Parcours en formation et en emploi. Quels enseignements pour l'action ? Troisièmes rencontres interrégionales Céreq - Dares - inter Carif Oref. Relief, n°40, 2012. Télécharger la publication.
Les troisièmes rencontres interrégionales Céreq - DARES - Réseau des CARIF OREF se sont tenues à Rouen le 22 septembre 2011. Cette manifestation qui s’adresse à l’ensemble des intervenants de l‘emploi, de l’orientation, de la formation et de l’insertion en région a rassemblé plus de 250 personnes. Cette année, c’est la question des parcours en formation et en emploi et des enseignements que leur analyse apporte à l’action et aux décisions de politique publique qui a animé les débats. Les deux  premières manifestations du genre avaient eu lieu à Marseille en novembre 2007 sur « l’expertise formation emploi à l’épreuve des territoires », puis à Lyon en septembre 2009 sur « mobilités, quelles réalités? »
La stratégie Europe 2020: comment répondre aux défis formation-emploi?
Christiane Westphal, Commission européenne, Direction générale emploi, affaires sociales et inclusion
1. La situation de la France en Europe

Merci beaucoup. Bonjour, Mesdames et Messieurs. Merci beaucoup pour l’invitation de venir apporter une perspective au-delà de l’image de la situation franco-française. Je dois dire, en réponse à ça, pour nous, à la commission à Bruxelles, c’est très important de sortir de notre tour d’ivoire et d’aller dans les États-membres et participer et écouter aussi vos débats. Hier, j’ai eu l’occasion de participer à deux débats allemands allemands, sur des sujets un peu similaires, donc c’est pour moi aussi intéressant de voir un peu les contrastes et les similarités.
Je vais tout de suite rentrer dans le cadre européen. Ma présentation se divise en deux parties. En première partie, je veux vous donner quelques éléments-clés, comment nous voyons, sur le plan européen, la situation de la France par rapport à l’ensemble des pays. Dans la deuxième partie, je voudrais vous expliquer un petit peu ce que nous avons travaillé à Bruxelles en coopération avec les États-membres ces derniers mois sur la question de l’emploi des jeunes. Je crois que je ne dois pas souligner beaucoup que la situation des jeunes en Europe nous préoccupe beaucoup à la commission. Nous avons des pays qui ont beaucoup souffert de la crise, de la récession, qui n’arrivent pas à bien récupérer. Vous lisez certainement aussi des chiffres inquiétants dans la presse sur la situation des jeunes en Espagne, en Grèce par exemple, mais aussi dans beaucoup d’autres pays en Europe: elle n’est pas bonne. Nous avons commencé un travail renforcé avec les États membres pour attaquer ce défi. Ce seront les deux grandes parties de ma présentation.
Je vais commencer avec un petit rappel à propos des objectifs que l’Europe, que les États membres, se sont fixés pour la période d’ici 2020. Nous avons trois objectifs qui concernent la transition éducation-emploi:
• augmenter le taux d’emploi, en moyenne européenne, à 75 % de la population entre 20 et 64 ans. Ça présente un changement par rapport aux objectifs que nous avons poursuivis à Lisbonne, dans la décennie avant, quand nous avons eu encore des objectifs pour l’emploi, pour la catégorie des 15 à 64 ans. Ce changement 20 à 64 ans, nous mettons beaucoup plus l’accent sur la formation des jeunes, avant l’entrée dans le marché du travail. Effectivement, on ne veut pas tellement que les gens rentrent sans aucune qualification à 15, 16, 17 ans dans le marché du travail. On préfère qu’ils aient d’abord une bonne formation;
• la réduction du décrochage scolaire. C’est un double objectif dans le domaine de l’éducation, c’est-à-dire réduction à moins de 10% et au moins 40% de jeunes adultes possédant un diplôme de l’enseignement supérieur.
• la réduction des personnes en risque de pauvreté. Cet objectif est aussi lié, d’une façon indirecte, aux objectifs emploi-éducation. C’est surtout devenu très important pour la jeune population parce que les jeunes qui n’arrivent pas à rentrer dans le marché du travail, dans beaucoup d’États membres, ont très peu de couvertures de sécurité sociale. Ce sont des groupes à risque de pauvreté à plus long terme s’ils n’arrivent pas à trouver leur chemin vers le marché du travail.
