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La Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) et la Délégation à l’information et à l’orientation (DIO) ont remis, début avril 2012, au ministre de l’écologie, un rapport intitulé « Informer et orienter ‘vert’ et certifier les compétences vertes ».
L’objectif à terme est de mettre en place des ressources numériques concernant les certifications identifiées « vertes » sur la plateforme Orientation pour tous afin d’informer les différents publics et d’outiller les acteurs de l’AIO (accueil, information, orientation).
Ce rapport préconise de mettre en ligne une cartographie des certifications pour chacune des 11 filières professionnelles en fusionnant les données de sources diverses (CNCP, DIO, Centre Inffo, Onisep): liste des certifications, niveaux de qualification, métiers, modalités d’accès et de financement… Consulter le rapport.
http://www.cncp.gouv.fr/gcp/webdav/site/cncp-internet-cncp/shared/contents/images/logos/logo_cncp.gifRapport des missions confiées par la Ministre de l’Ecologie,du Développement durable, des transports et du Logement  dans le prolongement du Grenelle de l’environnement et du Plan de mobilisation nationale des filières et des territoires pour une croissance plus durable (28 janvier 2010). Consulter le rapport.
Informer et orienter ‘vert’ et certifier les compétences vertes
Le Grenelle de l’environnement a conduit à réorienter de vastes pans de l’économie française vers un modèle de production et de consommation plus respectueux du développement durable et qui préserve l’environnement.
Le terme de « croissance verte » résulte de la pression croissante de nos sociétés sur l’environnement et même si ce  terme devient incontournable, sa forme et son contenu en richesses et en emplois dépendront des politiques fiscales, technologiques, de formations réglementaires engagés par l’Etat et les institutions internationales comme le démontre le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) dans ses récents travaux. Cela induit la création de nouveaux emplois ou l’adaptation d’autres, la définition de nouvelles compétences, la capacité à former à de nouveaux métiers et la gestion des transitions des compétences d’un territoire à l’autre ou d’un secteur d’activité à un autre.
Le développement de ces nouveaux métiers ou de l’évolution de certains autres obligera au développement de formations innovantes et de nouvelles compétences. De l’information à l’orientation, de la formation à la certification professionnelle comment aider tous les publics, les organismes et les entreprises à repérer le verdissement de tous ces secteurs ?  
1.    Les métiers « verts », des enjeux pour les certifications professionnelles et l’orientation

Le potentiel lié à la « croissance verte » est évalué selon les critères de définitions employés et « sous certaines conditions » à plusieurs centaines de milliers d’emplois et environ
600 000 « dans la prochaine décennie » .
Moins créateur d’emplois et de nouveaux métiers que prévu, la protection de l’environnement en tant que telle affecte toute l’économie et nécessite une adaptation d’un grand nombre de métiers aux nouvelles exigences générées. La « croissance verte » va essentiellement contribuer à faire évoluer les emplois existants, voire traditionnels » .
Il n’en reste pas moins qu’il faudra impérativement adapter les formations existantes aux nouvelles compétences et en créer de nouvelles si l’on veut répondre aux attentes de l’économie et des entreprises.
Les principaux secteurs créateurs d’emplois sont: les déchets et les eaux usées avec, loin derrière, la réhabilitation des sols et des eaux, le bruit, la nature, le paysage, la biodiversité, la pollution de l’air, cependant de plus en plus de secteurs (banques, assurance, communication) sont impactés. La fonction publique territoriale, premier employeur en matière d’environnement, voit également ses métiers se transformer et de nouvelles fonctionnalités apparaître.
Dans ce contexte émergent et au regard des perspectives identifiées, ce rapport vise à répondre à deux grands types de questions
Comment mieux orienter les jeunes, mais aussi les adultes mobiles, vers les métiers identifiés comme « verts et verdissants» et avec quelles ressources, compte-tenu d’une part de la diversité des acteurs, de la variété des réseaux et de la multitude des initiatives créées au niveau national et régional dans le domaine de l’information et de l’orientation et d’autre part de la faible connaissance ou du faible signalement des métiers et emplois verts dont on fait constat aujourd’hui ?
Comment réaliser le repérage dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) afin d’identifier les métiers de la croissance verte. Autrement dit, comment signaler le degré de verdissement des compétences et savoir-faire attestés par chaque certification qu’il s’agisse du stock des certifications existantes créées par des certificateurs publics (les ministères notamment) ou privés (les branches professionnelles, les organismes de formation, les professions…) ou qu’il s’agisse des certifications à venir (le flux).  Tels sont les questionnements que nous avons pris en compte.
Comment introduire un signalement systématique et légitime de leurs composantes vertes, sachant que les nomenclatures en usage sont variées et s’avèrent peu compatibles, malgré les tentatives de correspondance mises en œuvre ? Et de manière complémentaire, comment amener certains certificateurs à faire évoluer leurs certifications qui pourraient s’avérer inadaptées sur ces points?
Quelles initiatives proposer dans la perspective de mutualiser les ressources, d’approfondir la connaissance des métiers verts, de développer des bases de données publiques, de fédérer les réseaux en place et de développer des plateformes ou des outils numériques et/ou internet simples et attractifs tant pour le grand public que pour les professionnels?
Tels sont les principaux objectifs de travail que nous avons pris en compte pour répondre à la mission confiée par la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.
2.    Une réflexion qui s’appuie sur des travaux existants

