Les appreneuriales : je pense donc j'agis !Les appreneuriales: je pense donc j'agis! M. Baslé, J-M Dubois, G. Podevin, CREM - Centre de recherche en économie et managementés, université de Rennes 1. Centre associé régional Céreq de Rennes. Net.Doc, n° 108, 2013, 96 p.
Cette expérimentation, portée par l'université de Bretagne Sud, a pour objectif de proposer des formations en alternance dans des domaines de l'enseignement supérieur où il y en a peu ou pas. Il s'agit plus précisément de développer une méthodologie de l’alternance pour les jeunes et les adultes en reprise d’études dans les filières Langues, lettres et sciences humaines et Activités physiques et sportives. L'évaluation comporte deux phases: l'une d'observation de la mise en place de la gouvernance du projet, l'autre d'analyse des représentations qu'ont les étudiants de l'alternance et les facteurs qui contribuent à influencer ces représentations avant et après la mise en place du projet. Télécharger la publication.
Contact projet: Mme Claire Sallic, Directrice du Service de Formation Continue. Tél: 02 97 87 11 30. Claire.sallic@univ-ubs.fr; Mme Roseline Le Squère, Responsable du Bureau Recherche Action Vecteur d’Innovation Européenne, Service de Formation Continue. Tél: 02 97 87 11 36. Roseline.le-squere@univ-ubs.fr.
INTRODUCTION GENERALE

L‘expérimentation du dispositif « les appreneuriales: je pense donc j’agis! », portée par le Service de Formation Continue (SFC) de l’Université de Bretagne Sud (UBS) Lorient s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets n°1 lancé en 2009 par le Ministère chargé de la jeunesse et financé par le Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse (FEJ).
Dans son rapport « De l’Université à l’emploi » (2006) remis au 1er ministre, Patrick Hetzel avait insisté sur la nécessité pour les universités de rapprocher durablement formation et emploi et d’accroitre « l’employabilité » des étudiants. Le dispositif « les appreneuriales » s’inscrit dans ce cadre et vise plus particulièrement « à se saisir des besoins d’évolutions sociétales en matière de formation et à mettre en place de véritables dispositifs de « fertilisation croisée » entre la formation continue et le formation initiale dans des domaines où il y a peu ou pas de formation en alternance ». C’est sans doute cette spécificité qui a mérité l’éligibilité au FEJ. C’est ainsi que, de manière innovante, 2 territoires d’expérimentation différents par leur contexte et leurs caractéristiques ont été choisis : les Langues, Lettres, Sciences Humaines et Sociales (LLSHS) à l’UBS et les Activités physiques et sportives (APS) à l’Université de Rennes 2 (UR2).
L’expérimentation du dispositif « les appreneuriales » a été construite en intégrant un protocole d’évaluation dès sa conception. Conformément aux orientations fournies par le Conseil scientifique du FEJ, l’évaluateur s’est engagé à mettre en oeuvre les moyens de faire apparaitre des preuves et démonstrations de l’efficacité ou non des actions mises en place par les 2 universités en faveur de l’insertion professionnelle de ses étudiants.
Rappelons qu’une évaluation rigoureuse doit permettre sur des bases informées:
- de se prononcer sur l’efficacité du dispositif, c’est-à-dire sur sa capacité à atteindre ses objectifs;
- d’identifier les effets propres du dispositif expérimental;
- d’envisager les critères d’amélioration;
- d’éclairer sur le caractère généralisable et les conditions de mise en place à plus large échelle d’un dispositif qui s’avèrerait efficace.
Mais les objectifs ont considérablement changé et l’évaluateur n’a pu que suivre le glissement vers un objectif moins ambitieux. Il s’est ainsi tourné vers les réalisations effectives et la mesure des effets de ces réalisations sur les représentations des étudiants et notamment sur leur manière d’appréhender l’alternance, le marché du travail et leur entrée dans la vie active. Les outils ont été l’observation, l’enquête et les recoupements d’informations. Des enquêtes ont ainsi été diffusées auprès des étudiants à différents moments de l’expérimentation afin de tester leurs représentations de l’alternance. Ces enquêtes ont été complétées par de nombreux entretiens organisés avec l’ensemble des parties prenantes du projet (porteurs, enseignants, professionnels, étudiants).
L’évaluation a permis d’observer le projet à différents niveaux (organisationnel, pédagogique,…) dont la logique et la cohérence sont assurées par les Services de Formation Continue (SFC) des deux universités.
Le présent rapport d’évaluation se décompose en deux parties, la première est consacrée à l’observation de la mise en place du dispositif expérimental, la seconde aux résultats de l’évaluation. Le récit de l’expérimentation, dans un premier temps, est illustré par les différentes observations et constats réalisés au cours de l’évaluation. Les résultats de l’évaluation, présentés dans un second temps, démontrent que le dispositif s’est constamment adapté aux difficultés rencontrées et au contexte particulier. Il a ainsi permis, sous l’impulsion des SFC, de mettre en place des réalisations innovantes et de mobiliser de nouveaux acteurs. Les effets des outils déployés ne sont pour l’heure guère observables alors que leur mise en oeuvre est en revanche un des premiers résultats de cette expérimentation. Comme dans toute situation de changement, l’adhésion des acteurs et plus encore l’usage qu’ils font des nouveaux outils nécessitera un temps d’appropriation, qui se poursuit.
Conclusion générale

