http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/image/Vers_de_nouveaux_campus/90/6/couv_240906.jpgCe guide présente un certain nombre de projets symbolisant la mutation des campus actuels en véritables lieux de vie, intégrés dans leur territoire. Ces initiatives repensent la vie étudiante, et proposent de valoriser le paysage des campus en s'appuyant sur le potentiel architectural urbain. Télécharger le Guide "Vers de nouveaux campus". Feuilleter le Guide "Vers de nouveaux campus".
Avant-Propos: Des Campus qui recomposent la ville

Le Président de la République a fait de la jeunesse une priorité. travailler à la réussite des jeunes, élever le niveau de formation de toute une classe d’âge, accompagner un parcours de réussite, quelle que soit la filière: ces objectifs sont au coeur des missions du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est essentiel que notre jeunesse entretienne une relation positive avec la science et les technologies, fasse l’apprentissage des démarches intellectuelles, de la découverte et de l’invention. Pour y parvenir, les étudiants doivent pouvoir bénéficier d’un environnement le plus favorable possible. Aujourd’hui, l’accès au logement, à la culture, aux soins, aux activités sportives, associatives est notoirement insuffisant. Pour y remédier, il faut aménager, réhabiliter, des campus qui soient de véritables lieux de vie, bien intégrés dans leur territoire, ouverts sur leur écosystème. Les collectivités territoriales, trop souvent mises à l’écart au cours de ces dernières années, s’engagent à nouveau, aux côtés de l’État et des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dans des projets d’aménagement durable. Logements étudiants (40 000 sont prévus dans le quinquennat), centres de documentation, équipements sportifs, musées de la science, désenclavement des sites universitaires et de recherche, efficacité énergétique des bâtiments, sobriété énergétiques, trames vertes, etc.: tous les projets présentés dans cet ouvrage participent de cette mutation des campus actuels en véritables lieux de vie. Certains évoquent les villes campus ou les nouveaux laboratoires de la ville de demain. Je m’engage à accompagner ces initiatives, qui conjuguent créativité, développement durable, diversité, décloisonnement et qui favorisent à la fois le lien social et le rayonnement des territoires ainsi dynamisés. Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Suite...
Le coeur de Campus d'Aix-en-Provence, Christophe Bienvenu
Le campus « quartier Des facultés »

Ici, pas de problème d’éloignement urbain: le campus, en plein quartier résidentiel, est à 10 minutes du célèbre Cours Mirabeau. Riches d’un passé historique exceptionnel, les 150 000 habitants d’Aix-en-Provence ont conscience de l’atout que représente pour leur ville la présence de 40 000 étudiants, enseignants et personnel universitaire, la qualité des formations dispensées et des équipes de recherche de tout premier plan au niveau international. Malgré cela, on constate depuis quelques années le reflux de nombreuses filières et, comme ailleurs, nombre d’étudiants diplômés peinent à trouver un emploi qualifié qui corresponde avec leur niveau d’études.
Quels sont les freins au développement de la vie du campus « quartier des Facultés »?

A Aix, les étudiants doivent faire face au prix élevé des loyers, à l’insuffisance de l’offre locative et aux carences du réseau de transports en commun. Ces difficultés sont à l’origine de nombreux abandons ou échecs, d’un manque d’assiduité aux cours. Ajoutez à cela des bâtiments surutilisés – donc délabrés –, des espaces extérieurs qui se sont peu à peu transformés en parkings et une grille qui divise le campus en deux zones étanches, cristallisant des oppositions politiques d’un autre temps, et vous avez la mesure du problème de ce site universitaire.
Suite à l’appel à projet lancé par l’État en 2008, les universités, le Crous et les collectivités ont élaboré un programme cohérent qui tient compte de l’ensemble de ces paramètres: l’offre en transports en commun et en logement étudiants; la construction et la rénovation de bâtiments et l’aménagement des espaces extérieurs. quant à la vie de campus, elle sera traitée grâce à la rénovation des locaux sportifs et à la construction d’un « coeur de campus ».
Comme bon nombre d’expressions à la mode, « coeur de campus » est une notion assez floue et, lors des ateliers de préprogrammation du premier semestre 2010, nous avons pu constater que chacun avait imaginé le lieu à l’aune de ses inclinations personnelles. S’il était clair pour tous que le bâtiment devait devenir le moteur de la future vie de campus, il y avait quant à sa réalisation autant de formes que d’interlocuteurs. Faudra-t-il aménager un espace de services et de commerces de luxe avec restaurant à thème, alors qu’il en existe déjà dans le centre ville? Créer une MJC autogérée? Un foyer offrant des loisirs, des jeux en lignes, des salles de billards, etc.? L’équipe de site et les chargés de mission Campus écoutaient, notaient, discutaient, sans pour autant trouver une idée qui ferait la différence. L’enjeu était perçu par tous comme important, mais aucune ligne directrice n’arrivait à s’imposer…
Parallèlement aux études de préprogrammation et afin de préparer la procédure des contrats de partenariats, des études de marché avaient été lancées sur les thèmes suivants: espaces de colloque, restauration, logements, parking et crèche. Il s’agissait notamment de savoir si le coeur de campus pouvait accueillir des équipements susceptibles de dégager des recettes annexes en répondant à certains besoins de la ville, dans une logique d’intégration urbaine, d’échange et de mixité. Le résultat de ces études n’était pas encore disponible lorsque le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a demandé à chaque directeur de projet de mettre en place deux « ateliers Campus », l’un sur les questions d’aménagement de site, l’autre sur la vie de campus, en prenant appui sur un comité d’orientation stratégique (COS) regroupant des experts de divers horizons.
Avec l’équipe projet, nous avions identifié quelques pistes de réflexion, allant de la création de services à la visibilité de l’université, en passant par les futures méthodes pédagogiques, mais il nous fallait désormais avancer. Nous avons regroupé les pistes de réflexion en 3 thèmes:
– institution : perméabilité aux riverains, nouveaux partenariats, visibilité de l’université, gestion des pics d’activité;
– enseignement et recherche : parcours de formation, méthodes pédagogiques, hauts lieux de recherche;
– vie de campus: qualité de vie, vie culturelle, développement durable et services à proposer. Le lancement du premier atelier campus, pour lequel le nom et la personnalité de Danièle Hervieu-Léger – sociologue, ancienne directrice de l’EHESS et membre du COS – s’est immédiatement imposé, a permis de passer à la phase concrète du projet.
La naissance d’un projet

