Faciliter la mobilité internationale des jeunes en mission locale ou en apprentissageFaciliter la mobilité internationale des jeunes en mission locale ou en apprentissage. S.Carel, M. Guyon, A. Mazouin, Net.Doc, n° 98, 2012, 131 p.
Cette expérimentation, portée par la mission locale du bassin d'emploi du Grand Besançon, vise à permettre à des jeunes peu, voire non mobiles, de bénéficier d’expériences de séjours à l’étranger. L'objectif visé est la (re)mobilisation de ces jeunes, pour leur permettre ainsi de se projeter dans l’avenir et de réfléchir à leur projet professionnel. L’évaluation, conduite par le centre associé au Céreq de Besançon, est essentiellement qualitative. Elle met en avant les apports du dispositif sur l'apprentissage de la confiance en soi et la communication, considérés comme des atouts pour l'insertion. L’expérimentation a aussi permis de nombreux rapprochements entre les acteurs locaux, et l'amélioration de leur connaissance réciproque.
RÉSUMÉ

L'une des priorités de la Commission européenne consiste à assurer à ces jeunes, qualifiés de “jeunes ayant moins d’opportunités”, un accès au dispositif existant d'aide à la mobilité internationale. Créée par la Commission européenne elle‐même pour désigner les jeunes handicapés ou issus d'un milieu culturel, géographique ou socio‐économique défavorisé (que nous désignerons désormais par son acronyme JAMO), cette terminologie permet de cibler les jeunes concernés en favorisant l'accès aux dispositifs d’aide à mobilité et d'éducation non formelle développées dans le cadre des programmes européens dédiés à le jeunesse (le Programme Jeunesse couvrait la période 2000‐2006 et son successeur le Programme Européen Jeunesse en Action (PEJA) est établi pour 7 ans (de 2007 à 2013).
C’est dans cet esprit et en respectant la philosophie de la Commission européenne qu’a souhaité travailler la Mission locale du Bassin du Grand Besançon, en permettant à des jeunes peu voire non mobiles de pouvoir bénéficier d’expériences de séjours à l’étranger.
Constatant que la mobilité internationale des jeunes reste encore aujourd’hui limitée et qu’elle profite essentiellement aux jeunes majoritairement diplômés, sans difficultés supposées de future insertion, notamment professionnelle, la Mission locale du Bassin d’emploi du Grand Besançon a investi une expérimentation sociale en réponse à l’appel à projets lancé par Martin Hirsch en avril 2009. Cette dernière a souhaité se concentrer sur la mobilité des jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés (niveau IV et infra), apprentis ou accompagnés par la Mission Locale et habitant la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon (CAGB), territoire à la fois urbain et rural.
L’expérimentateur souhaite, en effet, utiliser la mobilité internationale comme outil d’insertion. La mobilité internationale revête de nombreux avantages : une rupture avec le quotidien pouvant agir comme un outil de redynamisation; une mixité sociale, culturelle et linguistique modifiant profondément la rencontre avec l’autre; une ouverture sur le monde; l’acquisition de compétences non formelles (indépendance, prise de responsabilité, etc.). Se dépassant eux‐mêmes, il est attendu une (re)mobilisation de ces jeunes à la suite d’un séjour à l’étranger leur permettant ainsi de se projeter dans l’avenir et de réfléchir voire construire un projet professionnel.
L’enjeu pour l’expérimentation, réussir l’élargissement de la mobilité internationale à un public qui en est éloigné, consisterait, au‐delà de la simple mise à disposition de programmes sur mesure, à développer des mesures d’accompagnement adaptées pour baliser les différentes étapes et sécuriser les jeunes dans leurs démarches.