En résumé, le dispositif « les appreneuriales » s’est avéré évolutif en s’adaptant régulièrement aux difficultés rencontrées et au contexte particulier de l’Université. Il a ainsi permis, sous l’impulsion des SFC, de mettre en place des réalisations innovantes et de mobiliser de nouveaux acteurs.
Dans cette expérimentation, on a observé une triple évolution qui a concerné aussi bien les objectifs et leur mise en arborescence (arbres des objectifs), les acteurs constitutifs de ce projet dont le nombre, le poids, et les interactions (le sociogramme des acteurs) ont été modifiés sur la durée, et enfin les bénéficiaires avec l’apparition de nouveaux publics non prévus au démarrage.
Une des dimensions du projet, dans sa conception même, reposait sur des transferts internes à partir de compétences et d’expériences sur des pratiques d’alternance de certains acteurs embarqués dans le projet (IUT et Rennes 2). Ces transferts se sont révélés inadéquats (trop en référence aux modes statutaires de l’alternance) ou ont pu être ignorés ou sous utilisés (avec la filière STAPS de Rennes 2).
Le choix des filières LLSHS et STAPS pour un projet sur l’alternance était ambitieux, voire audacieux, puisque par « nature » ces filières se prêtent mal aux échanges formatifs entre situations de travail et cursus général académique. Cette ambition n’a pu réellement aboutir puisqu’il a fallu revenir à la fois sur le concept même d’alternance, et sur les publics cibles.
Dans la version standard de l’alternance, les professionnels et enseignants coopèrent étroitement, échangent sur leur pratique, ajustent leur contributions à la formation, accompagnent en complémentarité les étudiants. Il a fallu pour les SFC sans cesse s’adapter, réorienter l’action en fonction des circonstances, des difficultés rencontrées, et élaborer de nouvelles réalisations en mesure de mobiliser de nouveaux acteurs.
A l’UBS, des stages courts sous forme de missions en entreprises pour une sensibilisation à ses modes de socialisation et à ses formes de mobilisation du travail ont été mis en place. Stages de découverte en quelque sorte, plutôt que période alternée venant enrichir les apprentissages fondamentaux de l’Université. Il y a eu réorientation aussi dans le choix des publics visés, afin d’en élargir l’assiette des volontaires potentiels pour ces stages de découverte. C’est ainsi que d’étudiants de Lettres, on est passé aux étudiants de langues et d’action sociale et management. Le choix des structures d’accueil pour les stages des étudiants, est resté très restreint. Il y a eu une polarisation sur des entreprises du secteur de l’ESS qui, par éthique de solidarité, se sont fait le « devoir » de proposer des missions courtes (animation forum, enquêtes quartier, communication, …) sans intention de proposer ensuite de possibles opportunités d’embauches (alors qu’en général près de la moitié des alternants seront recrutés dans les entreprises d’accueil….). Rester enfermé dans ce secteur est donc un risque, celui d’une