La Note Campus France Hors Série n°4 est consacrée à la mobilité des étudiants du Moyen-Orient (Quinze pays font l’objet de cette étude: Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte, Émirats Arabes Unis, Irak, Iran, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Territoires palestiniens, Qatar, Syrie et Yémen. Ces pays avaient déjà fait l’objet d’une Note n°22 publiée en avril 2010.).
Dans une première partie, cette étude fait le point sur la mobilité internationale des étudiants de quinze pays du Moyen-Orient, en listant les principaux pays qui les accueillent, grâce aux données fournies par l’UNESCO. La deuxième partie de la Note s’attache à la mobilité de ces étudiants en France, à partir des statistiques communiquées par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Des commentaires détaillés permettent de mieux comprendre les enjeux de chacun de ces pays, dans un contexte modifié notamment par les événements liés au « Printemps arabe ». La Note fait également le point sur le programme de l’Office Méditerranéen de la Jeunesse où participent en particulier l’Égypte et le Liban et qui a vocation à se diffuser dans ces pays du pourtour méditerranéen.
Avant-Propos

En 2011-2012, la France accueillait 12 475 étudiants originaires des pays du Moyen-Orient, représentant 4,34 % du total des étudiants étrangers en France. Les Libanais, bien qu’en nombre de moins en moins important, représentent toujours à eux seuls plus du tiers des ressortissants de la zone (40% avec 4 935 étudiants dans les établissements français en 2011-2012). Viennent ensuite l’Iran (2 103 en France en 2011 soit +5% depuis 2009), la Syrie (qui passe derrière l’Iran pour la 1ère fois avec 1 993 étudiants en France en 2011) et l’Égypte qui, après une forte progression entre 2007 et 2009, marque le pas et envoie moins d’étudiants en France (1 254 dans les établissements français en 2011 soit -5% depuis 2009).
Le nombre de ces étudiants est en baisse régulière depuis les années 2000, principalement du fait de la baisse du nombre d’étudiants du Liban et de la Syrie (-27% d’étudiants de ces pays dans les universités françaises entre 2007 et 2011). À l’opposé, les autres pays de la zone, et notamment les pays du Golfe Persique, envoient eux de plus en plus d’étudiants dans l’hexagone. Ainsi, entre 2007 et 2011 on observe une croissance de 73% des étudiants saoudiens dans les universités françaises, de 63% pour les ressortissants des Émirats Arabes Unis et de 18% pour les étudiants koweïtiens. Dans cette zone actuellement au centre de toutes les attentions, en raison du « Printemps arabe » mais aussi de l’activité économique et politique de plus en plus marquée de pays du Golfe Persique comme le Qatar, l’enseignement supérieur français doit travailler à mieux faire connaitre l’offre de formation auprès des étudiants et des prescripteurs traditionnels (établissements locaux, parents, responsables des bourses de mobilité...) tous habitués au schéma anglo-saxon omniprésent. Dans le même temps, la France bénéficie indubitablement d’une image traditionnellement positive auprès des acteurs académiques des pays de la zone.
La France n’est pas une destination naturelle pour les étudiants originaires du Moyen-Orient, sauf pour le Liban et la Syrie, grâce aux liens historiques et linguistiques qu’ils ont avec la France. Il y a cependant, notamment dans les pays du Golfe, une récente volonté de donner une plus grande place à la langue française (où elle est en cours d’introduction dans les écoles publiques au Qatar et au Bahreïn) ainsi qu’un souhait de plus en plus marqué de diversification dans les pays d’accueil, où la France a un rôle à jouer.
Les principaux pays d’accueil des étudiants du Moyen-Orient

Parmi les pays d’accueil traditionnels ce sont les États-Unis et le Royaume-Uni qui captent la majorité des étudiants du Moyen-Orient. Les relations historiques qui lient la Grande-Bretagne à cette région du monde, ainsi que le rôle géopolitique joué par les États-Unis localement, font en effet du modèle universitaire anglo-saxon un modèle de référence pour ces pays. Cette réalité est toutefois légèrement mise à mal depuis quelques mois et certains établissements sont pointés du doigt dans la presse des pays du Golfe Persique notamment étant donné l’importance de leurs coûts d’inscription qui n’est pas toujours à la hauteur de leurs réputations.
Les trois pays francophones et/ou francophiles qui échappent encore à cette règle sont le Liban, la Syrie et l’Égypte. Mais, pour deux de ces pays (Liban et Syrie) qui lui sont historiquement proches, la France subit une désaffection en raison du développement d’une mobilité régionale et de l’apparition de destinations plus récentes et très attractives comme l’Australie. L’Ukraine est également une destination de plus en plus populaire auprès des étudiants de cette zone notamment pour les formations médicales et grâce aux facilités qu’elle offre aux étudiants étrangers.
Mais, à l’instar d’autres zones géographiques, une mobilité intra-régionale se développe également au Moyen-Orient et ce sont surtout deux pays qui tirent leur épingle du jeu:
• Jordanie