Il convient tout d’abord de préciser que les réflexions menées dans ce rapport se devaient d’être en cohérence avec les travaux déjà conduits dans ce domaine par d’autres institutions afin d’offrir une information pertinente, cohérente et lisible par tous.
C’est la raison pour laquelle nous sommes partis des métiers de la croissance verte définis par un groupe de travail interne à l’observatoire national des emplois et des métiers de l'économie verte, observatoire qui constitue le premier volet du pacte de solidarité écologique et dont un des objectifs est de faire de la croissance verte un enjeu majeur pour l’emploi.
Rappelons que l’Observatoire a pour objectif, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, d’offrir un diagnostic partagé de méthodes, d’outils et de chiffrage sur les emplois, métiers, formations et compétences de la croissance verte.
Deux définitions qui pourraient servir de base aux travaux proposés ont été longuement élaborées par les membres du groupe de travail ad hoc de l’Observatoire.
« Les métiers verts  sont des métiers dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement ». Ils ont été identifiés par l’Observatoire à la fois dans le Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois (ROME) et la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) de l’INSEE.
Il s’agit donc plutôt de ce que l’on peut qualifier d’éco-activités. C’est la liste établie au niveau d’Eurostat pour le suivi à long terme des « emplois » verts et les comparaisons internationales.
Les métiers  verdissants sont des métiers dont la finalité n’est pas environnementale, mais qui intègrent de « nouvelles » « briques de compétences » pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier. »
Les métiers identifiés relèvent de 11 filières professionnelles, chacune ayant défini pour son propre domaine les besoins en métiers, en formation, en certification et en information. Face à la double définition de métiers verts et verdissants et à la variété des réalités professionnelles et technologiques observées, les rapporteurs des 11 comités de domaines ont d’ailleurs conduit leurs travaux en deux phases:
- les premiers rapports ont été rendus fin décembre 2009-début janvier 2010 à la Secrétaire d’Etat en charge du pilier social du développement durable,
- une deuxième vague de travaux (pour 6 des 11 comités) s’est avérée nécessaire pour compléter ces rapports fin 2010-début 2011, remis à la ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.
Il ressort des nombreuses initiatives entreprises visant à mieux cerner le périmètre de ces métiers qu’une approche par des nomenclatures institutionnelles est jugée par l’ensemble des acteurs relativement inadéquate au motif du faible degré de compatibilité entre elles .
Deux nomenclatures ont en effet été testées et croisées: celle des métiers et emplois (ROME, 531 fiches), utilisée par Pôle Emploi pour quantifier les demandeurs d’emploi inscrits et les offres d’emploi collectées et la nomenclature des PCS (profession et catégories socioprofessionnelles) sur laquelle s’appuie la Direction de l’Animation de la Recherche et des Etudes Statistiques (DARES) pour classer la population en emploi, selon la position hiérarchique et le statut d’emploi (486 professions sont ainsi identifiées).
La liste de ces métiers traduite en code ROME ayant cependant été établie à dire d’experts, elle conserve un caractère expérimental et donc a vocation à être modifiée.
Sur cette base, l’Observatoire a répertorié à ce jour 11 codes ROME caractérisant des métiers verts, et 43 verdissants. Ces 11 codes renvoient à 9 professions vertes dans la nomenclature des PCS; ce qui sur la base de ce repérage permet d’estimer le nombre de personnes  exerçant actuellement une profession verte à 132.000.
Au total, le rapport du groupe de travail observatoire conclut (p. 14) « Les nomenclatures de professions permettent difficilement de cerner l’ensemble des métiers en jeu dans la croissance verte ».
De surcroît, à l’examen de cette liste apparaissent peu de métiers nouveaux, car il s’agit surtout de la recomposition de métiers déjà existants.
3.    Une approche particulière au regard de la logique  de la CNCP