Ainsi, sur la base d’un groupe restreint de partenaires au début de l’expérimentation, l’expérimentateur a imaginé une expérimentation réellement innovante dans le sens où le projet d’action ne préexistait pas, ni dans la conduite, ni dans le financement. L’expérimentateur et ses partenaires (5) ont proposé trois formes de séjours à l’international comportant chacun un accompagnement pédagogique (évaluation linguistique, acculturation au pays de destination, une sensibilisation aux valeurs civiques…). A ces trois actions s’est ajoutée une campagne de sensibilisation et de promotion de la mobilité internationale, organisée conjointement avec les journées de l’apprentissage. Enfin une plate‐forme collaborative dédiée à la mobilité des jeunes regroupe les acteurs nécessaires à la réussite des projets individuels ou collectifs.
NOTE DE SYNTHÈSE
1‐ Les jeunes ayant moins d’opportunités (JAMO), cible prioritaire des programmes européens

Le PEJA s’adresse à tous les jeunes de 15 à 28 ans, éventuellement de 13 à 30 ans dans certains cas. Il vise à développer le sens de la citoyenneté active, de la solidarité et de la tolérance des jeunes et à leur faire jouer un rôle actif dans la création de l'avenir de l'Union. Il favorise la mobilité au sein de l'Union européenne et au‐delà de ses frontières, promeut l'apprentissage non formel (2) et le dialogue interculturel et encourage l'inclusion de tous les jeunes, sans tenir compte de leur milieu éducatif, social et culturel. Pour le programme en cours "Jeunesse en action", il est particulièrement important que tous les jeunes, et surtout ceux qualifiés de plus défavorisés, aient accès à ces activités et soient intégrés dans la société en général. En cela, le programme est un outil au service de leur intégration. Pour désigner cet effort d’intégration, on utilise le terme « inclusion ». Une stratégie d'inclusion spécifique a donc été développée à cet effet. La stratégie d’inclusion du PEJA poursuit un certain nombre d'objectifs: veiller à ce que les jeunes ayant moins d'opportunités bénéficient d'un accès équitable au programme; améliorer l'inclusion sociale, la citoyenneté active et l'employabilité des jeunes ayant moins d'opportunités; et enfin contribuer à la cohésion sociale.
Avant d’aborder les bénéfices pour les JAMO d’un accès facilité à la mobilité, il est important de revenir sur la (les) définition(s) données à ce type de public.
Qui sont les jeunes avec moins d’opportunités ?

Définir cette catégorie de personnes n’est pas aisée.
Premièrement, la définition des JAMO varie en fonction de la profession exercée, des situations auxquelles on est confronté, de la zone géographique où l’on exerce ou encore de son ressenti personnel. En effet, chacun voit les choses différemment selon qu’il soit animateur jeunesse, professionnel de l’insertion ou fonctionnaire de l’Etat. Deuxièmement, il est encore plus ardu d’élaborer une définition commune à tous les pays concernés par le programme : en Europe, on dénombre 35 agences nationales du PEJA…En France, depuis les incidents de novembre 2005, la tendance est d’assimiler les jeunes ayant moins d’opportunités aux jeunes des « quartiers sensibles ». En Allemagne, on retient pour cette définition les jeunes qui n’ont pas eu accès à la mobilité (études courtes, emplois peu qualifiés,…). Le terme de JAMO est donc protéiforme voire polysémique…
La décision du Parlement européen et du Conseil du 13 avril 2000 établissant le programme Jeunesse (pour rappel, le prédécesseur du PEJA) définissait les jeunes ayant moins d’opportunités comme les « jeunes qui, pour des raisons d'ordre culturel, social, physique, mental, économique ou géographique, ont le plus de difficultés à participer aux programmes d'action qui les concernent tant au niveau communautaire qu'aux niveaux national, régional et local ». Dans cette définition les jeunes sont caractérisés selon les différents obstacles auxquels ils sont confrontés, au regard des difficultés voire handicaps identifiés.
