http://orientation.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edhec-Olivier-Rollot-208x300.jpgPar Olivier Rollot. Admission-postbac est ouvert et beaucoup se demandent s'ils vont aller à l'université après leur bac. Et il est vrai que ce n’est pas toujours facile d’entrer à la fac quand on sort du lycée. En 2007, en présentant son plan « Réussite en licence », le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pointait ainsi que plus de la moitié des étudiants échouaient en première année (30% redoublaient, 16% se réorientaient, 6% abandonnaient leurs études). Depuis de grands efforts ont été faits.
Prendre le temps de s’intégrer

Le premier effort des universités est pédagogique. Plus question de laisser des étudiants néophytes à l'abandon dans des couloirs impersonnels. La priorité est donnée aujourd'hui à l'intégration. Pour la première fois cette année, tous les étudiants de l’université de Cergy-Pontoise (UCP) ont ainsi suivi une semaine complète d’intégration. « Il s’agit pour nous de leur faire prendre très rapidement conscience des réalités de l’université », explique Françoise Moulin Civil, la présidente de l'UCP, qui se souvient qu’il y a encore peu les étudiants étaient « noyés sous des discours fleuves dans des amphis pleins à craquer ». Aujourd'hui, on leur présente peu à peu le fonctionnement des lieux, de la stratégique bibliothèque universitaire aux services sociaux en passant par la vie associative. Et ils se rendent vite compte qu’il y a de moins en moins de cours en amphi.
« Déceler les étudiants en difficulté est un objectif majeur pour nous, assure de son côté Yves Lecointe, président de l’université de Nantes. Cela se traduit dans les différentes formations sous de nombreuses forme: tests et contrôles continus, partiels… Ensuite, nous inculquons à ces élèves en difficulté les connaissances et les compétences méthodologiques qui peuvent leur manquer. » A Cergy Pontoise, ces cours (français, maths et langues principalement) sont obligatoires et sont souvent donnés par… des profs de lycée appelés à la rescousse.
Des enseignants référents

Toujours à Nantes, un système d’enseignant référent permet également de répondre aux questions des nouveaux étudiants, les écouter, les conseiller, les orienter vers des ressources ou des services, détecter des difficultés ou encore les motiver font partie du rôle de ce référent. Depuis 2008, les professeurs de l’UCP s’attachent également à repérer ceux qu’on appelle les « décrocheurs » parce qu’ils vont bien vite « décrocher » et abandonner leur cursus. « La période clé est la Toussaint. Beaucoup ne reviendront pas après si nous ne faisons rien », explique Didier Desponds, vice président du conseil des études et de la vie universitaire de l’université de Cergy-Pontoise.
Pour ceux qui se sont mal orientés, l’UCP propose des semestres « nouveau départ » avec un renforcement des cours dans les matières fondamentales au deuxième semestre afin de préparer une réorientation l’année suivante: du droit vers les sciences humaines par exemple. Et comme certains n’ont vraiment pas le « profil » université – en particulier les bacheliers professionnels –, un accord a été signé avec une section de BTS management des unités commerciales de Saint-Ouen pour accueillir, dès la Toussaint, des étudiants en difficulté dans le cadre d’une rentrée spéciale. « Certains ont choisi l’université par défaut et réussissent en fait beaucoup mieux en BTS », confie Didier Desponds. « Se réorienter fait partie d’un processus d’insertion et non d’échec, comme cela est trop souvent présenté », insiste encore Yves Lecointe.
Ne pas perdre son temps

L’université de Strasbourg est allée encore plus loin en créant un véritable diplôme à l’intention des « décrocheurs ». « Notre objectif est de donner une seconde chance à des étudiants de première année en situation d’échec de façon à qu’ils reprennent le cours de leurs études à la rentrée prochaine », explique Sophie Kennel, la responsable du diplôme universitaire (DU) Tremplin Réussite de l’université de Strasbourg. Et il ne s’agit pas seulement de leur donner des enseignements traditionnels. « Nous aidons aussi les jeunes à s’orienter, reprend Sophie Kennel. C’est d’ailleurs leur principale demande. Ils n’ont pas toujours conscience de leurs lacunes mais toujours de leurs problèmes d’orientation. Comme cet étudiant que ses parents ont poussé à aller en médecine et qui ne sait pas comment leur dire qu’il n’est absolument pas capable d’y réussir. »
Quant à l’Université Toulouse 1 Capitole, elle donne directement accès à la deuxième année de droit à une vingtaine d’étudiants de première année de médecine ayant échoué au concours tout en ayant eu la moyenne aux examens (les «reçus/collés»). « Ils suivent au tout début de l’année des cours de mise à niveau à raison de 6 h par jour puis bénéficient durant l’année d’un TD de méthodologie propre », explique Bernard Beignier, doyen de la faculté de droit, ravi de recevoir d’aussi bons étudiants: « L’année dernière, ils ont tous réussi à passer en 3ème année. Vous savez la première année d’université permet surtout d’acquérir des méthodes de travail et les étudiants de médecine n’en manquent pas! »
S’informer pour ne pas échouer