La difficulté à identifier les métiers de l’environnement est liée à l’ampleur de ce que l’on appelle l’environnement et à l’extrême diversité des activités que l’on peut exercer sur ou autour de l’environnement, selon les objectifs que l’on vise. Le périmètre à définir reste flou et soumis à variation, notamment en ce qui concerne les métiers verdissants qui adossent à une structure originelle non verte des compétences plus ou moins verdissantes mais dont on sait qu’elles deviendront à terme essentielles à la pratique du métier. En réalité, beaucoup de ces métiers intègrent déjà à des degrés divers ces nouvelles compétences afin de  prendre en compte de façon significative, mais pas toujours quantifiable, la dimension environnementale dans le métier de base. D’ou la difficulté pour estimer le degré de verdissement actuel et a fortiori potentiel d’un métier (rapport du Service de l’Observatoire et des Statistiques-Commissariat général au développement durable, SoeS).
Le périmètre n’est donc pas assez précisément défini, voire reste à définir, et peut s’avérer mouvant. Un repérage reposant sur des bases si évolutives est donc particulièrement délicat surtout en ce qui concerne les métiers verdissants.
La définition d’un système de repérage des certifications professionnelles en lien avec les métiers « verts et verdissants»  ajoute aux difficultés qui viennent d’être évoquées.
Il s’agit en effet de passer d’une logique métier et emploi (Codes ROME –répertoire opérationnel des métiers et des emplois, nomenclature mobilisée par Pôle emploi - et PCS –professions et catégories socioprofessionnelles, nomenclature INSEE-) qui a prévalu dans l’évaluation par l’Observatoire du périmètre des métiers verts à une logique de certification professionnelle basée sur des finalités d’apprentissage et des compétences sachant par ailleurs que d’une manière générale l’adéquation entre la formation et l’emploi se caractérise plutôt par un « désajustement structurel » .
La CNCP enregistre des certifications professionnelles qui, comme leur nom l’indique, certifient la maîtrise de compétences par des individus, c’est-à-dire la capacité qui leur est reconnue, parce que validée, à mobiliser et à combiner différentes ressources (connaissances, savoir-faire et compétences professionnelles, attitudes, etc.) pour répondre de façon pertinente à des situations de travail.
La certification professionnelle, constitue donc dans ses exigences un chaînon intermédiaire entre la formation et l’emploi dès lors qu’elle s’intéresse aux finalités des apprentissages et s’appuie sur des réalités d’insertion professionnelle pour les certifications professionnelles enregistrées dans le Répertoire national. Cela est d’autant plus patent que dans le cadre de la procédure dite « sur demande », la Commission nationale de la certification professionnelle se prononce notamment sur la base de l’insertion d’au moins trois promotions de titulaires de la certification comme l’exige la réglementation.
4.    Un repérage et une indexation difficiles dans le RNCP

Portail à la disposition du grand public pour toutes les certifications professionnelles à valeur nationale, le RNCP comprend à ce jour plus de 7000 Fiches répertoire accessibles en ligne. Celles-ci sont classées à partir du code NSF (nomenclature des systèmes de formation utilisée de manière réglementaire dans le RNCP) et chaque fiche fait l’objet d’un Code ROME.
Une recherche par codes

