
Ce numéro d’OVE Infos se propose d’analyser ces inégalités entre étudiants en mobilité au sein de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur (EEES).
Les étudiants en mobilité font désormais partie de ces nouveaux types de migrants apparus au cours des années 1990, qui avec les migrants qualifiés, sont à la recherche d’une plus-value professionnelle.
La migration pour études devient ainsi un des moyens d’expression de la mobilité sociale ascendante. Cependant, tous les étudiants européens ne sont pas égaux face à cette pratique. Quelles sont les inégalités d’accès à la mobilité internationale pour études ? Quelles ressources (sociales, économiques, culturelles…) est-il nécessaire de mobiliser pour pouvoir effectuer un séjour d’étude en Europe ? En répondant à ces questions, Valérie Erlich interroge le processus d’égalité d’accès des étudiants à l’espace international européen. Les analyses présentées ici sont issues d’une recherche commanditée par l’Observatoire national de la vie étudiante ayant pour but d’éclairer les migrations étudiantes dans l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur (EEES), à partir d’une étude documentaire des principaux travaux et enquêtes européens effectués en sciences sociales au cours des vingt dernières années sur cette thématique. Ce bilan documentaire a permis de questionner la mise en oeuvre de l’internationalisation de l’enseignement supérieur en Europe, de repérer les convergences et les divergences des politiques migratoires et éducatives menées par les pays européens depuis une quarantaine d’années et leurs effets sur les formes de mobilités estudiantines. De ce bilan est tiré un ouvrage : Les mobilités étudiantes en octobre 2012 à la Documentation française dans la collection « Panorama des savoirs ».
La réciprocité des échanges : une réalité fictive
Avec trois fois plus d’entrants que de sortants, l’Europe confirme sa position dominante de région d’accueil. Elle attire au total près de la moitié des étudiants mobiles dans le monde (43 %), soit en moyenne 7 % de la population étudiante totale. En revanche, le taux de mobilité étudiante en Union européenne demeure limité, puisqu’il était de 2,2 % en 2005 (soit à peine situé au-dessus de la moyenne). Il existe de fortes disparités entre les taux de mobilité estudiantine en Europe : le pourcentage global des élèves ayant des expériences de mobilité à l’étranger liées aux études varie de 19 % en Norvège à 3 % en Turquie. Les pays avec un taux de participation de moins de 10 % sont des nouveaux Etats membres de l’Europe ou se situent en Europe du Sud3. Quant à la position de la France, 16 % des étudiants français inscrits en universités et classes supérieures de lycée ont fait un séjour à l’étranger en lien avec leurs études depuis leur entrée dans l’enseignement supérieur (L’État de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 2010).
Les étudiants qui partent étudier à l’étranger ne se répartissent pas uniformément : le choix du pays d’accueil se fait essentiellement parmi les pays européens, le Royaume-Uni étant le pays le plus fréquemment choisi devant l’Allemagne et la France. Les mouvements migratoires des étudiants se révèlent donc asymétriques, certaines régions du monde ayant un pouvoir d’attraction important. Les flux semblent aller de pays moins développés vers des lieux plus concurrentiels dans une économie mondiale fondée sur le savoir. Des déséquilibres migratoires et économiques persistent donc à travers l’analyse des mobilités étudiantes européennes.
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