La définition la plus utilisée est celle listant les différents obstacles auxquels peuvent être confrontés les jeunes que l’on peut trouver dans le mémo‐guide sur le Service Volontaire Européen (SVE) réalisé par l’Agence Française pour le Programme Européen Jeunesse (AFPEJ) : « La terminologie européenne utilise l'expression "jeunes avec moins d’opportunité", c'est‐à‐dire des jeunes qui, pour une ou plusieurs raisons liées à la précarité de leur situation personnelle, rencontrent des obstacles dans l’accès à la mobilité et donc au programme. Ces obstacles peuvent être:
- Des obstacles socio‐économiques: liés à la situation sociale et/ou économique rencontrée par le jeune et/ou sa famille.
- Des obstacles familiaux passagers ou durables.
- Des obstacles géographiques: liés au milieu de vie, isolement en milieu rural ou urbain, quartier dit "sensible", éloignement géographique avec la métropole.
- Des obstacles dans la scolarité et/ou la formation: situation d’échec, de rupture, de faible niveau.
- Des obstacles liés à la culture, à l’origine, ou à la discrimination sous toutes ses formes.
- Des obstacles liés à des problèmes de santé et/ou de handicap ».
La définition des JAMO sur le programme "Jeunesse en action" est sensiblement la même : elle définit les jeunes défavorisés comme des jeunes "ayant moins d'opportunités" que leurs pairs en raison de facteurs socioéconomiques, de handicaps physiques ou mentaux, de problèmes de santé, de différences culturelles ou encore de situations et d'obstacles éducatifs ou géographiques.
La Commission européenne a adopté la “stratégie d’inclusion des jeunes avec moins d'opportunités" en 2007 que l'Agence française a retenu en ajoutant des spécificités nationale selon trois axes d’intervention:
- les “groupes cibles” prioritaires au niveau national sont les jeunes des quartiers urbains sensibles, et de certaines zones rurales, et les jeunes handicapés, physiques ou mentaux.
- la démarche retenue est de faire travailler en réseau au niveau local, régional et national les différents acteurs de terrain susceptibles d’accompagner ces jeunes et de monter des projets, avec des partenaires européens. Le travail de proximité animé par le correspondant régional PEJA et son réseau est très important.
- la participation des JAMO aux activités de mobilité éducative en Europe doit être réellement une étape importante de leur parcours d’insertion. C’est la raison pour laquelle l’agence considère comme stratégique la formation et la mise en réseau des acteurs du programme susceptibles d’intervenir auprès des JAMO.
En somme, un jeune ayant moins d’opportunités est un jeune qui – en raison de divers obstacles ou handicaps – n’a pas naturellement accès à la mobilité transnationale ou internationale, qui doit mettre en oeuvre plus d’efforts pour s’informer puis participer à un des dispositifs du programme qui lui serait pourtant particulièrement bénéfique.
Quand le pari de la mobilité spatiale est fait pour encourager une mobilité sociale
La mobilité européenne revêt de nombreux avantages: une rupture avec le quotidien pouvant agir comme un outil de redynamisation; une mixité sociale, culturelle et linguistique modifiant profondément la rencontre avec l’autre; une ouverture sur l’Europe; l’acquisition de compétences non formelles (indépendance, prise de responsabilité, etc.). Dépassant leurs limites géographiques et culturelles, une (re)mobilisation de ces jeunes est attendue. En changeant de regard sur eux‐mêmes, ils acquièrent généralement une meilleure confiance en eux. Enfin, au retour, la mobilité européenne laisse supposer une redynamisation des jeunes ayant moins d’opportunités et les incite, au moins pendant un temps, à se projeter un peu plus dans l’avenir.
Au delà de la définition des jeunes ayant moins d’opportunités proposée précédemment et sans chercher spécifiquement à caractériser les obstacles auxquels ils sont confrontés, nous pouvons nous intéresser aux avantages présentés de la mobilité européenne, aux effets attendus dans un projet construit, dans une démarche volontaire et espérée positive, et aux changements qu’elle pourrait induire chez un jeune mobilisé. Dans cette perspective la mobilité spatiale est supposée entrainer une mobilité sociale.
