http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/files/abherve.jpgSur le blog de Michel Abhervé pour Alternatives économiques.Obtenant un maintien en 2013 du montant de la ligne budgétaire accordée en 2012, les Maisons de l’Emploi sont mieux traités par l’actuel gouvernement que par le précédent qui, deux années de suite, avait inscrit une importante baisse de crédits dans le projet de loi de finances, avant de devoir accepter une légère remontée, sous la pression des parlementaires, comme nous nous en sommes fait écho ici (voir entre autres Maisons de l’emploi: le projet de budget 2012 en baisse de 34%, L’Assemblée vote (provisoirement?) 15 Millions d’Euros supplémentaires pour les Maisons de l’Emploi).
Cela devrait offrir à ces Maisons de l’Emploi le temps nécessaire pour se repositionner dans le paysage des acteurs de l’emploi, et de préciser leur rôle, en acceptant enfin de renoncer à la nostalgie du contexte de leur création où elles avaient vocation à informer et même à accompagner des publics et, pour certaines, le public (voir Maisons de l’emploi: nostalgie quand tu nous tiens!)
La première interrogation qu’elles doivent affronter repose dans le degré d’implication du politique dans leur fonctionnement. Si la conception dominante est celle qu’exprimait le Sénateur-Maire de Laon, Président multicarte, assumant de jouer un rôle fort limité, (voir Présider une Maison de l’Emploi, c’est juste présider le CA et l’AG), il est peu probable que ces structures ont de l’avenir, car elles ont besoin de porter, au plan politique, un projet sur leur territoire, à même de mobiliser l’ensemble des acteurs sociaux et économiques, ce que des techniciens, même très compétents, même très motivés, ne peuvent faire seuls.
Une deuxième interrogation qu’elle devront résoudre est dans la place des partenaires sociaux dans leur gouvernance (voir Les syndicats ont-ils leur place dans les Maisons de l’Emploi?). Soigneusement exclus dans la conception initiale, n’auraient-ils pas vocation à en devenir aujourd’hui pleinement partie prenante? Cela pourrait être l’occasion d’un rapprochement avec ce qui reste de Comités de Bassins d’Emploi, dans lesquels les partenaires sociaux sont structurellement présents. Ce rapprochement aurait aussi comme avantage de contribuer à améliorer une couverture territoriale incomplète qui est, à l’évidence, un des points faibles du réseau des Maisons de l’Emploi.
Mais il faudra aussi qu’elles se positionnent clairement sur  la perspective ouverte par la Maison de l’Emploi et de la Formation d’Orthez, dont le directeur, Philippe Baudin, déclare à la République des Pyrénées ce sera à notre charge de chercher d’autres moyens de financement, y compris auprès des privés”, et poursuivant “Nous travaillons avec un réseau d’entreprises. Nombreuses sont les actions que nous pourrions leur proposer et qui viendraient générer des financements“. Fort de son expérience dans un contexte économique très différent, celui de Roissy où nombre d’entreprises sont à la recherche de main d’oeuvre, ce directeur envisage de positionner la Maison de l’Emploi qu’il dirige dans un champ concurrentiel. Il n’est pas certain que ce positionnement soit compatible avec le maintien d’une mission financée sur fonds publics, et un rôle de développement territorial. En tous cas cela mérite débat.
Il sera aussi nécessaire de réfléchir au devenir des Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi, les PLIE, souvent associés aux Maisons de l’Emploi, dont la génération actuelle vient à échéance fin 2013 avec la programmation des fonds structurels européens. Alors que se précise une responsabilité accrue des Conseils régionaux dans la gestion des fonds européens, quel est le devenir de ces PLIE ? Seront-ils maintenus dans toutes les régions?
Pour préparer cet avenir les Maisons de l’Emploi sont handicapées par des fermetures (voir Une nouvelle Maison de l’Emploi disparait. A qui le tour?,  Une nouvelle fermeture de Maison de l’Emploi: qui va organiser la bataille de l’emploi sur les territoires?), par des décisions de retrait de certaines collectivités, comme celle du Conseil général des Hautes-Alpes (voir Trois millions d’euros, zéro emploi créé: tel est le bilan de la Maison de l’Emploi des Hautes-Alpes selon le Conseil Général et Maison de l’Emploi des Hautes-Alpes: le Conseil général officialise son retrait), par des dérives dans leur fonctionnement comme à Aulnay sous Bois (voir Maison de l’Emploi d’Aulnay sous Bois: le contre exemple),  par une certaine mégalomanie de leur configuration initiale (voir Que vont devenir les Maisons de l’Emploi de la Réunion? et Maison de l’Emploi : un “fiasco” à 5 millions d’euros), par des manipulations politiciennes qui ont dressé certaines Maisons contre leurs collègues (voir Un nouveau critère pour le financement des Maisons de l’Emploi : avoir le soutien d’un candidat UMP aux législatives et Les Maisons de l’Emploi touchent des aides exceptionnelles ou licencient), par une utilisation dangereuse par l’Etat pour leur financement de fonds européens hors des principes qui régissent ceux-ci, (voir Une Maison de l’Emploi financée par le FSE, au mépris du principe d’additionnalité), par des fusions avec des Missions locales mal maitrisées (voir L’échec du modèle picard de fusion Mission locale Maison de l’Emploi).
Malgré ces faiblesses, pour une large part liées aux conditions de leur création qui les mettait au centre, alors qu’elles sont aujourd’hui davantage dans une fonction d’appui, les Maisons de l’Emploi auront un avenir si elles ne se trompent pas de stratégie, ni au plan local où leur vocation est bien d’apporter une compétence au service du développement de l’emploi, ni au plan régional où il faudra se doter d’une organisation collective capable de dépasser les rivalités pour conduire le dialogue avec chaque conseil régional, ni au plan national où il faudra construire une réelle unité sur les objectifs reconstruits en fonction de l’évolution du contexte, et adopter une stratégie prenant enfin acte de la configuration institutionnelle que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a mise en place, quoiqu’on puisse penser de ses limites.
Car notre situation de l’emploi a besoin de cette ingénierie territoriale de l’emploi que seules les Maisons de l’Emploi sont à même d’assurer dans la durée

Il faut espérer que le deux avertissements reçus ces dernières semaines par les Maisons de l’Emploi de la part des régions (voir L’ARF ne revendique pas le transfert des Maisons de l’Emploi) et de la part du Sénat, où aucun sénateur n’a déposé le moindre amendement pour tenter de les réintroduire dans le dispositif des emplois d’avenir, auront été compris, et qu’ils conduiront à adopter une stratégie de repositionnement et non de réaffirmation du bien-fondé d’une position initiale, qui n’a plus qu’un intérêt historique.
http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/files/abherve.jpg The blog of Michael Abhervé for Economic Alternatives. Getting a hold in 2013 the amount of the budget line granted in 2012, the Houses of Employment are best treated by the present government that the previous two consecutive years, recorded a significant decline in the credit project Finance Act, before having to accept a slight increase under the pressure of parliamentarians, as we are echoes here (see, among other Houses employment: the draft budget for 2012 down 34%, The Assembly vote (temporarily?) 15 million Euros for additional houses of Employment). More...