Les objectifs qui ont été établis par le Conseil européen, l’an dernier, ont ensuite été traduits dans des objectifs de chaque État membre. En effet, chaque État membre a été appelé à définir des objectifs ambitieux, dans le cadre de sa situation nationale, de ses perspectives, de ses capacités. Je souligne « ambitieux » parce que la stratégie ne prévoit pas que chaque pays arrive à la moyenne européenne, mais que chaque pays, dans le concert des États membres, fasse de son mieux pour aider l’Europe à arriver à des moyennes plus élevées.
Concernant les objectifs fixés par la France, ce sont des objectifs ambitieux, en période de crise:
• augmenter le taux d’emploi d’un peu plus de 5%, ce qui est ambitieux dans les conditions actuelles;
• réduire le décrochage scolaire de plus ou moins 3%;
• augmenter le nombre de personnes avec diplôme supérieur jusqu’à la moitié de la jeune population. Ça, c’est le cadre dans lequel vous travaillez et auquel vous contribuez, chacun à votre niveau, dans ce système éducation-emploi.
Devant la diversité des situations européennes, le défi que nous devons relever pour formuler des politiques au niveau européen est d’autant plus grand.
Commençons par le décrochage scolaire. La moyenne en Europe est de 14,4%. La France se situe déjà bien en dessous. Deuxième indicateur, le niveau second/supérieur en éducation ou formation. Là, la France est déjà au-delà de la moyenne européenne. Pour vous donner un chiffre de comparaison, l’Allemagne est 10% en dessous.
L’enseignement supérieur, là aussi, vous êtes déjà bien au-delà de la moyenne européenne. Le seul indicateur où vous n’êtes pas meilleurs que la moyenne, c’est ce qu’on appelle le groupe de personnes des compétences insuffisantes. Ce sont les résultats des fameuses études PISA qui sont menées par l’OCDE. Ça indique le pourcentage des jeunes à l’âge de 15 ans qui n’ont pas assez de compétences en lecture, écriture et calcul. Ce tableau pose un peu la question: quelle est la relation entre ce chiffre – quasiment 20% – et les autres chiffres? Là, on peut voir, il y a peut-être un élément à regarder de plus profond, mais en résumé, la France se situe bien dans la perspective européenne, par rapport au niveau de qualification quant aux résultats du système d’enseignement.
Ce qui devient intéressant, c’est de savoir comment ça se traduit dans la situation des jeunes sur le marché du travail. Bon point de départ en général, et après, performance sur le marché du travail. Là, vous voyez que le paysage change un tout petit peu : le taux d’emploi en France pour des jeunes qui ont moins de 25 ans est inférieur à la moyenne européenne, à 30 %, ce qui s’explique surtout par le fait que beaucoup de jeunes, dans cet âge-là, sont dans l’éducation. En quelque sorte, c’est logique si presque la moitié des jeunes prépare un diplôme de l’enseignement supérieur, qu’ils ne soient pas, en même temps, sur le marché du travail.
Il y a quand même des divergences très fortes en Europe. Vous avez des pays, surtout comme les Pays-Bas, qui ont un bon système d’enseignement supérieur, qui ont aussi de très bons résultats pour les diplômes supérieurs, mais qui ont quand même aussi un taux d’emploi déjà très élevé, parce qu’ils commencent plus tôt à combiner études et expérience du travail.
En ce qui concerne le chômage des moins de 25 ans, vous voyez que la France est au-dessus de la moyenne européenne, ce qui est en partie dû aux impacts de la crise. Mais quand on regarde un peu ce qui s’est passé les dernières années, il y avait déjà un problème avec le chômage des jeunes avant la crise. Ça, il faut le dire aussi.