Une expérience de mobilité européenne est avant tout, pour un jeune avec moins d’opportunités, un séjour de rupture. Un service volontaire européen (3) de plusieurs mois tout comme un échange de jeunes de courte durée permet de rompre avec le quotidien, de quitter sa famille, ses amis, son environnement. Il peut ainsi prendre de la distance par rapport à sa situation personnelle et professionnelle. L’espoir d’un déclic pour le jeune et la constitution d’un « puissant outil de redynamisation » sont permis. Avec les dispositifs habituels d’insertion, les jeunes en difficulté rencontrent rarement d’autres jeunes, ils restent entre eux, partagent souvent les mêmes problèmes, rencontrent les mêmes obstacles et les mêmes freins. Partir à l’étranger pour quelques jours ou quelques mois peut représenter une importante ouverture, une réelle opportunité en même temps qu’une expérience enrichissante.
La mobilité volontaire encadrée peut tout à la fois être événement, expérience, interaction, projection. Elle est "socialement construite, individuellement vécue, inter subjectivement partagée" [M. Lussault, 2004].
La mobilité a donc en cela, des effets individuels et sociaux.
En outre la mixité sociale, culturelle et linguistique modifie totalement l’appréhension même de la question de la rencontre, et donc de l’ouverture. En ce sens, l’immersion dans un pays de langue étrangère, premier obstacle au dialogue, force l’adaptation pour permettre échanges et compréhension et « impose » le recours à de nouvelles formes d’expression et de communication. Un certain phénomène de « décentration » qui peut ainsi se produire.
Arrêter, un temps, de voir le reste du monde sous le prisme de son quotidien et des limites qu’il impose parfois peut ainsi être rendu possible. La rupture que constitue l’expérience même de mobilité laisse supposer une certaine remobilisation. Les jeunes reviennent d’abord avec une meilleure idée de ce qu’ils souhaitent faire, ou tout au moins de ce qu’ils ne veulent pas faire. Leur projet personnel et professionnel étant mieux défini, ils peuvent re calibrer les outils et méthodes à déployer dans le cadre de leur recherche active d’emploi ou de formation. Ce dynamisme retrouvé ne dure peut‐être parfois pas mais « il est indubitablement moteur au retour ».
Enfin, les anciens volontaires reviennent changés: ils ne portent plus le même regard sur leur situation. Ils ont généralement pris confiance en eux et pourront prendre des initiatives, seront prêts pour de nouvelles expériences. A la confiance s’ajoute une meilleure estime de soi doublée de la fierté d’avoir achevé un projet personnel construit en ayant su gérer craintes, appréhensions, dépaysement et possibles difficultés.
Confrontés à une autre culture, à des pratiques différentes et ils ont dû s’adapter à ce nouvel environnement. Voyager signifie dès lors pour eux connaitre, apprendre à se connaitre, comprendre ses capacités et ses limites. Le SVE permet ainsi de « potentialiser tout le travail effectué par les structures habituelles dans le suivi et l’accompagnement des jeunes et de gagner en rapidité et en efficacité». En cela, la mobilité est « un outil pédagogique à part entière et à forte valeur ajoutée ».
2‐ Objectifs du projet et nature de l’action expérimentée

Malgré les politiques incitatives de l’Union européenne, la popularité des programmes de mobilité et l’augmentation des bénéficiaires, les objectifs initiaux sont loin d’être atteints. La mobilité reste encore marginale. La mobilité géographique reste toujours un signal fort de réussite et de prestige. La mobilité internationale est surtout connue et appréciée au travers de ces programmes communautaires (Erasmus, Socrates, Leonardo Da Vinci, Erasmus Mundus, Tempus, Promoteurs de Bologne, Label européen des langues, Europass etc.).