spécialisation et d’une connaissance limitée du monde productif, qui plus est sur un domaine d’activité aux conditions d’emploi très spécifiques, aux frontières du bénévolat et du militantisme…. Ouvrir l’horizon économique à d’autres secteurs est important. Cela a été tenté (via des OPCA notamment) mais sans aboutir pour l’instant. Plus largement, c’est à un déplacement d’ensemble du centre de gravité du projet, allant d’intentions d’actions - pouvant s’apparenter à une forme d’alternance renouvelée (mais pour tout dire « light ») - vers de la communication sur les conditions favorables pour réussir une bonne insertion professionnelle après l’université (avec forum, témoignages, outils d’aide à la recherche d’emploi…), et en allant aussi vers d’autres publics (notamment les élèves des lycées).
A l’UR2, la démarche semble s’être rapprochée davantage de la conception standard de l’alternance: banalisation de 2 jours de semaine désormais consacrés au stage (rythme perlé), augmentation sensible du nombre d’heures de stages, mise en place d’ateliers de tutorat, intervention de professionnels en cours, etc. L’effort doit malgré tout se poursuivre à différents niveaux: « opérationnalité » des enseignements universitaires, échanges de pratiques entre université et entreprise, échanges entre enseignants et professionnels.
L’accompagnement pédagogique des étudiants bénéficiaires constitue une des principales réalisations du dispositif (recherche de stage, aide à la rédaction de CV et de lettres de motivation, mise à disposition de fiches de suivi, etc.). Cet accompagnement ayant été effectué dans sa totalité par les équipes recrutées grâce aux moyens financiers mis à disposition par le FEJ, la question se pose des moyens qui demeureront à la sortie de l’expérimentation, considérablement plus faibles semble t-il, et alors que l’on cherche à étendre le projet à plus d’étudiants, et alors que les enseignants ont quelques difficultés à s’en saisir.
Rappelons enfin que le rôle des enseignants est apparu central dans la professionnalisation de leurs formations. Il semble nécessaire qu’ils soient pleinement associés dès l’élaboration d’un tel projet. Dans le cas contraire, leur « résistance au changement » pourrait constituer une barrière difficilement surmontable.
Le caractère changeant du programme a conduit à l’adaptation des outils d’évaluation. Cette adaptation en continu peut être perçue comme une caractéristique positive marquant la compétence d’acteurs à reconnaitre les « défauts » d’une conception imprécise au démarrage et les risques d’enfermement dans des plans d’actions inadaptés. Inversement, cette ingéniosité locale ne garantit pas la transférabilité de l’expérimentation dans un autre contexte d’expérimentation. Les conditions pouvant permettre de formuler un avis sur la transférabilité n’ont pas été clairement réunies.
ANNEXE 2: Liste des variables/indicateurs choisis par l’évaluateur (extraits des questionnaires t0 et t1)
1) Les stages et expériences professionnelles