L’enseignement supérieur est, depuis les années 1970, une des priorités du Royaume hachémite et a connu un grand développement avec la multiplication des universités publiques. La Jordanie s’est inspirée du modèle anglo-saxon pour développer son système universitaire. L’université qui reflète le mieux cette assimilation est la JUST (Jordan University of Science and Technology). Cet établissement public, qui assure des formations dans tous les domaines liés aux sciences et aux nouvelles technologies, a en effet signé de nombreux accords de partenariat avec des universités anglaises et américaines de renommée internationale. La Jordan University propose également des « packages » d’accueil pour les étudiants étrangers provenant des pays du Golfe ainsi que de Malaisie et d’Indonésie. Plus généralement, les universités jordaniennes ont mis en place des formations adaptées au monde arabo-musulman, notamment des Masters en gestion des finances islamiques. Tous ces facteurs font de la Jordanie l’une des cinq premières destinations pour les étudiants du Moyen-Orient, notamment ceux d’Arabie Saoudite, du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, d’Irak, d’Oman, du Yémen, de la Syrie, des Territoires palestiniens et d’Israël.
Le système d’enseignement supérieur attire un nombre croissant d’étudiants étrangers (29 379 au total en 2009, dont 23 642 venus du Moyen-Orient, selon l’UNESCO), notamment dans les universités privées et en moindre proportion dans les universités publiques. Le fait que beaucoup de cours soient dispensés en anglais (médecine, pharmacie, ingénierie, informatique, sciences dures, commerce, gestion, finances, comptabilité, etc.) joue également beaucoup pour cette internationalisation.
Mais ces conditions favorables à l’attractivité des étudiants étrangers pourraient être mises à mal, car si la Jordanie bénéficiait jusqu’à 2011 d’une certaine stabilité politique cela a été quelque peu remis en cause par le « Printemps arabe » qui a eu des répercussions dans ce pays où des manifestations parfois violentes ont eu lieu. Depuis l’été 2011, le Royaume a ainsi subi de multiples remaniements ministériels au gré des rassemblements publics réclamant plus de libertés et de transparence dans la gouvernance du pays.
• Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite propose des formations dans les sciences religieuses qui intéressent une cible étudiante assez importante dans les pays du Moyen-Orient et du Golfe Persique. C’est le cas notamment de la Syrie, de la Jordanie, du Yémen, de l’Égypte, des Territoires palestiniens et du Bahreïn. Cette nouvelle offre de formation fait de l’Arabie Saoudite un pays d’accueil important pour les étudiants de cette région du monde et plus largement des pays musulmans.
L’Arabie Saoudite doit faire face à une population jeune et nombreuse mais aussi à un taux de chômage élevé. L’éducation constitue donc une des priorités du Royaume dans sa politique de réforme. Depuis l’accession au trône du Roi Abdallah en 2005, des efforts considérables ont été fournis pour réaménager l’éducation. Ainsi, en 7 ans, l’Arabie est passée de 10 à 25 établissements publics d’enseignement supérieur.
L’Arabie consacre plus d’un quart de ses dépenses (30 milliards d’euros en 2011) à l’éducation et à l’enseignement supérieur: les cours dispensés à l’université sont gratuits et les étudiants touchent des allocations mensuelles. Le Royaume peine toutefois à augmenter qualitativement l’enseignement supérieur. Il faut souligner, d’une part, que le financement des bourses et allocations des étudiants ajouté aux grands projets d’infrastructures grèvent lourdement le budget. Face à la carence de son système éducatif, l’Arabie Saoudite compte aujourd’hui plus de 100 000 étudiants à l’étranger. Depuis le lancement du programme de bourses Abdallah (KASP) il y a 5 ans, des milliers d’étudiants partent chaque année pour les États-Unis (45 000 étudiants saoudiens au total), le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne, la France… Au total, ce sont 130 000 étudiants qui ont bénéficié de ce programme depuis sa création, son succès, ajouté à des scandales qui ont récemment secoué certains établissements locaux, a conduit à son renouvellement pour 5 ans.
• Autres facteurs à prendre en compte

Le développement d’établissements et de pôles universitaires locaux à vocation régionale voire mondiale est également à souligner dans cette région du monde qui est celle qui compte le plus de campus off-shore. Ainsi le Qatar est en train de développer depuis quelques années un centre très prometteur: Education city. Sont rassemblées les filières d’excellence des meilleurs établissements mondiaux (Weill Cornell Medical College, Texas A&M University, Virginia commonwealth University, Université Carnegie, Nothwestern University, HEC). Environ un millier d’étudiants profitent actuellement de ces établissements et de ce campus prestigieux qui a vocation à beaucoup se développer dans les prochaines années.
L’Arabian Gulf University, lancé en 1979 au Bahreïn, cofinancée par les 6 pays du CCEAG (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar), vise à accueillir des étudiants tous boursiers d’un de ces pays. Elle accueille la French Arabian School of Management and Finance, initialement née d’un partenariat entre le gouvernement français et le gouvernement bahreïnien et qui associe désormais l’ESSEC.
Il faut bien sûr également citer l’Université Paris-Sorbonne Abou-Dhabi, pont naturel entre les pays de la zone et la France, qui est maintenant bien installée et de plus en plus populaire auprès des étudiants des Émirats Arabes Unis (EAU) et plus largement dans les pays du Golfe. Des formations désormais également enseignées en anglais permettent de mieux rayonner dans cette zone. Par ailleurs, il faut noter le projet d’ouverture de formations en sciences dures au sein de cet établissement qui pourraient également attirer un plus grand nombre d’étudiants.
Partie 2 - Les étudiants du Moyen-Orient en France: fiches statistiques et commentaires

