http://le-stand.fr/blog/wp-content/uploads/2011/10/realisation-de-stand-salon-vocatis.jpgPar Yves Rivoal. La loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) ambitionne de réformer en profondeur le système de formation médicale continue des médecins. Bernard Ortolan, directeur scientifique de l’organisme de formation ACFM, et ancien président du Conseil nationalde la formation médicale continue des libéraux, revient sur les impacts de cette réforme et sur les obligations des médecins en matière de formation médicale.
Quelles sont aujourd’hui les obligations en matière de formation continue pour les médecins?

- La formation médicale continue est en théorie obligatoire depuis les ordonnances Juppé de 1996. Depuis 2005, les médecins ont aussi l’obligation de participer à des programmes d’évaluation de leurs pratiques professionnelles. Le problème, c’est que ces deux mesures n’ont jamais été appliquées, faute de publication des décrets. La loi HPST de 2009 essaie de corriger le tir en instaurant un nouveau concept qui fait la synthèse entre formation et évaluation professionnelle. Elle ne parle en effet plus de formation médicale continue, mais de Développement Médical Continu (DPC).
De quoi s’agit-il?

- Les médecins seront invités à réfléchir sur leurs pratiques et à analyser les résultats de ces observations, pour ensuite renforcer leurs connaissances et leurs compétences via la formation, et s’assurer ensuite que tout ceci améliore la qualité et la sécurité de leurs pratiques. Le décret d’application de la loi HPST a été publié fin 2011. On peut donc penser que le dispositif s’installera tranquillement en 2012, et qu’il ne sera véritablement opérationnel pour l’ensemble des professionnels de santé qu’à partir de 2013.
En attendant, comment se forment aujourd’hui les médecins?

- Les médecins continuent de respecter leur obligation déontologique en se formant comme bon leur semble, en fonction de leur exercice et de leurs besoins. Ils peuvent pour cela s’adresser à près de 500 organismes de formation agréés par les Conseils Nationaux de la Formation Médicale Continue, la Haute Autorité de Santé (HAS), le Fond d’Assurance Formation de la Profession Médicale (FAF PM) ou l’Organisme Gestionnaire Conventionnel (OGC).
Ces opérateurs ont reçu un label de qualité pédagogique et scientifique qui leur permet de mettre en place des programmes validant de formation et d’évaluation des pratiques professionnelles qui durent en général un ou deux jours. Pour être complet, il faut ajouter que les spécialistes s’inscrivent toujours dans les grands congrès nationaux et internationaux qui leur sont recommandés par les sociétés savantes, ces manifestations restant incontournables pour l’actualisation deleurs connaissances.
Comment est financé ce dispositif de formation?

- Les organismes agréés sont désormais financés exclusivement par des fonds publics, via des appels d’offres lancés par les caisses d’assurance-maladie ou l’État. Depuis le scandale du Médiator, ils ne peuvent en effet plus bénéficier de financements de la part de l’industrie médicale. Ce qui pose d’ailleurs problème, puisque les 75 M€ mis à disposition des opérateurs de formation médicale continue par les pouvoirs publics ne couvrent pas l’ensemble des besoins de formation des professionnels de santé. Quant aux grands congrès nationaux et internationaux, ils sont, eux, toujours financés en grande partie par l’industrie pharmaceutique, via les stands et les symposia, mais on peut considérer que les travaux d’ateliers demeurent indépendants.
Quelles sont aujourd’hui les grandes tendances en matière de formation?

- Comme 90% des programmes de formation médicale continue sont désormais financés par l’assurance-maladie, cette dernière les oriente en direction des grandes pathologies chroniques qui coûtent le plus cher: le diabète, les pathologies respiratoires, l’hypertension, les maladies cardio-vasculaires, certaines pathologies dégénératives comme Alzheimer, la prévention des risques de cancer…
Les médecins peuvent-ils se former sur des thématiques qui dépassent le cadre médical comme le développement personnel ou la communication?

- On peut penser qu’avec l’instauration du DPC, des items comme la gestion du cabinet, l’hygiène au cabinet, l’accueil des patients, ou la politique et l’économie de santé seront considérés comme un instrument de développement. En attendant, ces thématiques sont très peu abordées en formation médicale continue, tout comme en formation médicale initiale. Nous voyons aujourd’hui arriver sur le marché des jeunes médecins qui n’ont aucune idée de ce qu’est l’exercice libéral, et qui du coup, ne s’installent pas. On touche là du doigt l’un des paramètres de la désertification médicale dont on parle tant.
Voir aussi Le Développement professionnel continu (DPC), Développement Professionnel Continu (DPC): publication des décrets d’application, Parution au Journal Officiel des décrets relatifs au DPC des professionnels de santé, Préparer la mise en oeuvre du DPC.
http://le-stand.fr/blog/wp-content/uploads/2011/10/realisation-de-stand-salon-vocatis.jpg By Yves Rivoal. Law Hospital, patients, health territories (HPST) aims to reform the system of continuing medical education for physicians. Bernard Ortolan, Scientific Director of the ACFM training organization, and former Chairman continuing medical education nationalde Liberals, discusses the impact of this reform and the obligations of physicians in medical education. See also The Continuing Professional Development (CPD), Continuing Professional Development (CPD): publication of the decrees, Published in the Official Gazette of decrees relating to CPD for health professionals, Prepare the implementation of CPD. More...