Le 23 juin 2010, nous sommes attablés en compagnie de Hervé Isar, professeur d’université spécialisé dans le droit des communications électroniques, et de Bernard Coupet, professeur d’université spécialisé dans l’analyse mathématique, tous deux vice-présidents de leur université respective. J’assiste alors à une discussion passionnante au cours de laquelle la sociologue, le juriste et le mathématicien évoquent les innombrables passerelles entre leurs disciplines.
Au cours de l’après-midi, des universitaires de tous âges et de toutes disciplines participent à l’atelier campus. Tout d’abord désorientés par la complexité de la tâche, ils comprennent assez vite la proposition qui leur était faite: créer un modèle de vie sur le campus. Une fois les stéréotypes évacués, la question de fond peut être abordée: comment donner du sens aux enseignements dispensés par l’université?
Un lieu de professionnalisation

Un coeur de campus s’est alors dessiné: résolument orienté vers la ville, ouvert à des publics nouveaux, offrant à l’université un rayonnement à travers tout le territoire, tourné vers la professionnalisation avec des espaces dédiés à une pépinière d’entreprises, à but lucratif ou non. S’est alors esquissée une « Maison du droit » où les étudiants de master pourraient donner aux étudiants en arts des conseils sur la propriété intellectuelle, des stages multimédias dans lesquels les étudiants en audiovisuel pourraient apprendre aux étudiants en anthropologie à monter une thèse vidéo, où seraient organisés des ateliers d’écriture où les étudiants en lettres et en droit pourraient dispenser leurs connaissances aux personnes en difficulté, des stages d’expression orale et corporelle où les étudiants en psychologie pourraient conseiller les chercheurs d’emploi, des ateliers de rédaction de Cv et de lettres de motivation, etc. Ce nouvel espace, dans lequel les étudiants apprendraient en faisant, les aiderait à prendre leur avenir en main.
De ce premier contenu, cet espace s’est étendu à l’apprentissage des langues et des cultures, à l’offre de formation continue et s’est ouvert à l’université du temps libre dont l’ambition est de préparer une transition vers l’université tout au long de la vie. En relation directe avec ces objectifs, l’idée d’un espace de valorisation de la recherche (tous secteurs confondus, y compris scientifiques) et d’un espace destiné aux colloques permettant aux acteurs du monde de l’entreprise d’interagir avec le monde universitaire est avancée. Eurocopter, par exemple, travaille déjà avec l’iut et pourrait être intéressé par des cours de culture étrangère destinés à ses ingénieurs et à ses commerciaux. L’université pourrait redevenir, aux yeux de tous, le lieu de référence du savoir. Le savoir-faire est là, il faut le faire savoir.
Un lieu de production culturelle

L’aspect culturel est décliné selon le même concept fédérateur de la professionnalisation. L’université accueille en ses murs le théâtre Vitez, théâtre associatif en lien avec d’autres salles aixoises, dont le Grand théâtre de Provence. Ainsi, les étudiants en art du spectacle bénéficient déjà d’une passerelle ouverte sur le monde professionnel. Ce théâtre pourrait être mis en valeur dans une salle polyvalente de 350 places (avec un traitement acoustique adéquat), disposer de locaux aux normes et d’un traitement de scène et de salle améliorés. Conçu comme la « locomotive » culturelle de ce lieu, cet espace pourrait également être utilisé comme salle de colloque en journée, d’autres salles de répétition étant à la disposition des acteurs. Ce lieu pourrait aussi, indépendamment du reste du site, être ouvert en soirée.
Un Dispositif architectural et urbain

