Le 31 octobre 2012 s’est déroulé, au Village Bienvenue de Sainte-Marie, le séminaire « Les 10 ans de la VAE 2002-2012 ». Suite à cette manifestation, la CRIS VAE (Cellule régionale inter-services de la validation des acquis de l’expérience) présente les actes du séminaire. Dans le cadre de la formation tout au long de la vie, la VAE, instituée par la Loi de modernisation sociale promulguée le 17 janvier 2002, est un droit individuel. La VAE permet à tout candidat d’acquérir une certification par la vérification et l’évaluation de son expérience professionnelle. Télécharger Les Actes du séminaire "Les 10 ans de la VAE".
TABLE RONDE 1 - De l’information conseil orientation à la Validation

Objectifs

La VAE permet d’obtenir tout ou partie d’une certification à finalité professionnelle sur la base d’une expérience professionnelle salariée, non-salariée (commerçant, conjoint/collaborateur, professions libérales, agriculteur ou artisan…) bénévole (syndicale, associative) et/ou élective, à condition que la certification visée soit en lien avec l’expérience. Depuis sa mise en oeuvre, 40 000 Réunionnais(es) sont venu(es) s’informer sur la VAE, 7 000 personnes ont obtenu une validation dont 4 000 validations totales et 3 000 validations partielles. S’engager dans une démarche de VAE représente pour la personne un investissement dans un parcours singulier organisé en plusieurs étapes et proposé par différents acteurs.
Fil conducteur Comme précisé dans le programme, « s’engager dans une démarche de VAE représente pour la personne un investissement dans un parcours singulier organisé en plusieurs étapes et proposé par différents acteurs, qui va de l’information conseil du futur candidat à la validation. » Par ailleurs, la VAE est un dispositif relativement récent mais également novateur dans le sens où il suppose l’articulation entre plusieurs rôles assez nouveaux tant en termes de fonction que de méthodologies d’intervention (information-conseil, accompagnement, jury de validation). Ce qui a supposé à la fois un effort de formalisation de tous les acteurs mais également le développement d’un professionnalisme permanent. Ces éléments constitueront le fil de questionnement de la table ronde (notamment pour permettre d’aller au-delà d’une simple présentation des activités de chacun):
• Au regard des expériences et rôles de chacun tels qu’ils ont été présentés, comment pourvous se construit, s’entretient et se développe le professionnalisme sur ces rôles très spécifiques?
• Quels enjeux et quelles modalités d’articulation des acteurs?
Tout cela dans une perspective de faciliter un engagement éclairé des personnes dans la démarche VAE.
Animateur Témoin Expert: André CHAUVET

Professionnel du conseil et de la formation, André CHAUVET intervient depuis plus de 20 ans dans la professionnalisation des acteurs de l’orientation et de l’insertion, du conseil et du bilan de compétences et l’aide aux organisations dans la gestion des changements (formation, management, stratégie de développement…).
Les participants
Fabiola LATCHIMY PECAULT- conseillère VAE en Point Relais Conseil à l’Etang Salé; Dany JUSTINE - conseiller à Proxima; Sabrina TRIVY - attachée technique à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, référent et accompagnateur; Vanessa MARC - formatrice des accompagnateurs et des jurys pour les diplômes de l’animation, du sport, du social et paramédical; Sylviane ZIMMER - consultante à l’Afpar pilote d’une cellule technique de validation pour les diplômes techniques du ministère chargé de l’Emploi; Egine DIJOUX - régulièrement sollicitée comme jury VAE pour le titre de conseiller en insertion professionnelle; Jean-Claude BONNET - inspecteur d’académie et inspecteur pédagogique régional en charge des enseignants d’économie et gestion, responsable de la certification pour les bacs technologiques et les BTS tertiaires, souvent président de jury VAE.