Il y a une divergence européenne. Aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche, le taux de chômage des jeunes est limité à 10%, dans les autres pays, il s’élève à 20 ou 30%, voire à plus de 40% comme en Espagne. J’aimerais bien quand même clarifier une chose: le taux de chômage des jeunes est calculé par rapport à la population active dans ce groupe de travail. On peut lire quasiment chaque jour dans la presse en Europe que la moitié des jeunes Espagnols n’a pas d’emploi. Ce n’est pas vrai puisque la moitié des jeunes Espagnols est encore dans le système d’éducation. Ils ne sont même pas sur le marché du travail, c’est pour mettre un peu en relation ces chiffres-records. Bien sûr, ça ne veut pas dire que c’est une excuse, mais il faut quelquefois un peu corriger les perceptions publiques qui sont derrière.
Le troisième indicateur, qui est devenu beaucoup plus important pour nous, à Bruxelles, pour évaluer la situation des États membres, c’est le taux des jeunes qui ne sont ni dans l’emploi ni dans l’éducation ou la formation. L’abréviation anglaise qui devient de plus en plus courante, c’est NEET (Not in Education, Employment or Training), parfois, c’est déjà traduit dans des langues nationales Ça nous inquiète beaucoup, parce que nous voyons que depuis le début de la crise ce taux est en forte augmentation dans certains États membres.
Nous avons, dans l’Union européenne aujourd’hui, 7 pays où ce taux a dépassé les 20%. Ça veut dire qu’il y a des pays où un jeune sur cinq, dans le groupe d’âge de 18 à 24 ans, ne fait rien. Il n’est pas dans l’emploi, il ne participe plus à l’éducation et à la formation. On peut quand même supposer que tous ces jeunes ne sont pas des femmes qui sont enceintes ou qui viennent juste d’avoir un enfant. Vous faites des sourires, mais dans quelques pays, c’est encore un facteur, il y a des femmes qui sortent très tôt du marché du travail. Mais un sur cinq, ça veut dire qu’il y a d’autres problèmes.
Pour résumer, les bons résultats a priori du système scolaire ne se traduisent pas très fortement dans la performance du marché du travail. C’est un résumé qui contraste avec un bilan, par exemple, pour l’Allemagne qui se situe beaucoup moins bien par rapport aux résultats chiffrés du système d’éducation, mais qui a une performance sur le marché du travail qui est nettement meilleure. Il n’y a pas d’automatisme. En effet, on ne peut pas dire que les bons résultats de l’éducation entraînent de bons résultats sur le marché du travail. Là, il y a de très grandes différences.
L’Autriche est un cas aussi intéressant. En effet, elle a de très faibles résultats dans les études PISA, mais le taux de chômage des jeunes est en dessous de 10 %. Donc, ils arrivent encore à intégrer des jeunes de basses qualifications dans le marché du travail. On peut dire que c’est un petit pays et parfois, ce genre de problème est plus facile à gérer dans un petit pays que dans un très grand pays, mais ce sont des situations différentes. Pour continuer cette perspective, nous avons, au niveau européen, un processus pour gérer la stratégie Europe 2020. Chaque année, la première moitié de l’année s’appelle le « semestre européen ». Pendant cette période-là, chaque pays transmet à Bruxelles son programme de réformes qui explique ce que le pays va mettre en place pour arriver aux objectifs Europe 2020. Ensuite, la commission fait l’analyse de tous ces plans nationaux pour en tirer des conclusions et elle propose au Conseil européen des recommandations par pays. Ces recommandations sont ensuite négociées dans les différents conseils thématiques, tels que le conseil emploi, le conseil ECOFIN, etc., et quand toutes ces négociations sont terminées, c’est le Conseil européen qui adopte pour chaque pays, des recommandations.
Dans le paquet des recommandations pour la France, qui ont été adoptées en juillet, on se concentre, c’est un peu logique, sur les problèmes du marché du travail. Il n’y a pas de recommandation qui concerne le système d’enseignement pour les jeunes. Il y a des recommandations qui concernent plutôt l’apprentissage tout au long de la vie, mais pour les jeunes, nous voyons les problèmes plutôt dans le fonctionnement du marché du travail. Il y a deux aspects:
• la segmentation dans le marché du travail entre les jeunes et les travailleurs plus âgés, en ce qui concerne le type de contrat. On trouve que les jeunes travailleurs sont beaucoup plus exposés à des risques dans le marché du travail que les travailleurs plus âgés. Contrats à durée déterminée qui s’enchaînent, et qui souvent, ne permettent pas aux jeunes d’accéder à des emplois plus stables;
• le rôle, les ressources et les résultats des services publics d’emploi dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi, y compris surtout les jeunes.
