http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/image/Logos_organismes/24/1/accueil-campusfrance_179241.34.jpgGeneviève Fioraso est intervenue en ouverture du débat sans vote sur l'immigration étudiante et professionnelle le 24 avril au Sénat. Voir la vidéo du discours en grand format.
Voilà près d'un an, le gouvernement abrogeait la circulaire du 31 mai 2011, dite circulaire Guéant, ce texte de fermeture, de repli sur soi, de rupture avec la longue tradition d'accueil et de rayonnement scientifique de notre pays. En interdisant aux meilleurs chercheurs et étudiants étrangers un accès au marché du travail, cette circulaire les dissuadait de fait de choisir la France et nous privait de l'impact culturel, scientifique, affectif et économique suscité par ces échanges.
Nous avons alors pris un engagement devant les Français: la nouvelle politique d'attractivité universitaire et scientifique de la France ne s'arrêterait pas à ce geste aussi nécessaire que symbolique. Il fallait aller plus loin, et redonner à notre pays toute sa place dans la compétition scientifique mondiale pour attirer les talents, et en premier lieu les étudiants et les chercheurs.
Cette priorité du gouvernement représente un enjeu stratégique. Nous assistons en effet à l'échelle internationale à un double mouvement, de diversification des pays d'origine des étudiants internationaux d'un côté, et de compétition accrue entre les pays d'accueil pour les attirer de l'autre.
Les pays émergents fondent leur développement sur l'élévation du niveau de qualification et sur la recherche. Avec 3,3 millions d'étudiants pour 59 millions d'habitants et 4,34% de son P.I.B. dédiés à la R&D, la Corée du Sud est un exemple frappant, où la France n'est que le 8ème pays d'accueil de ses étudiants avec seulement 5 500 coréens inscrits dans nos établissements sur 154 000 partant chaque année à l'étranger, et seulement 3% en ingénierie et sciences. L'Inde veut doubler le nombre de ses étudiants, mais ils ne sont que 3000 étudiants indiens en France, et seulement 1000 étudiants Français sont en mobilité dans ce pays de près d'un milliard d'habitants. La mondialisation des connaissances est une réalité en marche. Le nombre d'étudiants en mobilité internationale a doublé depuis 2005. Il doublera à nouveau d'ici 2020.
Face à ces flux croissants, les pays d'accueil s'organisent. Alors que l'accueil des étudiants internationaux était concentré au sein de quelques grandes institutions disposant de traditions universitaires anciennes, il fait désormais l'objet de politiques nationales ambitieuses. Le président Obama vient de lancer une politique d'attractivité scientifique pour attirer les talents. Les grands pays anglophones prennent des positions offensives dans les échanges internationaux, je pense notamment au Canada ou à l'Australie. Plus près de nous, l'Allemagne, les pays scandinaves, ont développé une stratégie d'accueil qui a déjà prouvé son efficacité.
La France ne doit pas rester à l'écart de ces dynamiques. Nous sommes le premier pays d'accueil non anglophone des étudiants internationaux, au coude à coude avec l'Allemagne qui vient de nous dépasser alors qu'elle était loin derrière nous il y a seulement 5 ans.
Chaque année, 290 000 jeunes étrangers font le choix d'étudier dans notre pays. 41% des thèses soutenues en France le sont par des étudiants étrangers. 60 000 titres de séjours de longue durée bénéficient annuellement aux étudiants, contre 17 000 à des salariés et 90 000 au motif du regroupement familial. Notre pays peut s'honorer de ce rayonnement international qui témoigne à lui seul de la qualité scientifique et pédagogique de nos universités.
Mais cette position est fragile. Notre pays a perdu du terrain, en passant en 10 ans de la 3e à la 5e place dans le classement des pays les plus attractifs en matière d'études supérieures. L'impact n'a pas seulement été quantitatif. Il a aussi, surtout, été qualitatif, les meilleurs étudiants, surtout en sciences, se détournant de notre pays pour trouver des destinations plus propices à leur épanouissement. Suite de l'article...
Genevieve Fioraso occurred in opening the debate without a vote on the student and professional immigration April 24 in the Senate. See video of the speech in large format. More...