http://www.obs-ost.fr/sites/default/files/logo_ost_0_0.pngNouvelle collection "Les notes pratiques de l'OST"
N°1
"Universités et classement de Shanghai: la qualité de l'information compte..."  (Consulter le document).
L’Observatoire des sciences et des techniques (OST) publie une note consacrée au classement de Shanghai et à son utilisation par les universités. Elle dévoile comment un établissement peut, en améliorant la qualité des informations le concernant, améliorer l’exactitude de son score dans le classement. Elle démontre notamment l’intérêt de sensibiliser les personnels à l’importance d'écrire avec soin, dans leurs travaux et leur CV, le nom des établissements où ils ont été formés et dans le(s)quel(s) ils travaillent.
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Le « classement de Shanghai » ou ARWU (Academic Ranking of World-class Universities), est le plus connu des classements internationaux d’universités. Dès sa création, ce classement a obtenu un succès planétaire, attirant non seulement l’attention des medias et du grand public, mais plus encore celle des établissements eux-mêmes – et, tout spécialement, celle des établissements qui peuvent espérer entrer dans le club très restreint des « 500 premières universités selon Shanghai ».
Publié pour la première fois en 2003, le classement s’est diversifié en proposant des classements par discipline ou par domaine de recherche, cependant qu'il se complexifiait pour atténuer ses biais (corrections pour la sous-estimation des disciplines artistiques et des humanités, élargissement de la typologie des établissements universitaires admissibles pour éviter les effets de normalisation, complexification des règles de pondérations, travail pour améliorer les données ...). Quoi qu’il en soit, ARWU parait simple à appréhender pour les non spécialistes, notamment parce qu'il se base sur les « performances de recherche » des établissements, et qu'il le fait en s'appuyant sur des informations « ouvertes » que les chercheurs eux-mêmes utilisent pour apprécier le prestige scientifique d'un travail, comme la parution d’un article dans des revues renommées comme Science ou Nature, le fait pour une institution d’accueillir des chercheurs influents dans leur communauté de recherche, ayant reçu un prix Nobel, etc.
Dès le 50ème rang du palmarès, les écarts entre établissements se resserrent rapidement, et le nombre d’ex-æquo s’accroît – à telle enseigne que l’équipe d’ARWU ne classe individuellement les établissements du palmarès principal que jusqu’au 100ème rang, puis crée des paquets de 50 établissements jusqu’au rang 200, puis des paquets de 100 établissements jusqu’à 500. Dès lors, tous les ingrédients d’un quasi concours sont réunis: critères extrêmement sévères, taux de sélection considérable (il y a de l’ordre de 15 000 établissements d’enseignement supérieur dans le monde pour 500 élus...), écarts de points infinitésimaux, effets de seuil impitoyables à chaque centile et près de la barre des 500, complexité puisque différents critères jouent simultanément, et caractère « aléatoire » du résultat puisque le rang de chacun dépend des performances des autres...
Quoiqu’il ne soit pas très adapté à l’organisation de notre système d’enseignement supérieur et de recherche, ce classement est très connu en France. Dès qu'il est publié, en août de chaque année, responsables et medias guettent, pour les analyser et les commenter, les places obtenues par les champions nationaux – lesquels ont la désagréable impression de subir ces résultats sans pouvoir les anticiper ... Pourtant, d’innombrables analyses méthodologiques du classement ont été faites, - y inclus par l’OST-, qui permettent de mieux anticiper ce qu’il va produire. Un responsable d’établissement peut ainsi prendre conscience de l’intérêt direct que représente le fait de compter un lauréat de Nobel ou un médaillé Fields parmi ses professeurs ou ses anciens étudiants, ou celui d’accueillir des enseignants dont les travaux sont très influents. Il peut aussi comprendre le handicap que représente le fait d’être orienté vers les disciplines artistiques, ou d’être de création récente, ou d’être orienté vers les premiers cycles. Il en déduira que « monter dans le classement de Shanghai » suppose beaucoup de moyens d’action et pas mal de temps...si tant est que cet objectif lui semble pertinent.
Sans ouvrir ici ce débat, nous proposons une note qui a une orientation beaucoup plus modeste, mais également des impacts potentiels plus immédiats puisqu’elle vise à montrer comment un établissement peut, en améliorant la qualité des informations le concernant, améliorer l’exactitude de son score dans le classement de Shanghai. En effet, les informations utilisées par le classement de Shanghai proviennent de sources publiques et vérifiables. Mieux: elles peuvent, si elles sont incomplètes ou inexactes, être corrigées sur demande des chercheurs concernés auprès de ces sources et, par ricochet, dans le classement car l’équipe de ARWU prendra en compte ces corrections, pour peu qu'elles lui aient été signalées par un simple courrier électronique.
Ainsi, les responsables d’établissement peuvent agir i) de manière préventive en sensibilisant leurs personnels à l’importance d'écrire avec soin, dans leurs travaux et leur CV, le nom des établissements où ils ont été formés et dans le(s)quel(s) ils travaillent, et ii) rétrospectivement, en vérifiant l’exactitude des informations déjà enregistrées pour leur établissement dans les sources de référence, pour les faire corriger s’il y a lieu. Par exemple, le responsable d'un établissement dans lequel un chercheur récipiendaire d'une médaille Fields a été diplômé doit vérifier que le nom de son établissement apparaît bien dans le CV du chercheur tel qu'il est répertorié par le site qui fait foi pour l'équipe de Shanghai. Si tel n’est pas le cas, il faut tout d'abord alerter le chercheur en question pour qu’il complète le CV utilisé par l'International Mathematical Union (IMU), puis signaler cette rectification à l'équipe de Shanghai – et enfin, lors de l’édition suivante du classement, observer si le changement a bien été pris en compte en vérifiant la valeur du critère « alumni » pour l’établissement. En savoir + > Universités et classement de Shanghai: la qualité de l’information compte….
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