En partant du repérage établi par Pôle emploi dans le chapitre: « Les métiers de l’environnement » pour identifier les codes NSF correspondants on compte 1158 certifications.
Les fiches RNCP étant aussi « Romées », on repère alors 1035 certifications à partir de la liste des métiers verts et verdissants établie par le groupe de travail de l’observatoire. Cependant une observation plus poussée  conduit à constater que la transposition du ROME V2 (version 2) vers le ROME V3 (version 3) (mis en place en 2010), qui s’est faite de manière automatique, amène Pôle emploi à revoir de manière manuelle la codification d’un certain nombre de fiches RNCP. Tant que cette lourde opération de vérification ne sera pas achevée, les codes ROME ne seront pas optimisés.
Par exemple, certains champs d’activités ne sont pas couverts alors qu’il existe bien des certifications recherchées et d’autres sont si larges qu’ils contiennent des certifications qui n’ont rien à voir avec les métiers verts ou verdissants. De surcroît, un code ROME recouvre plusieurs appellations alors que seules certaines d’entre elles peuvent être considérées comme relevant des métiers de la croissance verte.
Notons que si l’on essaie de superposer le périmètre des certifications repéré par le code NSF et celui délimité par le Code ROME on constate qu’il n’y a pas de recouvrement tout à fait fiable car ces nomenclatures reposent sur des concepts différents.
A la demande de Pôle emploi, Centre Inffo  a étudié la possibilité de filtrer  sur le portail Orientation-formation les formations liées à la croissance verte en utilisant le Formacode (nomenclature de repérage de formations). Il ne s’agissait pas en tant que telles des certifications professionnelles enregistrées au RNCP, mais des formations repérées sur ce portail.
A l’issue de cette expertise, le coût des évolutions envisagées a engendré l’abandon de cette piste de travail. Il en a été de même quant à la perspective de réaliser une enquête détaillée sur ces formations qui nécessitait des moyens financiers élevés.
Une recherche par mots clefs.

Celle-ci pourrait se baser sur un repérage dans l’intitulé de la certification de mots clés saisis librement par les certificateurs. Toutefois, l’expertise montre que ces derniers n’ont pas toujours été rigoureux dans la détermination des mots clefs, le signalement de la dimension verte n’ayant pas fait l’objet d’une préoccupation particulière.
Ce type de recherche par mots clés s’avère donc insuffisamment pertinent et risqu e d’aboutir soit à une multitude de réponses dont beaucoup seraient redondantes soit à passer à côté de certaines certifications.
Une recherche « full text »

Le repérage de composantes spécifiques au sein des fiches répertoire peut s’appuyer sur un outil d’analyse « full text » qui appelle la mobilisation d’un thésaurus.
Cependant, la liste des thesaurus et des dictionnaires dans le domaine de l’environnement est très importante : (AFNOR, AGORA 21, UNESCO, VEOLIA, réseau LIEN Languedoc Roussillon…)  et les mots clefs que l’on trouve dans ces divers documents sont nombreux et bien souvent très différents car ils reflètent des déclinaisons variées du concept de départ.
Une recherche à partir de ces mots imposerait soit un choix arbitraire entre ces bases d’information  mais alors laquelle privilégier soit la collecte et le trie de manière appropriée de mots clés; ce qui constituerait une étape préalable très longue et pour des résultats qui pourraient s’avérer aléatoires.
Une recherche par expertise des référentiels de compétences

On pourrait aussi considérer une approche partant de l’analyse des fiches répertoire, voire des référentiels de compétences lorsque celles-ci sont trop elliptiques. Un test sur un échantillon montre que c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de métiers « verdissants » où les compétences vertes ne sont pas mentionnées ou bien lorsque le verdissement se fait par le biais de la réglementation pour l’exercice de certaines composantes de l’activité (cf. diplômes anciens concernant certains secteurs, comme le bâtiment par exemple pourtant en pleine mutation).
Le nombre de certifications à traiter conduirait à une forte consommation de moyens humains assez peu compatible avec les effectifs en diminution de la CNCP.
Au total, l’expertise de ces différentes modalités n’est pas concluante (B. Dumas & D. Jean, CNCP). La construction du RNCP et son évolution n’ont pas anticipé une telle demande de signalement ce qui amène à envisager des réponses différentiées qu’il s’agisse du stock actuel enregistré au répertoire ou du flux à venir qui viendra en assurer l’actualisation.
5.    Les conséquences en matière d’information et d’orientation
La fragmentation et la multiplicité des données et réseaux d’information

Soulignons un dernier point de diagnostic qui justifie également la proposition de développement de fonctionnalités « vertes »  sur la plate plateforme d’orientation pour tous, assises notamment sur les certifications professionnelles enregistrées au RNCP, impliquant (a) l’association de plusieurs bases de données et acteurs et (b) le pilotage de l’orientation par une seule source de données, les certifications professionnelles.
La fragmentation des données

