REGION. Le magazine des 20 ans de Sud Infos est disponible en PDFREGION. Le magazine des 20 ans de Sud Infos est disponible en PDF. E-lettre Sud Infos.
Pour fêter ses 20 années d’existence, la Lettre Sud Infos a interrogé 13 décideurs de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sur les évolutions de la région au cours des 20 dernières années et sur leur vision à 20 ans de leur territoire. Les interviews ont été diffusées dans chaque numéro de la lettre hebdomadaire de septembre à décembre 2012. Nous avons réuni ces entretiens dans un PDF téléchargeable gratuitement sur notre site www.info-economique.com. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous: www.info-economique.com.
Propos recueillis par Michel Neumuller. Philippe Langevin, "Un avenir pour ceux qui coopèrent" - p.9
Maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille, passionné d’économie régionale, fin observateur des politiques territoriales, Philippe Langevin est aussi adepte du franc-parler.
Que pouvait espérer la Région voici vingt ans et avait-on une vue juste de l’avenir?

En 1992, la conjoncture était déjà à la crise, mais dans ces derniers temps du ministère de Pierre Bérégovoy, de façon générale, l’Etat comme la Région ne remettaient pas en cause le modèle de développement. En Paca, bien que l’industrie soit encore forte autour de l’Etang de Berre, on imaginait communément un développement des activités tertiaires dans un contexte de démographie trottinante. Certes, on envisageait une croissance de la population régionale, mais elle était vue comme assez modeste pour être maîtrisée. Quant aux crises, l’optimisme était de rigueur, on pensait qu’on rebondirait, voilà tout. En fait, les crises financières liées à la mondialisation étaient devant nous. Les stratégies de dépassement de crises et de développements régionaux n’étaient donc pas à la rupture. Nous n’avions même pas alors d’intercommunalités, qui auraient recherché des cohérences territoriales.
Ça ne s’est pas passé comme on le pensait…

La croissance démographique est allée bien plus vite qu’on ne croyait. Et puisque chacun veut une maison individuelle, le phénomène s’est accompagné d’une consommation d’espace fantastique, surtout périurbain, aggravant tous les problèmes d’environnement. Or, le paysage de qualité et la nature font partie de nos richesses, ainsi amoindries avec nos chances de rebondir. Cette croissance démographique s’est jouée sans la dynamique économique qui aurait dû aller avec et permettre de gérer nos problèmes multiples. Or les régions ouvertes comme la nôtre, Marseille en particulier, sont très dépendantes de ce qui se passe ailleurs. Je le répète, on ne voyait pas venir la mondialisation telle qu’on l’a connue ensuite, c’est-à-dire d’abord financière. Et comme elle n’est pas la traduction d’une activité croissante, il était difficile de la voir venir. Le déclin des Etats-Unis a aussi été une surprise, et la prospective n’a pas identifié à temps le développement capitaliste de la Chine, le nouveau maître du monde. En 1992, il s’agissait d’un pays émergent.
Rideau sur la période actuelle. Mais peut-on y voir les germes d’un avenir qui, dans vingt ans, serait plus radieux?

Le pôle métropolitain, dont l’opportunité fait l’objet, en apparence au moins, d’un consensus, porte ces espoirs d’un développement futur. Mais en même temps, cette opportunité révèle les clivages importants intra régionaux. Il faut dire que les élus d’ici et de là montrent peu les possibilités qu’ils auraient de s’entendre. Chacun, notamment à la périphérie marseillaise, veut interpréter l’initiative, et beaucoup ont d’abord peur de payer pour le développement de Marseille. Nous risquons donc… le calme plat! Je souhaite que le gouvernement aille au bout de l’initiative qu’il a lancée, et je pense qu’il devrait y avoir obligation de coopérer autour d’un schéma cohérent de rénovation urbaine, de mise à niveau du système de transports et déplacements - fondamental! - et de politiques d’innovation. Pour cela, il faudra probablement que l’Etat légifère…et qu’il accepte de payer pour le développement de ce pôle métropolitain. Ceci dit, toute cohérente qu’elle serait, la gouvernance régionale ne règlera pas la question du modèle économique mondial. Le pouvoir financier qui aujourd’hui tend à dominer efface les possibilités du pouvoir politique. Vous voyez bien ce qu’il en est en Grèce. En 1992, on parlait "harmonie européenne". L’exercice semble maintenant impossible. Seule l’économie de proximité reste à la portée des pouvoirs régionaux. Après tout, c’est peut-être là qu’on réinventera quelque chose pour l’avenir.
RÉIGIÚN. Is é an iris ar feadh 20 bliain Theas Nuacht ar fáil i bhformáid PDF RÉIGIÚN. Is é an iris ar feadh 20 bliain Theas Nuacht ar fáil i bhformáid PDF. E-litir Theas Info.
Chun ceiliúradh a 20 bliain ar an saol, agallamh ar an Litir Theas Nuacht 13 déanta beartas i réigiún Provence-Alpes-Côte d'Azur forbairtí sa réigiún thar na 20 bliain anuas agus a bhfís go 20 bliain ar a gcríoch. Craoladh na hagallaimh i ngach eagrán den nuachtlitir seachtainiúil ó Mheán Fómhair go Nollaig 2012. Níos mó...