Selon les données statistiques du ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la France a accueilli, en 2011-2012, 12 475 étudiants originaires des pays du Moyen-Orient parmi lesquels 79% étaient inscrits en université. 23% des étudiants du Moyen-Orient dans les universités françaises ont poursuivi des études au niveau Licence, 45% d’entre eux au niveau Master et 32% au niveau Doctorat. Pour mémoire, 43% de tous les étudiants étrangers en France étaient inscrits en Licence, 44% en Master et 12 % en Doctorat.
Les filières les plus choisies par les jeunes ressortissants de cette région du monde étaient les sciences dures (31%) suivies par les lettres-sciences humaines (28%) et par les sciences économiques (13%). Pour mémoire, 26% de l’effectif total des étudiants étrangers dans les universités françaises étaient inscrits en sciences, 30% en lettres-sciences humaines et 23% en sciences économiques.
• Arabie Saoudite

La mise en oeuvre de partenariats avec l’Arabie Saoudite participe à la relance de la coopération universitaire dans les domaines du droit (Paris 1, Paris 5 et Lyon 3), des sciences économiques et de gestion (Bordeaux 3, Paris 1, Grenoble School of Management, HEC, SKEMA) des sciences de l’ingénieur (Lille 1, Université de Versailles, École des Mines de Nantes), du tourisme et d’archéologie (Paris 1, Lille 2, Nancy 2), de la médecine (programme de formation en France de médecins...).
La hausse des étudiants saoudiens en France (498 dans les universités françaises en 2011, en progression de 73% depuis 2007) semble être principalement le fruit de la volonté des autorités locales de diversifier les destinations de leurs étudiants et d’échapper au « tout anglo-saxon ». La politique d’ouverture entreprise par le Roi Abdallah a favorisé la hausse du niveau des bourses octroyées aux étudiants saoudiens souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger. De même, les actions de promotion de l’enseignement supérieur, initiées par l’Ambassade de France sur place et soutenues par l’Agence Campus France depuis 2005 ont très certainement contribué à cette hausse (ouverture de 2 Espaces à Riyad et Djeddah, participation des établissements français chaque année plus importante au salon IECHE de Riyad, contacts réguliers avec le bureau culturel saoudiens à Paris…).
D’autres éléments peuvent être à l’origine de cette tendance, notamment la mise en place d’une forte coopération médicale afin de permettre aux étudiants saoudiens de se spécialiser lors d’études (longues ou courtes) dans les CHU français (50 nouveaux médecins débuteront leur spécialisation en France en novembre 2013, précédée par une année d’approfondissement de leur niveau de français). Télécharger la note "La mobilité des étudiants du Moyen-Orient".
Off Σειρά Campus Γαλλία Σημείωση Νο 4 είναι αφιερωμένο στην κινητικότητα των φοιτητών από τη Μέση Ανατολή (Δεκαπέντε χώρες αποτελούν το αντικείμενο αυτής της μελέτης: η Σαουδική Αραβία, το Μπαχρέιν, την Αίγυπτο, Ηνωμένα Αραβικά Εμιράτα, το Ιράκ, το Ιράν, το Ισραήλ, την Ιορδανία, Κουβέιτ, Λίβανος, Ομάν, Παλαιστινιακά Εδάφη, το Κατάρ, τη Συρία και την Υεμένη. οι χώρες αυτές είχαν ήδη υποβληθεί σε μια αρ. Σημείωση 22 εκδόθηκε τον Απρίλιο του 2010).
Στο πρώτο μέρος αυτού του εκθέσεις μελέτης σχετικά με τη διεθνή κινητικότητα των φοιτητών από τις δεκαπέντε χώρες της Μέσης Ανατολής, όπου απαριθμούνται οι κυριότερες χώρες υποδοχής, με βάση τα στοιχεία που παρέχονται από την UNESCO.
Το δεύτερο μέρος του σημειώματος συνδέεται με την κινητικότητα των φοιτητών στη Γαλλία, με βάση στατιστικά στοιχεία που παρέχονται από το Υπουργείο Ανώτατης Εκπαίδευσης και Έρευνας. Αναλυτικές παρατηρήσεις για να κατανοήσουν καλύτερα τις προκλήσεις της κάθε χώρας, σε ένα πλαίσιο στο οποίο εντάσσεται άλλαξε τα γεγονότα που σχετίζονται με την «Αραβική Άνοιξη». Σημειώστε, επίσης, το θέμα στην ημερήσια διάταξη της Μεσογειακό Γραφείο Νεότητας που συμμετέχουν και ιδίως την Αίγυπτο και το Λίβανο και πρόκειται να μεταδοθεί στις χώρες της Μεσογείου. Περισσότερα...