Le débat
Dany JUSTINE :
Les candidats sont orientés vers nous par les SAO ou viennent de leur propre initiative. Notre rôle est de les aider à comprendre les différentes étapes du parcours qu’ils vont entreprendre et de leur donner les outils nécessaires puis de les orienter vers le service valideur. Nous menons avec eux une analyse approfondie de leur situation professionnelle qui les amènera à choisir une ou plusieurs certification(s) (maximum trois, à condition qu’elles ne soient pas dans le même registre de niveau auprès du même certificateur).
Cécile THOMAS : Cela ne doit pas être facile du tout pour l’usager de s’y retrouver dans toutes les certifications possibles!
Dany JUSTINE : Effectivement, d’autant qu’on a souvent des candidats qui ont des activités soit très spécifiques, soit très polyvalentes. Quelques-uns arrivent avec une idée préconçue et nous devons vérifier sa faisabilité.
Sabrina TRIVY : La Chambre de métiers est organisme valideur depuis 2006 pour les titres du niveau IV (BTM) au niveau III (bac +2). La Chambre de métiers est devenue Université Régionale des Métiers de l’Artisanat depuis l’année dernière. Notre public, ce sont essentiellement les artisans qui ont une pratique et une compétence mais la plupart n’ont pas de diplôme. Les salariés font plus rarement appel à nous. La phase d’information-conseil est très importante, il faut expliquer qu’il ne suffit pas de déposer un dossier, c’est tout un parcours… Nous mettons ensuite en place un contrat d’accompagnement pour les candidats qui restent toujours acteurs de leur dossier. Nous constatons qu’il y a beaucoup de difficultés pour eux à verbaliser leur expérience et le temps d’accompagnement est souvent dépassé. Pour la validation, nous formons nous-mêmes nos jurys, l’entretien avec le candidat est obligatoire, une mise en situation peut être demandée. Le coût de la démarche de VAE est assez élevé pour le candidat et il faudrait envisager une prise en charge, au moins partielle. Le chèque VAE annoncé par M. GRONDIN serait donc une bonne chose pour les salariés et les demandeurs d’emploi.
Cécile THOMAS : Vous insistez sur le fait que le candidat reste acteur de son dossier, est-ce que c’est bien perçu par lui?
Sabrina TRIVY :
C’est un point très important, il faut que le candidat comprenne que l’accompagnement est une aide méthodologique mais qu’en aucun cas nous n’allons faire le dossier à sa place. Vanessa MARC : Toujours sur l’accompagnement, je voudrais aborder la question de la méthodologie et celle de la posture de l’accompagnateur. La méthode d’accompagnement vise à faciliter la mise en mots du vécu du candidat. Il doit d’abord y avoir reconnaissance par le candidat lui-même de ses acquis. Or, nous n’avons pas une culture de la capitalisation des acquis tout au long de la vie d’où la difficulté du choix d’une méthode par l’accompagnateur. Sollicité par le candidat qui veut produire un « bon dossier », l’accompagnateur devient un médiateur entre l’expérience du candidat et le référentiel. Il va toujours se demander jusqu’où il peut intervenir dans la formalisation des acquis sans risquer d’induire sa propre expérience dans le dossier, voire de modifier celle du candidat pour qu’il se conforme à des critères de réussite….
Cécile THOMAS : C’est toute la difficulté de faire rentrer des parcours dans des cases!
Vanessa MARC : C’est d’autant plus difficile quand la réussite du candidat est un critère d’évaluation de la compétence de l’accompagnateur. Cela soulève la question de la professionnalisation de la fonction d’accompagnateur en VAE.
Sylviane ZIMMER : Pour la validation des titres professionnels du ministère chargé de l’Emploi, existent des spécificités. Outre la présentation d’un dossier d’analyse de la pratique professionnelle, le candidat VAE démontre ses compétences face au jury à l’occasion d’une mise en situation professionnelle nommée épreuve de synthèse. Ainsi pour l’accompagnement VAE pour ces certifications, le candidat rencontrera deux types d’accompagnateurs:
• les formateurs de la spécialité qui familiarisent le candidat VAE avec le plateau technique où se déroulera la mise en situation professionnelle,
• les psychologues du travail ou consultants qui apportent une aide méthodologique pour l’analyse de l’expérience pour renseigner le dossier et préparer l’entretien avec le jury.