Ça, c’est l’image de la France dans le concert européen. Maintenant, je passe à la deuxième partie pour vous donner une idée de ce qu’on pense à Bruxelles en Europe, sur l’emploi des jeunes.
2. Les travaux de la Commission européenne sur l’emploi des jeunes
On entend ces jours-ci beaucoup de questions « mais que fait l’Europe pour ses jeunes? Ça ne peut pas continuer comme ça », etc. Dans le travail avec les États membres, on a fait quelques progrès ces derniers mois. L’an dernier, quand la Stratégie Europe 2020 a été préparée, la commission a proposé une série d’initiatives phares pour soutenir les différents aspects de la Stratégie Europe 2020. Une des initiatives phares s’appelle « Jeunesse en mouvement », et elle est consacrée à l’éducation et à l’emploi des jeunes. Dans cette initiative, nous avons fait une proposition aux États membres : quelles devraient être les priorités dans les politiques d’emploi pour les jeunes? Suite à la publication de cette communication, nous avons eu un débat pendant plusieurs mois, dans le Conseil d’emploi, et les formations qui précèdent le conseil – c’est le Comité d’emploi au niveau européen – et les travaux ont abouti en juin à des conclusions: « promouvoir l’emploi des jeunes pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 ».
C’est la première fois que le Conseil emploi, au niveau européen, a adopté un papier politique spécifiquement pour les jeunes. Il faut souligner ça très fortement parce que notre stratégie d’emploi, pendant beaucoup d’années, ne s’est pas concentrée sur des groupes spécifiques dans le marché du travail. Nous avons toujours poursuivi une approche générale, nous avons dit « il faut regarder l’ensemble du marché du travail. » Nous continuons bien sûr à faire ça, il y a beaucoup d’aspects dans le fonctionnement du marché du travail où la situation des différents groupes est aussi en relation, mais nous sommes arrivés à un point où nous voyons que, pour les jeunes, il y a des aspects importants qui ne sont pas tellement importants pour d’autres catégories de personnes sur le marché du travail.
C’est vraiment un pas en avant, et c’est pour nous désormais le cadre dans lequel nous continuons à travailler avec les États-membres pour surveiller comment ces conclusions sont mises en oeuvre pratiquement dans les États-membres.
Ces conclusions portent sur trois grands domaines que je vais vous présenter comme trois champs de priorités.
2.1. Les transitions

Quand on regarde l’ensemble des conclusions, on voit très vite que le plus grand accent est mis sur les transitions et les premières transitions: quand les jeunes sortent de l’enseignement général, quand ils doivent faire un choix: « qu’est-ce que je vais faire? Est-ce que je vais faire une formation professionnelle? Est-ce que je vais poursuivre mes études? Qu’est-ce que je veux faire comme travail dans la vie? Quelle profession m’intéresse ou non? » Ça commence à ce stade-là, où actuellement, nous perdons trop de jeunes en Europe.
Il ne faut pas oublier que, malgré la situation très difficile du marché du travail, après la crise, nous serons quand même confrontés aux changements démographiques, donc on aura besoin de beaucoup de personnes qualifiées pour remplacer les travailleurs qui partent à la retraite. J’ai lu ce matin dans la presse, en Belgique, par exemple, dans les prochaines années, le nombre de personnes qui vont quitter le marché du travail pour raison d’âge sera déjà bien supérieur à celui des quelques années passées. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre les jeunes dans cette toute première phase où nous avons besoin d’orientation professionnelle, de conseils personnalisés. Nous discutons ensemble avec les États membres, les approches qui existent déjà dans certains pays qui s’appellent « Garantie jeunesse », qui sont, par exemple, une garantie que chacun, chacune peut avoir une place dans la formation professionnelle si il ou elle veut. Il y a d’autres pays qui mettent en place des garanties jeunesse d’une façon à ce qu’il y ait un certain monitoring et que tous les jeunes qui quittent le système scolaire obligatoire fassent un pas vers une prochaine activité, qu’ils ne soient pas perdus.