De plus en plus de jeunes, ces dernières années, se sont rendus à l’étranger pour réaliser un séjour que ce soit principalement dans les différents pays de l’Union Européenne, au Québec, dans le reste du Canada ou encore en Australie. Néanmoins, tout le monde s’accorde à dire que, si de plus en plus de jeunes se déplacent, le chiffre relatif reste faible et que de plus, la mobilité concerne encore les jeunes les mieux informés, les mieux qualifiés, les plus diplômés.
Il est vrai que malgré l’existence de dispositifs d’aide à la mobilité et les efforts de la Commission européenne, force est de constater que ceux‐ci profitent la plupart du temps aux étudiants diplômés ou aux jeunes en recherche de stage. Ceux qui sont très faiblement diplômés, en décrochage ou exclus du système scolaire, avec des situations professionnelles précaires sont très peu, voire pas du tout, la cible des programmes d’aide à la mobilité.
L’enjeu pour l’expérimentation était donc de réussir à capter un public n’ayant jamais eu d’expérience de mobilité internationale via des dispositifs existants, mais aussi de développer des mesures d’accompagnement adaptées pour baliser les différentes étapes et sécuriser les jeunes dans leurs démarches. Le montage et la réalisation d’un tel projet ne pouvait se faire sans un partenariat fort, l’information étant aussi importante que l’accompagnement.
Le pari pour les porteurs du projet était de déclencher par le voyage la remobilisation du jeune, son implication dans la construction de son insertion professionnelle, l’apprentissage de l'estime et la confiance en soi et du respect des autres; une ouverture socioculturelle.
Ici, l’idée de la Mission locale du grand Besançon est d’ouvrir la mobilité internationale, les séjours à l’étranger, à un public qui en est éloigné, les apprentis et jeunes en insertion professionnelle, typiquement la cible des JAMO que nous avons évoquée dans nos propos précédents. Le pari pour le porteur du projet est que le voyage soit un déclencheur pour la remobilisation du jeune, pour son implication dans la construction de son insertion professionnelle. Les qualités et compétences sollicitées dans le cadre d’une mobilité sont un outil de formation dans la mesure où si la démarche est balisée, elle implique la compréhension et la maîtrise de notions et de valeurs. Si bien qu’au retour, il est espéré que la plus‐value liée à la mobilité serve directement les jeunes dans leur démarche et se caractérise à terme par des retombées sur leur insertion professionnelle.
Pour répondre à ces difficultés et promouvoir la mobilité internationale, la Mission Locale du bassin d’emploi du Grand Besançon et ses partenaires ont proposé trois formes de séjours à l’international comportant chacun un accompagnement pédagogique (évaluation linguistique, acculturation au pays de destination, une sensibilisation aux valeurs civiques…):
‐ Un séjour international (en forêt amazonienne) à vocation pédagogique et citoyenne pour un groupe de 21 jeunes de niveau IV et infra IV, majeurs, dont 8 inscrits en mission locale et 13 apprentis en formation « travaux forestiers ».
‐ Un stage socioprofessionnel à Berlin autour des métiers de la restauration pour un groupe de 9 jeunes inscrits en mission locale.
‐ 16 projets individuels permettant à des jeunes dont les dispositifs classiques d’aide à la mobilité internationale ne suffisaient pas, de construire leur propre projet.
A ces trois actions s’est ajoutée une campagne de sensibilisation et de promotion de la mobilité internationale, organisée conjointement avec les journées de l’apprentissage, en valorisant notamment des expériences positives de jeunes dans ce domaine (participation à des manifestations, vidéo) et en utilisant le support du portail Jeunesse du CRIJ.
Enfin une plate‐forme collaborative dédiée à la mobilité des jeunes (PHILEAS : http://www.jeunes‐fc.com/phileas/) regroupe les acteurs nécessaires à la réussite des projets individuels ou collectifs. Au‐delà des outils (portail informatique, guide, documents …), la synergie des acteurs et la conjugaison des savoir‐faire ont permis, dans une logique de guichet unique, de co‐construire et d’organiser avec le jeune son projet de mobilité internationale en lui donnant toutes les chances de réussite.