- Avez-vous déjà fait des stages dans le cadre de vos études? Jamais, 1 ou 2 fois, 3 ou 4 fois, 5 fois ou plus.
- En dehors de vos stages, avez-vous rencontré des professionnels de votre spécialité de Master dans le cadre de visites d’entreprises/forums/cours/conférences/projets tutorés/réseaux sociaux/relations personnelles? Oui/non
- Avez-vous déjà eu des activités salariés par le passé? emploi saisonnier, emploi régulier, non
- Considérez-vous votre formation actuelle comme professionnalisante? Oui/Non
2) L’alternance à l’Université

- L’alternance à l’Université, selon vous, c’est: Mettre en pratique sur le terrain des connaissances acquises à l’université/Préparer un diplôme et acquérir une expérience professionnelle en même temps/Un moyen de trouver plus facilement un métier correspondant à mes compétences/L’idéal pour être rémunéré pendant sa formation/Une formation réservée aux moins bons élèves/Un moyen d’avoir moins de cours théoriques
- Quelle différence faites-vous entre un stagiaire et un « alternant » (un étudiant qui alterne
les cours et les périodes en entreprise)? Aucune. Ils sont tous les deux « exploités » par les entreprises/L’ « alternant » est mieux rémunéré que le stagiaire/L’ « alternant » est un vrai professionnel tandis que le stagiaire est un faux professionnel/Aucune idée
- Considérez-vous qu’il y ait un manque de communication sur l’offre de formations en alternance à l’université (notamment lors du choix d’orientation en Terminale)? Oui/Non
- Savez-vous s’il existe des formations en alternance au sein de votre UFR? Oui/Non
- Pensez-vous que les formations en alternance doivent être réservées à certains types de métiers? Oui/Non
- Pensez-vous qu’il soit possible de mettre en place des formations en alternance dans votre filière? Oui/Non
- A quel(s) moment(s) de votre cursus souhaiteriez-vous que l’alternance soit mise en place ? L1/L2/L3/M1/M2
A quel(s) rythme(s) souhaiteriez-vous que l’alternance soit mise en place? 3 jours à l’université/2 jours en entreprise, 2 jours à l’université/3 jours en entreprise, 1 semaine à l’université/3 semaines en entreprise, 3 semaines à l’université/1 semaine en entreprise, 1 mois à l’université/1 mois en entreprise, Pendant les vacances scolaires uniquement, Le soir hors périodes de cours, Entre 3 et 6 mois en fin d’année
- L’alternance doit-elle être accompagnée d’une implication forte des enseignants? Oui/Non
- L’alternance doit-elle être accompagnée d’une implication forte des professionnels? Oui/Non
- L’alternance doit-elle être accompagnée d’une implication forte des anciens diplômés? Oui/Non
- Connaissez-vous le Service de Formation Continue de votre université? Oui/Non
3) Votre parcours universitaire

- Baccalauréat: spécialité, année d’obtention, ville d’obtention
- A votre entrée à l’université, pourquoi aviez-vous choisi cette filière? Parce que j’aimais le sport/Parce que les cursus proposés m’intéressaient/Parce que cela correspondait au métier que je visais/Parce que je souhaitais passer les concours (CAPES, professorat des écoles…)/Parce que je n’avais pas d’autre idée de formation
- A votre entrée à l’université, aviez-vous un projet professionnel précis? Oui/Non
- En avez-vous un aujourd’hui? Oui/Non
- Avez-vous changé d’orientation à l’université? Oui/Non
- Quel(s) diplôme(s) de l’enseignement supérieur avez-vous obtenu depuis votre baccalauréat? BTS, DUT, DEUST, licence générale, autre diplôme.
- Après l’obtention de votre licence, vous envisagez de: Chercher du travail/Faire une autre licence/Poursuivre vos études vers un master/Passer un concours/Partir à l’étranger
4) Informations complémentaires

- Quel est l’intitulé exact de votre licence?
- Votre régime d’inscription: formation initiale/continue
- Bénéficiez-vous d’une bourse de l’enseignement supérieur? Oui/Non
- Votre nationalité:
- Votre année de naissance:
- Votre sexe:

Les appreneuriales : je pense donc j'agis ! The appreneuriales: I think therefore I act! Mr. Baslé, JM Dubois, G. Podevin, CREM - Centre for Research in Economics and managementés, University of Rennes 1. Associate Regional Centre Céreq Rennes. Net.Doc, No. 108, 2013, 96 p.
This experiment, carried by the University of South Brittany, aims to provide training in alternating areas of higher education where there is little or no. It is specifically to develop a methodology for young persons and adults returning to education in courses Languages, Humanities and Physical and sports activities. The assessment has two parts: observation implementing project governance, the other analytical representations of students to alternation and the factors that influence these representations before and after the establishment of the draft. More...