Les compétences professionnelles sont de savoir agir et réagir dans des situations professionnelles complexes. Elles sont mobilisées dans le but de réaliser des activités et sont guidées par une intentionnalité. Les freins à la verbalisation d’un acte professionnel sont réels pour les candidats quelque soit leur niveau. Aussi, la professionnalisation des accompagnateurs a été d’apprendre à questionner quelqu’un sur ce qu’il a fait, juste pour comprendre la cohérence de l’action, et sans projeter sa propre subjectivité . Elle a porté sur les techniques d’entretien et d’explicitation qui nécessitent un réel apprentissage et de créer une alliance de travail. L’objectif est atteint lorsque le candidat VAE prend conscience et redécouvre ce qu’il a fait dans la situation et quand il va au-delà des évidences et redécouvre sa logique d’action et surtout son point de vue de professionnel. Les axes de progrès à développer pour améliorer ce dispositif VAE : développer les opportunités pour les candidats qui ne seront validés que partiellement pour lui permettre d’acquérir les compétences manquantes en facilitant des allers retours emploi formation dans l’esprit de la loi de la formation tout au long de la vie.
Egine DIJOUX : Le jury se compose de deux personnes. Il étudie le dossier du candidat en relation avec le référentiel, participe à une mise en situation professionnelle du candidat et s’entretient avec lui. L’attitude du membre du jury doit être neutre, bienveillante et faciliter l’expression des compétences du candidat. Il doit avoir du recul par rapport à sa propre pratique qui peut être différente de celle du candidat. La mise en situation se fait en général sur le lieu de travail du candidat. Dans le cas des conseillers en insertion professionnelle qui ont un entretien réel avec un tiers, le candidat peut ne pas être très à l’aise, tout comme le jury d’ailleurs. Il y a ensuite un débriefing. L’entretien final est un moment d’échange qui évoque le parcours professionnel du candidat avec ses points forts et ses axes de progrès. Vient ensuite la délibération.
Cécile THOMAS : Comment devient-on jury ? Egine DIJOUX : J’étais formatrice de conseiller en insertion professionnelle et, assez naturellement, on m’a sollicitée.
Jean-Claude BONNET : Le parcours des candidats est souvent très complexe et très long et les membres du jury doivent bien comprendre que les personnes qu’ils ont en face d’eux ne sont pas des étudiants ou des élèves. Chez nous, le jury est composé de trois enseignants spécialement formés et au moins un professionnel. Le référentiel n’est pas celui qu’on utilise pour les étudiants mais un référentiel beaucoup plus général adapté au contexte professionnel. L’audition des candidats n’est pas obligatoire mais à La Réunion, nous avons décidé d’auditer tous les candidats au BTS. En effet, le dossier fourni par le candidat est déclaratif et le candidat peut avoir été largement aidé par quelqu’un d’autre. Il s’avère que certains candidats ont un dossier peaufiné mais ne sont pas à même de répondre aux questions du jury tandis que d’autres, avec un dossier médiocre, se révèlent à l’entretien. Les motivations du candidat à la VAE sont très diverses et le jury n’a pas à les demander. Il ne doit pas non plus « faire du social », même face à des situations difficiles. Il s’agit uniquement de la reconnaissance de compétences professionnelles acquises. Le jury peut décider la validation totale, ne rien valider ou valider de façon partielle. Quand il n’y a pas validation c’est souvent que le candidat s’est fourvoyé, son dossier relevant plutôt du bac pro que du BTS et le jury doit le dire au candidat. En cas de validation d’une seule unité de valeur, il y a le plus souvent abandon. En revanche quand 3 ou 4 unités de valeur sur 6 sont obtenues, le candidat est encouragé. Il serait bon d’avoir un suivi de ces personnes qui ont eu une validation partielle et de leur proposer des formations complémentaires.