Du bâtiment « coeur de campus » initial, le dispositif s’est alors étendu sur les espaces extérieurs. il a pris de l’ampleur, gagné en cohérence et s’est emparé des bâtiments voisins.
Cinq espaces se sont alors dessinés:

– le bâtiment actuellement utilisé par la bibliothèque universitaire;
– le bâtiment « Porte » qui parachève le projet de façade urbaine de l’université conçue par l’architecte Feichtinger et qui accueillera les formations spécifiques en langues et en art;
– le bâtiment « L », qui hébergera les services destinés aux étudiants;
– la « place de la culture », dispositif de théâtralisation des étudiants et des usagers du campus où, grâce à l’installation de mobiliers urbains à inventer, chacun pourra travailler, échanger et créer en plein air;
– le « parking silo » excentré, en accès direct, qui permettra de faire disparaître la voiture du paysage et de libérer les artères alimentant le coeur de campus.
Un tel coeur de campus devra évidemment s’entourer d’une équipe de manager de haut niveau qui sauront maintenir le cap et réaliser les objectifs premiers: aider les étudiants et les riverains à trouver sur le campus les conditions favorables à leur épanouissement.
Le soleil était encore haut quand j’ai raccompagné Danièle Hervieu-Léger à la gare. Grâce à son aide, nous avons créé un modèle unique, mais encore virtuel. il faudra encore attendre plusieurs mois – le résultat des études de marché, les chiffrages des travaux et la validation de toutes les instances de décision – pour que ce « coeur de campus », né dans un atelier, se mette à battre.
.Un nouveau schéma de déplacement à Marseille-Luminy, Nathalie Jauny et Bertrand Mallet
Vers un désenclavement du campus

Le campus universitaire de Luminy, conçu il y a 50 ans, se situe au pied du mont Puget, à une heure à pied du bord de mer, sur un domaine protégé d’une centaine d’hectares qui va du massif des calanques jusqu’aux abords de Cassis.
Dans les mois à venir, le campus de Luminy deviendra le seul site universitaire inscrit tout entier au sein du parc national des Calanques, situation que ne contredisent nullement les perspectives de développement de ce site. En effet, plusieurs thématiques qui lui sont propres sont en lien étroit avec la préservation des milieux naturels, notamment le laboratoire d’océanologie marine dont le bâtiment emblématique sera construit dans le cadre de l’Opération Campus. Cette opération, loin de négliger ce patrimoine national d’exception, contribue à sa valorisation par un programme de constructions raisonnées destiné à faire de Luminy le plus grand écoquartier de la ville de Marseille. Près de 14 000 personnes, dont près de 9 000 étudiants, travaillent actuellement sur ce site magnifique. Un accroissement des effectifs de l’ordre de 10% d’ici à 5 ans est prévu. Il est donc devenu impératif de réfléchir à une meilleure gestion des flux d’accès au parc et d’y limiter le nombre de voitures.
Pour une meilleure gestion de ces flux et pour offrir une véritable alternative à la voiture, il est logique de favoriser les transports en commun. Ainsi, une nouvelle ligne de BHNS (bus à haut niveau de service) sera créée. Elle reliera le centre ville de Marseille au parc de Luminy et offrira à ses usagers des rythmes de passage fréquents et réguliers dès la fin des travaux – deux arrêts sur le site même – leur donnant accès aux nouveaux lieux de vie créés sur le campus. L’aménagement du site pour la circulation du BHNS permettra au campus – outre de le désenclaver par rapport à la ville – d’affirmer sa propre identité et de lui conférer une nouvelle visibilité urbaine en tant qu’écoquartier de la ville de Marseille. Au-delà de ce contexte, le BHNS s’inscrit dans un effort plus vaste permettant de proposer un réseau de transports complet aux usagers de Luminy et aux randonneurs du futur parc national des Calanques. Les travaux débuteront en août 2013 et leur livraison est prévue pour fin 2014. Suite... Télécharger le Guide "Vers de nouveaux campus".

This guide presents a number of projects symbolizing the transfer of current real campus living spaces integrated into their territory.  These initiatives are rethinking student life, and offer value to the campus landscape based on the architectural potential areas. Download the Guide "Towards new campus" . Scroll Guide "Towards new campus" .
Foreword: Campus to recompose the city
The President has made youth a priority: work on youth success, raising the level of education of a whole age, accompanying a path of success, regardless of industry: these objectives are at the core missions of the Ministry of Higher Education and Research.
The heart of campus Aix-en-Provence, Christophe Bienvenu
Campus "area Faculties"
Here, no problem remoteness areas: campus, full residential area is 10 minutes from the famous Cours Mirabeau. A rich historic past exceptional 150 000 Aix-en-Provence are aware of the advantage that their city is the presence of 40,000 students, teachers and academic staff, the quality of training and team Research forefront internationally. Despite this, there has been a few years reflux many fields and, as elsewhere, many graduates are struggling to find skilled employment that corresponds to their level of education. More...