Outre la nouveauté des métiers verts et de leur signalement systématique au niveau de la formation et de la certification en France, la fragmentation des données conduit de plus en plus les structures détentrices d’une partie d’information à joindre leurs bases de données pour restituer une information complète. Citons notamment la convention cadre entre le Centre Inffo et l’Onisep pour le portail unique de l’information et de l’orientation une des missions du DIO.
Autre exemple récent dans un domaine spécifique, l’orientation vers les métiers et les certifications des services à la personne. L’Onisep administre l’information sur la formation initiale et une présentation exhaustive des certifications du ministère chargé de l’Education nationale. Mais les certifications enregistrées sur demande, proposées par des certificateurs privés, voire, d’autres ministères n’y figurent pas toujours. En témoignent les résultats du travail conjoint réalisé dans le cadre de la convention cadre signée entre l’Agence nationale des services à la personne (ANSP) et la CNCP (mars 2010) : une première cartographie validée par les certificateurs publics et privés indique l’existence de 62 certifications relevant du champ des services à la personne.
Or, les bases de données de l’Onisep en comptabilisent moins, car les certificateurs privés mais aussi le ministère chargé de l’emploi et la branche professionnelle du particulier employeur (la FEPEM) n’y sont pas recensés.
Dans ces conditions, il s’avère difficile d’orienter les jeunes et les adultes en reconversion professionnelle vers les métiers des Services à la personne (SAP) et notamment consolider l’encadrement intermédiaire des structures en place? Comment prévoir des plans de qualification et de professionnalisation?
Le partenariat entre la CNCP et l’ANSP a permis de mettre en ligne la première cartographie dynamique des métiers des services à la personne et certifications associées (http://www.servicesalapersonne.gouv.fr/).
Une convention cadre avec l’ONISEP exploite cette cartographie et a donné lieu à l’édition du premier Zoom dédié aux métiers et certifications des services à la personne. Edité en 10.000 exemplaires et distribué dans tous les lycées, il fait d’ailleurs l’objet d’une réédition supplémentaire pour répondre aux demandes d’information et d’orientation.
Nous nous trouvons dans un cas de figure similaire en ce qui concerne les métiers et les certifications verts. Ce problème de fragmentation des données s’avère particulièrement gênant pour les métiers émergents ou encore faiblement identifiés comme les métiers verts et les services à la personne.
La multiplicité des réseaux et la surabondance d’informations
Ce phénomène a déjà été mis en exergue par le rapport Guégot et pris en compte dans la nouvelle politique du SPO (Service public de l’orientation).
Les services du DIO ont dressé un constat de surabondance d’informations et de réseaux compliquant considérablement l’orientation et l’information et le processus de décision finale des utilisateurs. Ils peinent à se repérer et à opérer des choix face à la multitude d’expertises, chacune ayant son propre univers de sigles et de langage expert. On ne peut que se féliciter de la mobilisation récente des réseaux sociaux à travers l’usage d’Internet pour mieux informer par leurs habitudes de communication les jeunes sur les métiers et les formations (notamment Viadeo, Facebook, Twitter mais aussi YouTube, Skyrock et d’autres blogs). Il faut également souligner les applications en téléphonie mobile.
Mais que faire de la mise à disposition de 1000 fiches présentant le droit à la formation professionnelle, plus de 2000 fiches métiers, 8500 lieux d’information et d’orientation géolocalisable sur chaque territoire (application google map), 190000 descriptions de formation et 50000 organismes de formation ? Sachant que selon la consultation moyenne d’internet par téléphone mobile est inférieur à 5 minutes ? (source : statistiques Iphone, Groupe Genious).
L’analyse comparée des projets financés par la Délégation aux usages d’internet indique par ailleurs que de multiples initiatives utilisant la téléphonie mobile, internet et d’autres applications produisent par ailleurs de nouveaux référentiels, de nouvelles fiches métiers, de nouvelles listes de compétences clé… venant charger un paysage déjà techniquement complexe.
Les analyses et la consultation conduites dans le cadre de cette mission confirment l’urgence de freiner les initiatives de production supplémentaires d’informations, de formations, de certifications et d’outils dans un contexte jugé par tous saturé et potentiellement illisible.
6.    Des consultations larges et convergentes