Cette expérimentation a été testée sur un territoire restreint (Communauté d’Agglomération du Grand Besançon) mais souhaite s’étendre au territoire régional. L’outil créé est également transposable à d’autres thématiques, telles que le logement, et transférable à d’autres partenaires de l’expérimentation, comme le CRIJ.
3‐ Résultats de l’évaluation et enseignements de politique publique

Le projet d’expérimentation mettait en place conjointement plusieurs actions distinctes, pas toutes destinées au même public, ce qui rendait l’exercice de l’évaluation difficile. Aucune évaluation quantitative n’a pu se révéler véritablement pertinente. Les raisons sont aisément compréhensibles. Premièrement, la faiblesse des effectifs (environ 50 jeunes répartis dans trois dispositifs) ne nous autorisait pas à mener des analyses statistiques robustes. Deuxièmement, le temps court de l’expérimentation (1 an, l’expérimentation est donc désormais terminée) ne nous permettait pas de mesurer la portée d’une telle action et l’impact sur les individus en termes d’insertion professionnelle, ces éléments ne pouvant être saisis qu’à plus long terme.
L’évaluation, conduite par le Centre associé au Céreq de Besançon, a donc été construite sur une méthode essentiellement qualitative; le but de l’évaluation proposée étant de repérer les obstacles au bon fonctionnement du programme et les leviers qui permettront d’en améliorer l’efficacité dans l’optique d’une généralisation.
Les enquêtes qualitatives menées auprès des bénéficiaires et des partenaires soulignent la double incidence de l’expérimentation, sur les bénéficiaires d’une part, et, encore plus nettement, sur la dynamique partenariale entre acteurs d’autre part. Sur ce registre, on peut noter une évolution importante dans la capacité de mise en réseau des acteurs locaux autour de ce projet collaboratif.
Effets sur les bénéficiaires : les vertus de la mobilité sur le projet professionnel et la perception de soi

Les enquêtes qualitatives auprès des jeunes bénéficiaires ont mis à jour les premiers effets de l’expérimentation sur ces publics. Certes, la mesure de ces effets mériterait d’être consolidée à partir d’observations sur un échantillon de plus grande taille. Néanmoins, des évolutions significatives sont à l’oeuvre, qui se traduisent dans les projets scolaires et professionnels. Plus largement, elles sont repérables au niveau des changements de comportements de ces jeunes expérimentant l’ouverture culturelle et le dépaysement.
Les jeunes partis à l’étranger ont été réellement impliqués dans la construction d’un projet; les attentes formulées ont d’ailleurs été satisfaites dans la majorité des cas. La préparation avant le départ s’est révélée cruciale pour le bon déroulement du séjour. Cette étape « en amont », dont le jeune a été aussi le concepteur et l’acteur, visait à mettre toutes les chances de son côté pour éviter une nouvelle situation d’échec. Il était important que cette mobilité à l’étranger soit adaptée « au plus juste » des aspirations et des capacités individuelles pour chacun de ces jeunes de la mission locale, déjà confrontés lors de leur parcours antérieurs à l’absence de valorisation personnelle.
Pour une part d’entre eux, le séjour hors de France a eu des répercussions sur leur projet scolaire et professionnel. La rupture avec l’environnement habituel a déclenché l’introspection et la découverte de nouveaux savoirs (savoir‐vivre, savoir‐faire et savoir‐être). Ces apprentissages multiples ont souvent permis aux jeunes de se remobiliser, parfois même de se « surpasser ». Cette remobilisation est souvent essentielle; elle constitue un effet levier sur des réorientations positives, auparavant peu envisagées, et passant par une remise en question du projet professionnel. Les propos recueillis révèlent aussi l’acquisition de nouvelles compétences pouvant avoir un impact significatif sur les démarches engagées dans la vie professionnelle. L’apprentissage de la confiance en soi et la communication sont des atouts majeurs en matière d’insertion professionnelle; les jeunes déclarent souvent avoir réussi à développer ces dimensions au fil du séjour.