La formation professionnelle, surtout de type apprentissage, mérite également d’être promue en Europe. Nous avons toujours des systèmes de formation professionnelle dans certains pays qui sont largement déconnectés des vrais besoins du marché du travail, ce qui a pour conséquence qu’ils ne sont pas attractifs pour les jeunes. Alors, tous les parents veulent que les enfants fassent des études universitaires et après, il y a un grand déséquilibre entre les besoins du marché du travail et les diplômes que les gens ont obtenus.
Nous avons besoin des politiques actives, ciblées pour ceux qui ont des difficultés particulières, pas seulement avec leur diplôme scolaire, mais aussi qui viennent des familles en situation difficile, financièrement, socialement, etc. Et, ce qui est important c’est qu’à ce niveau-là, quand il s’agit de mettre en route les jeunes vers leur transition vers le marché du travail, il y a aussi une bonne collaboration des différents acteurs sur le terrain.
La situation est très différente entre les États membres. Il y a des pays où ce sont les services publics d’emploi qui sont en charge, qui sont responsables d’assurer certaines choses. Il y a d’autres pays où les services publics d’emploi n’ont aucun rôle spécifique pour les jeunes, donc ce sont plutôt d’autres institutions qui s’occupent aussi des jeunes, qui sont responsables.
2.2. Le fonctionnement du marché du travail

C’est très clair, après la crise, nous avons aussi besoin de stimuler l’offre. On peut faire beaucoup pour les jeunes, mais si, après, il n’y a pas d’offres d’emploi, c’est clair qu’on ne peut pas résoudre le problème du chômage des jeunes. Il faut aussi bien veiller à cet aspect-là. Il y a différents types de mesures, par exemple, des mesures qui aident les employeurs en supprimant des cotisations sociales pendant un premier temps, etc. Il faut toujours voir dans le contexte spécifique national ce qu’on peut faire pour stimuler l’offre.
Réduire la segmentation, c’est le problème que j’ai déjà évoqué pour la France. Nous devons aussi faire plus pour promouvoir une mobilité, et une mobilité de qualité. Nous avons de plus en plus, en Europe, des pays qui n’arrivent plus à remplir tous leurs postes vacants. Donc, on doit faire plus pour promouvoir la mobilité des jeunes qui pourraient prendre ces places de travail.
Nous sommes actuellement en train de lancer une nouvelle initiative, au niveau européen qui s’appelle « Ton premier emploi EURES ». Ça va commencer concrètement au début de l’année prochaine. On veut mettre en place des stimuli pour que les jeunes aillent à l’étranger et que les employeurs les embauchent. Ça sera un soutien financier concret, pour les coûts d’intégration (faire un cours de langue, etc.), pour augmenter ce type de mobilité.
Au niveau européen, on réalise aussi certaines actions pour soutenir le développement dans les États membres.
Ce qui est très important et très demandé, c’est le partage d’expériences et de pratiques. Ça se passe à deux niveaux:
• les formations officielles. À Bruxelles, nous avons le comité d’emploi, avec les représentants des ministères d’Emploi, nous avons aussi un réseau de dialogues entre les représentants des services publics d’emploi, mais nous faisons aussi maintenant beaucoup d’actions sur le terrain. Nous avons lancé un appel à proposition cette année, par exemple, avec 12 projets à travers l’Europe pour des acteurs de terrain, pour leur permettre d’échanger leurs expériences sur la lutte contre le chômage des jeunes;
• le Fonds social européen est une source importante pour beaucoup d’États membres, pour financer des mesures en faveur des jeunes.
2.3. Améliorer la coopération des différents acteurs du marché du travail: partenaires sociaux, services publics d’emploi

Il y a aussi d’autres services d’emploi que les services publics dans certains États membres, et bien sûr, il y a les organismes d’éducation et de formation.