Dany JUSTINE : Après la délibération des jurys nous reprenons contact avec l’ensemble des candidats, y compris ceux qui ne sont pas passés devant le jury. Nous voyons avec eux ce qu’ils pourraient faire, en leur montrant que, de toute façon, ils ont acquis une nouvelle compétence, celle de pouvoir mieux expliquer leur activité.
André CHAUVET : Ces échanges montrent bien l’investissement exceptionnel des acteurs de la VAE. Ils rappellent aussi le problème bien connu de la lisibilité du dispositif et le risque de désengagement de l’usager. Mais je ne crois pas que la simplification soit possible. Il nous faut simplement trouver des amortisseurs de la complexité. L’autre problème est la non-automacité de la certification qui peut dérouter l’usager. Par ailleurs, apprécier une expérience individuelle à la lumière d’un référentiel reste une démarche difficile. Il y aura toujours de la subjectivité qui peut générer de l’opacité aux yeux de l’usager. Il nous faut, d’une manière générale, progresser collectivement dans la capitalisation des savoirs pour réduire l’épaisseur de la subjectivité. Actuellement, si vous demandez à un maçon comment il monte un mur votre question lui paraît totalement aberrante alors qu’il ne travaille pas au hasard, il obéit à des règles mais elles ne sont pas formalisées.
TABLE RONDE 2 - Le regard de l’entreprise sur la VAE

Objectifs
Pour l’entreprise comme pour les salariés, la VAE représente un véritable enjeu, si elle s’inscrit dans un projet collectif d’entreprise et dans une dynamique territoriale. Une étude conduite au mois de juin dernier sur l’île de La Réunion auprès de dirigeants d’entreprises et de structures d’accompagnement des entreprises confirme ces hypothèses:
• la VAE répond à un besoin des salariés;
• la VAE constitue un axe stratégique de développement pour les dirigeants d’entreprise qui ont une sensibilité RH;
• la VAE accompagne l’émergence du dialogue social;
• la VAE, à l’initiative de l’entreprise, peut être couplée à une démarche de GPEC;
• la VAE s’inscrit dans la sécurisation des parcours professionnels.
Quels gains pour l’entreprise et quels leviers à utiliser pour s’inscrire dans une relation gagnant/gagnant entre salariés et entreprises? Suite...
TABLE RONDE 3 - La VAE comme outil de sécurisation des parcours
Objectifs
Avant la parution de la Loi de Modernisation sociale du 17 janvier 2002, 60% de la population active à La Réunion ne possédaient pas le premier niveau de certification (30% en métropole). Dix ans après, ce taux de non certifié a diminué de plus de 20 points à La Réunion comme en métropole.
Pour les publics de premier niveau de qualification, la non maîtrise de compétences clés représente encore aujourd’hui un obstacle à leur insertion ou à leur maintien dans l’emploi. Pour l’entreprise, le développement des compétences de ses salariés est également un enjeu de maintien dans l’emploi et de développement de sa compétitivité. Comment apporter aux entreprises et aux salariés des réponses innovantes et efficaces en termes de sécurisation des parcours?
Télécharger Les Actes du séminaire "Les 10 ans de la VAE".

31 October 2012 was held at the Village Welcome Sainte-Marie, the seminar on "10 years of VAE 2002-2012." Following this event, the CRIS VAE (cell inter-regional services to the validation of acquired experience) presents the proceedings of the seminar. As part of the training throughout life, VAE, established by the Social Modernization Law promulgated on 17 January 2002, is an individual right. VAE allows any candidate to acquire a certification audit and evaluation of professional experience. More...