La mission commune a rencontré de nombreux acteurs de la construction des certifications professionnelles et de la diffusion des informations. Elle a pu consulter aussi des experts et des représentants d’un groupe industriel particulièrement présent dans le domaine environnemental .
La consultation s’est appuyée sur deux types de matériaux:
- l’extraction des recommandations portant sur l’information et l’orientation et sur la certification, identifiables dans les rapports des 11 filières professionnelles sollicitées (voir questions en annexe 4),
- la proposition pour validation d’une méthodologie de signalement de l’intensité verte des certifications professionnelles.
Au-delà de questionnements sur l’intérêt même de repérer les certifications vertes ; les certifications professionnelles n’ont-elles pas vocation à être toutes vertes ; ou bien sur les conséquences possibles d’une distinction/labellisation qui pourrait donner lieu à une dynamique  inflationniste de création de nouvelles certifications, d’une manière générale les points de vue sont assez convergents sur une prise en charge de la dimension « verte et verdissante », au moins pour répondre déjà au mieux à des besoins de compétences qui émergent ça et là et qui sont nécessaires, voire indispensables, à l’accompagnement de cette nouvelle croissance.
Ceci fait que leur construction et/ou leur évolution doivent être en lien avec des besoins sociaux et des besoins économiques; certains certificateurs préconisant d’ailleurs la création de nouvelles certifications en partenariat étroit avec les entreprises afin de s’assurer de l’existence de débouchés.
Cette prise en charge devrait d’ailleurs être différenciée selon les métiers davantage sous un angle qui vise à traiter les questions qui se posent et moins sous la forme d'une thématique en soi. Nos interlocuteurs attirent particulièrement notre attention sur la nécessité de ne pas céder à la tentation du module standard obligatoire dans toutes les certifications.
L’établissement de cartographies de certifications vertes différenciées par filières professionnelles
Ces cartographies facilitent la lisibilité des certifications et des métiers et, en ligne, constituent des outils dynamiques précieux pour repérer un champ professionnel et exercer une information et/ou une orientation pertinente.
Il apparaît en effet que la structure des métiers et des certifications varie dans chacune des filières en fonction des activités et compétences vertes déjà mobilisées ou bien à mobiliser dans un avenir proche. Aucune filière ne peut s’imposer comme exemple. Dans le domaine de la forêt ou de l’agriculture, il s’est agi de revoir des référentiels anciens afin de rendre visible la dimension verte des métiers déjà intégrée.
Dans d’autres, la prise en compte de l’environnement et des économies d’énergie implique de revoir les référentiels de certification pour répondre à de nouvelles compétences d’ingénierie incluant des produits et des services autrefois dissociés (c’est le cas pour le métier d’ensemblier dans la construction par exemple).
Une signalétique de l’intensité de verdissement plutôt que la création de nouvelles certifications ou l’ajout de modules de formation spécifique dédiés
Les structures et acteurs consultés conviennent que la caractérisation entre métiers verts et métiers verdissants peut se réaliser par l’intermédiaire d’une grille de signalement à trois niveaux d’intensité, les métiers verdissants appréhendés sous l’angle des compétences pouvant donner lieu à deux types de repérage fondés sur des critères différents. Cette distinction permet notamment de prendre en considération des certifications spécifiques, dites « capacitaires », imposées par règlement dans certaines professions ou activités (ex : produits phytosanitaires pour les certifications du ministère de l’agriculture). Cette signalétique est décrite plus loin.
La construction de modules supplémentaires dédiés au développement durable ou de certifications spécifiques n’est pas jugée pertinente dans un contexte où la lisibilité et la simplification de l’offre de certification semblent prioritaires à tous.
L’impact de métiers intermédiaires dans la promotion du développement durable
Sont régulièrement cités des certifications et des métiers dont l’exercice peut aussi avoir une incidence indirecte sur les préoccupations environnementales, notamment en orientant les comportements des acteurs ou bien en les sensibilisant. Interviennent en premier lieu les métiers de l’information et de l’orientation, puis les métiers de formateurs et d’enseignants. Les métiers de l’audit, de la certification et de l’accréditation auraient également un rôle à jouer dans l’intégration de critères de développement durable et de RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) dans les dispositifs d’assurance-qualité, de contrôle et d’accréditation. Autre exemple cité, le secteur de l’assurance lorsque les compagnies d’assurance modulent l’indemnisation des sinistres en fonction de l’activité plus ou moins polluante des entreprises. 
L’importance de l’innovation, de la R&D et des partenariats professionnels
Les rapports de filière mais aussi les acteurs et structures consultés soulignent l’association étroite entre l’innovation/la recherche et le développement de métiers verts sans compter la mesure des impacts de la « décarbonisation » économique sur les métiers actuels. Il ressort de cette consultation la pertinence d’associer les entreprises et les organismes de recherche à l’information/l’orientation mais aussi à la construction et à la délivrance des certifications professionnelles vertes.
En conclusion, les certificateurs sont réceptifs à la nécessité d’actualiser leurs certifications professionnelles afin d’y intégrer ces nouvelles préoccupations. La plupart s’y sont déjà engagés peu ou prou. Le signalement constituant aussi par effet-miroir un facteur d’incitation à l’actualisation de certifications professionnelles qui ne s’avèreraient plus adaptées aux exigences d’évolution des compétences à acquérir.
7.    Vers un système d’indexation des certifications vertes

