LeMonde.frPropos recueillis par Benoît Floc'h. Interview de Denis Lapert, directeur de Télécom école de management.
"Le grand amphi": Vous venez d'annoncer un rapprochement avec Grenoble école de management. Est-ce un premier pas vers une fusion?

Pas du tout. Je ne critique pas ceux qui choisissent de fusionner mais, personnellement, je ne vois pas les bénéfices que l'on peut en tirer. Certains disent qu'ils souhaitent atteindre "une taille critique". Je suis toujours à la recherche de ce qu'est une taille critique! S'agit-il du nombre de professeurs? du nombre d'étudiants? de la superficie de l'école? La directrice générale de Skema, Alice Guilhon, vient de donner une interview dans laquelle elle évoque la fusion qui a donné naissance à son école. Elle y dit que cela leur a coûté 4 millions d'euros. Mais l'école est-elle pour autant devenue meilleure en recherches? Elle ne le dit pas...
Normalement, quand on fusionne, c'est pour réduire ses coûts. Or, je n'entends aucun directeur qui fusionne dire qu'il agit dans ce but. Personnellement, d'ailleurs, je n'y crois pas trop. Un étudiant n'est pas un produit standard. Plus on a d'étudiants, plus il faut multiplier les forces d'encadrement. Cela ne fait pas d'économies d'échelle.
Par ailleurs, une école fusionnée diplôme 800, 900, 1 000 étudiants par an. Elle inonde le marché avec des étudiants qui ont tous le même diplôme, qui ont fait les mêmes stages... Dans ces conditions, je m'interroge sur la valeur du diplôme qu'ils détiennent. Comment les entreprises vont-elles les repérer, les distinguer? Le risque que court ces écoles, c'est la banalisation de leur diplôme. Suite de l'article...
LeMonde.fr Interview by Benedict Floc'h. Lapert Interview Denis, Director of Telecom Management School.
"The great amphitheater": You have announced a merger with Grenoble School of Management. Is this a first step towards a merger? More...