Sur un plan personnel, la perception d’un changement de soi est exprimée dans une majorité de cas. Outre les bénéfices de la découverte d’une nouvelle culture et d’un nouveau mode de vie, les jeunes évoquent un apprentissage de l’altérité. Certains déclarent avoir appris à vivre au sein d’un groupe inconnu et à se respecter mutuellement. Autant d’effets notables soulignés lors des entretiens.
Impact sur l’environnement institutionnel : des effets positifs sur la coordination des acteurs régionaux

Au‐delà de l’organisation des séjours à l’étranger, l’objet principal de l’expérimentation était de co‐construire un outil permettant aux structures de travailler ensemble autour de la problématique du jeune. Les effets de convergence sont, à l’heure actuelle, partiellement opérationnels. L’expérimentation a ainsi permis de nombreux rapprochements, et la connaissance réciproque des différents acteurs et services locaux s’en trouve améliorée. Cet effet a dépassé la seule question de la mobilité et s’est étendue à d’autres thématiques qui concernent ce public spécifique. L’organisation des Journées de l’apprentissage et de la mobilité internationale était une première et une réussite en matière de travail en réseau. Par ailleurs, autour du portail collaboratif, une vingtaine de partenaires se sont associés afin de rassembler tous les acteurs de la mobilité internationale. Sont concernés les dispositifs classiques, mais également des chantiers de jeunes ou des projets de solidarité internationale. De nouveaux partenariats ont pu être noués.
A ce titre, l’expérimentation a su insuffler une dynamique endogène qui reste aujourd’hui à animer et à pérenniser. Le portail interactif et collaboratif constitue un outil qui doit permettre de réunir les acteurs de façon durable autour d’un accompagnement concerté des projets des jeunes. Les acteurs ont donc su recentrer la problématique autour du jeune afin de promouvoir la mobilité.
Faciliter la mobilité internationale des jeunes en mission locale ou en apprentissage Διευκόλυνση της διεθνούς κινητικότητας των νέων σε τοπικό αποστολή ή μάθησης. S.Carel, Μ. Guyon, Α. MAZOUIN, Net.Doc, αριθ. 98, 2012, 131 σ..
Αυτό το πείραμα, που από την τοπική αποστολή της στον τομέα της απασχόλησης του Besançon, έχει ως στόχο να επιτρέψει στους νέους με μικρή ή καθόλου το κινητό για να απολαύσετε την εμπειρία των διακοπών στο εξωτερικό.
Ο στόχος είναι να (επαν) κινητοποίηση αυτών των νέων ανθρώπων, ώστε να μπορέσουν να προγραμματίσουν το μέλλον και να σκεφτούμε σχετικά με τα σχέδια της σταδιοδρομίας τους. Η αξιολόγηση, η οποία διεξήχθη από το κέντρο που συνδέεται με CEREQ Besançon, είναι κυρίως ποιοτική. Τονίζει τις εισφορές της συσκευής για την εκμάθηση της αυτοπεποίθησης και της επικοινωνίας θεωρείται, για την εισαγωγή στοιχείων. Ο πειραματισμός επέτρεψε επίσης πολλές συνδέσεις μεταξύ των τοπικών φορέων και τη βελτίωση της αμοιβαίας κατανόησης τους.
ΠΕΡΙΛΗΨΗ

Μία από τις προτεραιότητες της Ευρωπαϊκής Επιτροπής είναι να εξασφαλίσει ότι αυτοί οι νέοι άνθρωποι που ονομάζεται "οι νέοι με λιγότερες ευκαιρίες," πρόσβαση στην υπάρχουσα διεθνή υποστήριξη της κινητικότητας
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