Compte-tenu de ce contexte, les rapporteurs ont proposé pour consultation et validation une signalétique à trois niveaux ou intensités indiquant le degré de verdissement des compétences attestées par la certification, à partir des fiches RNCP accessibles au grand public via le site de la CNCP.
Cette signalétique permet d’indexer chaque fiche RNCP en lui attribuant un signal décrivant, de manière qualitative, son degré de verdissement. Il est à noter qu’il n’y a pas de hiérarchie entre ces degrés, il s’agit simplement de mettre en lumière trois intensités de verdissement.
1er   degré – La certification indique dans l’exercice du métier l’usage de produits ou de services visant à moins polluer (le cœur de métier ne change pas mais il intègre la plupart du temps une évolution de la réglementation européenne visant à préserver santé, sécurité et environnement et aller vers une logique de développement durable)
2ème degré – la certification décrit des métiers en évolution, intégrant de nouvelles compétences durables dans le cœur de métier  (par exemple couvreur.
3ème degré – la certification décrit des métiers verts totalement dédiés à des activités d’éco développement, ce qui peut correspondre aux 9 professions déjà identifiées dans les travaux de l’Observatoire.
Cette indexation implique de fait les certificateurs privés et publics, les entreprises impliquées dans le développement durable comme VEOLIA, les structures et les agences régulant les diplômes de l’enseignement supérieur et deux structures centrales en matière d’information et d’orientation : l’ONISEP pour la formation initiale et le Centre INFFO pour la formation professionnelle et continue.
L’indexation des fiches RNCP par degrés de verdissement permettra de produire également des données de veille et des schémas dynamiques répondant notamment à la question suivante : combien de certifications, dans quel domaine et pour quel niveau de qualification, décrivent :
-    des métiers non dédiés à l’environnement mais qui intègrent des services et des produits de type vert  (1er degré de verdissement)
-    des métiers traditionnels en forte évolution, intégrant de plus en plus de dimensions liées au développement durable
-    des métiers dédiés au développement durable
Techniquement, compte tenu que les certificateurs n‘ont pas ou peu intégré cette dimension ou n’ont pas été invités à le faire d’une part et que le cahier des charges des spécificités informatiques du RNCP n’a jamais mis en exergue cette dimension recherchée d’autre part, on s’attachera à travailler sur le stock enregistré au RNCP et sur le flux à venir de manière distincte.
S’agissant du stock des certifications existantes nous aurons à inviter les certificateurs à nous signaler leurs certifications et à préciser l’intensité de verdissement des métiers dont elles rendent compte, via les Fiches RNCP. La CNCP pourra procéder sur cette base à des vérifications pour s’assurer de la fiabilité des informations.
S’agissant du flux à venir, c’est au niveau du pilotage même de la construction des  certifications, de l’enseignement initial et continue, secondaire et supérieur, que la signalétique proposée assise sur trois degrés de verdissement sera mise en place.
La CNCP tiendra à jour l’évolution de ces certifications et pourra produire des rapports annuels sur l’engagement vert du service public de la certification.
8.    Une approche commune de l’information « verte » (certifications professionnelles, métiers) à destination de tout public