Quels seraient les objectifs de cette coopération renforcée ? Nous avons besoin de savoir ce qui se passe sur le marché du travail. Il faut donc anticiper les offres et les besoins, les compétences. C’est de plus en plus important vu le changement démographique et aussi le développement rapide du marché du travail. Dans une autre initiative phare de l’Europe 2020, l’agenda pour les compétences, nous allons mettre en place, l’année prochaine, un nouvel outil qui s’appelle le « Skills Panorama » (le Panorama des compétences) dans lequel nous allons rassembler tous les acteurs européens qui travaillent dans ce domaine de l’anticipation des compétences.
Toujours un peu dans cet esprit, de cette coopération : améliorer la relation entre l’enseignement professionnel et la demande du marché du travail, surtout sur le terrain. Il faut se rendre compte que la mobilité de la plupart des jeunes a ses limites ! Ils ne vont pas s’éloigner trop de leur région d’origine, donc il faut aussi s’assurer que ce qu’on leur propose comme formation peut être utilisé dans les rayons du marché de travail où ils vont prospecter pour trouver un emploi.
Orientation dans le cadre scolaire: j’ai participé, hier, à un débat sur la situation allemande, où il y avait aussi quelques représentants autrichiens, qui ont par exemple expliqué qu’en Autriche, pendant un certain temps, on a poursuivi la stratégie selon laquelle les professeurs des écoles doivent venir avec leur classe dans les bureaux des services publics d’emploi pour recevoir des informations sur le marché du travail. C’était la stratégie poursuivie pendant quelques années et on a dit « voilà, ça les incite à prendre activement les choses en main. » Maintenant, on fait demi-tour, on change le système: le service public d’emploi va systématiquement visiter toutes les classes concernées parce qu’ils ont constaté que la stratégie « faites-les venir » a eu pour résultat qu’ils ne sont pas tous venus et probablement, ceux qui avaient le plus besoin de conseils ne sont pas venus.
Reconnaissance des compétences: c’est un dossier également dans notre agenda des compétences. Il y aura, l’année prochaine, probablement, une communication de la commission sur la reconnaissance de l’apprentissage formel, non formel, informel, pas ciblé spécialement sur les jeunes, mais qui a aussi un impact sur les jeunes.
L’offre des places en apprentissage, en stage et en d’autres expériences professionnelles: c’est important, en temps de crise, de maintenir les employeurs engagés. Et, malgré les difficultés financières qu’il y a un peu partout, il faut assurer que des places soient proposées aux jeunes. Là aussi, le fonds social peut intervenir au niveau national pour soutenir ce genre d’action.
Et, le dernier point, ça concerne surtout le groupe des NEET : mettre en place des stratégies pour le retour vers l’éducation/formation ou l’emploi des jeunes qui sont vraiment en risque d’exclusion plus permanente. Voilà, grosso modo, ce que le conseil des ministres de l’Emploi a adopté comme feuille de route pour la politique en faveur des jeunes, pour les années à venir.
À Bruxelles, nous allons faire un tout premier bilan au printemps 2012, quand nous allons avoir les rapports des États-membres sur leurs programmes nationaux de l’année écoulée. Merci beaucoup.
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Parcours en formation et en emploi. Quels enseignements pour l'action ? Third interregional meetings Céreq - Dares - inter CARIF OREF. Relief, No. 40, 2012. Download the publication.
The third interregional meetings Céreq - DARES - Network CARIF OREF held in Rouen on 22 September 2011.
This event, which is open to all stakeholders in the employment, orientation, training and integration in the region has attracted more than 250 people. This year is the issue of career training and employment and their analysis provides lessons for action and policy decisions that moderated the discussion. The first two events of this type took place in Marseille in November 2007 on "employment training expertise to the test of the territories", then in Lyon in September 2009 on "mobility, what reality?"
The Europe 2020 strategy: how to meet the training and employment challenges?

Christiane Westphal, European Commission, Directorate General for Employment, Social Affairs and Inclusion
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