http://www.unifaf.fr/attached_file/componentId/kmelia24/attachmentId/32454/lang/fr/name/visuel_web.jpgParution de Formation Santé Social n°26. Thème du Dossier: la VAE, 10 ans d'expériences à partager.
“La VAE est une petite révolution tranquille”. Interview de Vincent Merle, professeur au CNAM et président du réseau des Carif Oref. Il est l’un des initiateurs de la VAE et reste un fervent avocat du dispositif. Rencontre.
La loi de 2002 instaurant la VAE a-t-elle atteint ses objectifs?

Depuis 2002, environ 300 000 candidats ont obtenu une certification professionnelle par le biais de la VAE. C’est à la fois peu – au regard de la population potentiellement concernée – et beaucoup. Au total, près d’une personne sur trois qui obtient un diplôme au cours de sa vie professionnelle l’obtient par la VAE! Au-delà du nombre, ce sont les effets produits qui doivent retenir l’attention. Il suffit
d’entendre ceux qui ont obtenu leur diplôme par cette voie pour s’en convaincre: prise de confiance en soi, fierté d’être reconnu pour ses aptitudes et compétences, envie de continuer à progresser, attachement à l’entreprise lorsque celle-ci a facilité la réussite. De plus en plus d’entreprises cherchent d’ailleurs à inscrire la VAE dans une démarche collective. Elles font de l’obtention d’une certification par la VAE un jalon dans la construction d’un parcours professionnel. C’est sans doute là la vraie réussite de la VAE.
Quels sont les principaux freins au développement de ce dispositif?

Dans une société qui accorde tant d’importance aux diplômes acquis en formation initiale et à la valeur des savoirs formels, la VAE apparaît comme un objet un peu incongru. Elle fascine beaucoup d’acteurs de la formation professionnelle et inquiète en même temps: les diplômes ne vont-ils pas être dévalués, ne va-t-on pas dissuader les gens de recourir à la formation, les diplômés par la VAE ne vont-ils pas réclamer des augmentations de salaire ou tenter de valoriser leur diplôme dans une autre entreprise… Même si aucun de ces effets négatifs ne s’est produit, les réticences perdurent, notamment dans le corps enseignant.
Quel impact la VAE a-t-elle eu sur le système français de certification?
L’effet principal est certainement l’obligation faite aux organismes qui délivrent des certifications de définir leurs référentiels en termes de résultats d’apprentissage pertinents par rapport à un champ d’activités professionnelles. Ce ne sont pas tant les matières et les programmes qui importent que la manière dont les aptitudes, compétences et connaissances peuvent être sollicitées dans l’exercice d’un métier ou d’une fonction. Dans ce domaine, le secteur du travail social a été précurseur puisque le diplôme d’éducateur spécialisé a été l’un des premiers à être réécrit dans cette logique.
Comment prendre en charge les cas – nombreux – de validations partielles?
Je voudrais d’abord souligner qu’obtenir une validation partielle n’est pas un “échec”, même si cela est parfois vécu comme tel par les candidats. C’est une invitation à compléter son expérience ou à consolider les bases que l’on a construites à travers sa pratique professionnelle. Les accompagnateurs doivent y préparer les candidats. La principale difficulté réside souvent dans l’absence de modularisation des formations. Ceux qui veulent poursuivre ont parfois du mal à trouver les modules qui leur sont nécessaires. C’est souvent à travers un accompagnement post-jury que l’on peut aider le candidat à poursuivre sa démarche jusqu’au bout. De ce point de vue, là encore, le secteur du travail social a fait des efforts importants. Les validations partielles ou les abandons sont souvent liés au fait que le candidat n’a guère été soutenu dans cette démarche qui peut s’avérer pour certains extrêmement exigeante. Lorsque le milieu professionnel et l’environnement personnel encouragent la démarche, lorsqu’une perspective de progression professionnelle est au bout du chemin, les candidats obtiennent plus aisément une validation totale.
À quelles conditions la VAE s’imposera-t-elle pleinement comme troisième voie d’accès à la certification?

Ce sera encore long, compte tenu du poids qu’occupent les diplômes dans les destinées en France. Cela étant dit, la VAE fait partie de ces petites révolutions tranquilles qui transforment sans bruit le fonctionnement de la société. Je serais tenté de comparer sa progression à celle de l’alternance. Au début des années 80, l’apprentissage était en déclin et le mot même “d’alternance” avait du mal à passer dans le vocabulaire courant.
Aujourd’hui, l’objectif fixé de 700 000 jeunes en alternance apparaît réaliste et l’alternance fait partie intégrante de presque tous les parcours de formation initiale. Il aura fallu trente ans… Alors, encore un effort et la validation des acquis de l’expérience cessera définitivement d’apparaître comme une voie dérogatoire! Télécharger Formation Santé Social n°26.

Publication of Social Health Education No. 26. Theme Feature: VAE, 10 years of experience to share.
"The VAE is a small quiet revolution." Interview with Robin Vincent, professor and chairman of the CNAM network CARIF OREF. It is one of the initiators of VAE and remains a staunch advocate of the device. Meeting.
The 2002 law establishing the VAE has achieved its objectives?
Since 2002, about 300,000 candidates obtained professional certification through the VAE. It is both low - under the potentially affected population - and many. In total, nearly one in three people who graduated during his professional life is obtained by the VAE! Beyond the numbers, what are the effects that need attention. More...