http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/logo_sciences2.pngLa visite au Cnrs de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, s'est terminée par un point de presse dont je reviens.
En résumé, la ministre a obtenu des membres du Conseil Scientifique du Cnrs interrogés un satisfecit très net sur sa méthode et le ton qu'elle emploie... mais des inquiétudes se font déjà jour sur la politique qu'elle pourra conduire...
Les deux mots principaux de son discours de la méthode furent "confiance" et "dialogue". La ministre veut ré-instaurer une relation de confiance entre le monde politique et celui des laboratoires, ainsi qu'entre ce dernier et les citoyens. Le premier couple signifie la fin des méthodes "brutales" de Nicolas Sarkozy, son discours "méprisant" du 22 janvier 2010, le refus de la mobilisation par la "provocation". Fioraso voit dans la visite d'hommage à Marie Curie de François Hollance la marque d'une confiance envers la recherche, les chercheurs, et leur capacité à aider la société à relever les défis d'un 21ème siècle qui verra la population mondiale «passer les 9 milliards d'habitants dans un monde où les ressources naturelles sont limitées et où les disparités entre pays sont trop fortes.»
Le second couple signifie pour elle la nécessité d'entretenir un dialogue continu sur les promesses comme sur les risques des technologies - elle a illustré ce point de vue dans son rapport à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques sur la biologie de synthèse (lire ici).
La ministre a donc commencé par verser du miel sur les cicatrices laissées par Nicolas Sarkozy. Le CNRS et les autres organismes de recherche verront leur rôle de «pilotage» dans la politique scientifique réaffirmé et les Unités mixtes de recherche (entre universités et organismes) seront remis dans leur place centrale. Elle annonce que les Assises de l'Enseignement supérieur et de la recherche, prévues pour fin octobre début novembre aboutiront à une «nouvelle loi cadre» qui remplacera la LRU. Elle annonce un «rééquilibrage des crédits» entre l'ANR et les crédits récurrents des laboratoires, comme une révision du rôle de l'AERES ainsi qu'une «simplification» des dispositifs visant à diminuer le temps perdu par les chercheurs à la «chasse aux crédits».
Ces propos, glisse Bruno Chaudret, le Président du Conseil scientifique du CNRS, lui ont bien sûr attiré un satisfecit général de ses interlocuteurs...
Autre source d'inquiétudes chez certains chercheurs et universitaires, la "coloration" de son cabinet. On y trouve Lionel Collet comme "dir-cab" - un poste qui, en général, n'est pourvu que sur autorisation, voire sur ordre, du Premier ministre - mais aussi Jacques Fontanille et Daniel Filâtre qui, à la Conférence des présidents d'universités, avaient plus joué la coopération avec Valérie Pécresse que la confrontation directe, ce qui leur avait été vivement reprochés par ceux qui manifestaient en 2009. La "réconciliation" voulue par Vincent Peillon (lire ici) tourne pour l'instant à la victoire d'une partie seulement. Article entier. Voir aussi l'article Geneviève Fioraso rend visite au CNRS.