Beaucoup de ces actions se font grâce au précieux concours d’un échelon précieux de l’université: les secrétaires pédagogiques, présentes dans chaque UFR. « Les étudiants ne doivent pas hésiter à aller les rencontrer dès qu’elles rencontrent un problème, conseille Hélène Thébault, vice présidente chargée de l’accompagnement et de la réussite de l'étudiant. Elles se soucient vraiment beaucoup des étudiants et, selon les UFR, ont développé des pratiques qui vont du suivi des notes au contact avec les décrocheurs potentiels. »
Parce qu’on ne le dira jamais assez: l’écueil qui en fait sombrer plus d’un est la solitude, l’UCP propose donc également des rencontres plus ludiques dans chaque UFR pour leur faire prendre conscience de leur appartenance à un groupe. « Un petit déjeuner est ainsi organisé en langues, un pique nique sur les pelouses de l’université en lettres et sciences humaines », explique Hélène Thébault. « Il s’agit de faire se rencontrer vite les étudiants pour qu’ils développent le sentiment d’appartenance à l’université, les aider à tisser des liens entre eux, à constituer des groupes de travail; n’en laisser aucun décrocher par manque d’information », insiste Françoise Moulin Civil.
La réussite au bout du chemin

Si les taux d’échec en première année d’université restent importants c’est d’abord parce que l’université donne sa chance à tous. « Les taux de réussite des bacheliers généraux (ES, L, S) sont aujourd'hui tout à fait comparables à ceux qu’on constate en classes prépas et en grandes écoles », soutient ainsi Yves Lecointe. Un rapport du sénateur Christian Dumunynck paru en 2011 pointait ainsi que 57,2% des bacs pro et 51,5% des bacs technologiques quittaient l’université en fin de première année de licence. C’est le cas de 20,4% des bacheliers généraux, un chiffre très proche de celui des classes prépas. « L’université est un vrai parcours du combattant les bacheliers professionnels, confirme Yves Lecointe. Leur place est plutôt dans les STS (section de technicien supérieur). Même chose pour les IUT (institut universitaire de technologie) et les bacheliers technologiques: c’est leur destination logique. »
Certains viennent aussi à l’université par dépit – ils n’ont pas été acceptés dans la filière qu’ils demandaient – et ne suivent parfois aucun cours! Leur première année est alors juste un moyen d’attendre de retenter l’entrée dans une filière sélective l’année prochaine. Autant de cas qui faussent les statistiques au détriment des universités. Dommage car, comme le dit Françoise Moulin Civil, « toute l’université est adossée à la recherche dès la licence et ceux qui veulent vraiment réussir trouveront chez nous les meilleurs enseignants ».
http://orientation.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edhec-Olivier-Rollot-208x300.jpg By Olivier Rollot. postbac-Admission is open and many wonder if they will go to university after their ferry. And it is true that this is not always easy to get to college when you come out of high school. In 2007, in presenting his plan "Success in licensing," the Ministry of Higher Education and Research as well as more pointed than half the students failed in first year (30% redoubled, 16% shift, 6% dropped out their studies). Since then great efforts have been made.
Taking time to integrate

The first effort of universities is teaching.
No question of letting students neophytes abandoned in corridors impersonal. Priority is given to integration today. For the first time this year, all students at the University of Cergy-Pontoise (UCP) have completed a full week of integration. "This is for us to make them quickly aware of the realities of the university," says Françoise Civil Moulin, President of the PCU, who remembers that there are still some students were "drowned under speech rivers in lecture halls filled to overflowing." Today, they gradually present the operation of the premises, the university library strategic social services through community life. More...