L’intérêt des fiches RNCP est de décrire une certification avec des rubriques d’information permettant rapidement d’identifier les compétences et activités visées et le champ d’activité professionnel concernés. Ces fiches se prêtent donc facilement à une information sur les métiers et sont indispensables aux pratiques de validation des acquis d’expérience qui vérifient les liens entre des acquis d’expérience et les acquis d’apprentissages garantis par une certification.
En procédant dans un premier temps par filières professionnelles, l’indexation verte des certifications du stock existant permettra de construire des cartographies de certifications en fonction de leur degré de verdissement pour chacun des 11 secteurs, avec l’appui des certificateurs publics et privés. Ces cartographies constituent un outil synoptique essentiel d’état des lieux du degré de verdissement des certifications et de pilotage stratégique de l’engagement de chaque certificateur et chaque CPC (commission professionnelle consultative) dans le développement durable.
Une sélection plus fine sera possible en fonction du niveau de la certification, de son code NSF ou du code ROME. On pourra également effectuer une recherche directement par degré de verdissement, par filière, niveau, code NSF, code ROME.
Dans un second temps, le service public de l’orientation et le service public de la certification proposeront au sein de la « plateforme orientation pour tous » des fonctionnalités dédiées à l’orientation des jeunes et des adultes vers les certifications vertes, celles-ci pouvant conduire à différents métiers. Ces fonctionnalités proposeront un ensemble d’outils d’information et d’orientation dynamiques qui manquent aujourd’hui dans les démarches d’orientation, le tout en lien avec Centre Inffo et l’ONISEP.
En amont (création) et en aval (renouvellement/suppression) du pilotage de la certification professionnelle, l’enjeu est également d’introduire ce signalement au niveau des différents acteurs concernés : la CNCP pour les titres enregistrés sur demande, l’ensemble des certificateurs publics et privés, les Commission professionnelles consultatives (CPC), le ministère chargé de l’enseignement supérieur pour l’habilitation des nouveaux diplômes s’inscrivant dans le cadre du LMD  et l’AERES, pour leur renouvellement.
Par « orientation verte », il s’agit de proposer aux jeunes et aux adultes une cartographie dynamique des certifications vertes pour chacune des 11 filières professionnelles accessibles par plusieurs moteurs de recherche: les noms de certification, les niveaux de qualification, les métiers (Codes Rome) et les professions (Nomenclature des PCS), les modalités d’accès et de financement (formation initiale, apprentissage, formation continue, VAE…), le statut d’emploi et l’âge de l’utilisateur, les réseaux d’information et d’orientation existants en introduisant une géo-localisation territoriale des informations choisies.
Il s’agira donc de tisser un ensemble de liens entre les différents acteurs et les sources d’information afin de répondre au mieux aux besoins de tous les publics.
9.    Propositions de mise en œuvre - Les acteurs concernés

LA CNCP, service public de la certification professionnelle dans le cadre de l’indexation du stock de certifications existantes estimées à environ un millier et de la mise en place d’une doctrine nationale de signalement vert des certifications aux certificateurs et structures d’accréditation associées.
LE DIO, service public de l’orientation pour tous dans le cadre de la professionnalisation (outillage) des réseaux, structures et professionnels de l’information et de l’orientation pour les 11 filières professionnelles identifiées.
LE CENTRE INFFO, maître d’œuvre du portail national de l’information et de l’orientation avec l’ONISEP, en vue de vérifier le développement et l’intégration de ces fonctionnalités à la plateforme existante, à condition de ne pas la complexifier.
L’ONISEP, dans le cadre des publications et informations diffusées en lycée et auprès des centres et services d’information relevant de l’Education nationale, par l’intégration de la signalétique dans les documents concernés.
LA DGESIP et l’AERES dans le cadre de la création et du renouvellement des certifications de l’enseignement supérieur, afin d’introduire cette signalétique verte.
Il convient de préciser que certaines des étapes identifiées pourront être mises en œuvre simultanément et que l’ensemble des évolutions induites nécessite d’une part un renforcement de la coordination des organismes concernés et d’autre part la mobilisation de ressources humaines et de moyens financiers afférents.

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Den nationale kommission for erhvervsuddannelse Certificering (CNCP) og Delegationen for information og vejledning (DIO), der præsenteres i begyndelsen af april 2012, minister for økologi, en rapport med titlen "At informere og vejlede" grønne "og certificere de grønne færdigheder." Mere...