http://orientation.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edhec-Olivier-Rollot-208x300.jpgPar Olivier Rollot. Décider dès 17 ans qu'on veut devenir médecin ou travailler touts sa vie dans les sciences n'est ce pas prématuré ? Et si les taux d'échec dans l'enseignement supérieur étaient largement dûs à une orientation trop précoce ? Une question de plus en plus débattue. Par exemple par Jean-Charles Pomerol quand il était encore président de l'université Pierre et Marie Curie et qu'il affirmait qu'il fallait "offrir une orientation et une sélection progressive entre bac et bac+3".
C’est pour diversifier les parcours que l'UPMC met en place, par exemple, un cursus d’ingénierie avec ouverture pluridisciplinaire, initiation à l’ingénierie et disciplines de bases entre bac et bac+3, suivi d’enseignements d’ingénierie au meilleur niveau de master. "Ainsi à bac+3, l’étudiant a une bonne culture générale et sait s’il a envie de devenir ingénieur ou pas. Sinon, il a encore le choix de s’orienter vers plein d’autres métiers", me disait encore Jean-Charles Pomerol.
Deux ans de plus pour choisir?

Mais un des buts du lycée général est de donner un aperçu de l’ensemble des disciplines qui pourraient apparaitre dans les études supérieures. S’il ne remplit pas ce but, n’est ce pas là qu’il faudrait agir plutôt que de refaire du généraliste à la fac ? Un débat passionnant car il renvoie à la capacité ou non d’un jeune de 17 ou 18 ans de se projeter dans un avenir professionnel. D’autant que non, on ne peut pas dire que le lycée général ait donné un aperçu de l’ensemble des disciplines. Qui a fait du droit ou de la sociologie avant d’aller sur les bancs de la fac? Qui sait vraiment ce qu’on apprend en médecine? Qui sait vraiment ce que sont des études d’ingénieurs?
Et pourtant, interrogés en 2009 par la fédération de parents d’élèves PEEP à propos de l’âge idéal de l’orientation, une majorité de parents souhaitaient qu’elle ait lieu avant la classe de troisième (44%) ou pendant la classe de troisième (32%) et ils n’étaient que 21% à estimer que le choix ne doit être fait qu’au moment du bac.
L’exemple américain

On est là bien loin de l’université à l’américaine où il n’est pas question de s’engouffrer dès le bac en médecine ou en droit! Les deux premières années de bachelor universitaire (notre licence mais en 4 ans) y sont très libres. Loin de se spécialiser tout de suite comme en France, les étudiants américains piochent picorer dans les cours parmi toutes les matières dont seulement quelques unes sont obligatoires. Sciences, littérature, arts, ils se construisent un parcours à la carte avant d’opter pour des spécialisations en troisième année. Même un non scientifique doit avoir validé des cours de sciences qui leur sont d’ailleurs spécifiquement destinés.
« Il est possible de changer totalement d’avis sur son orientation une fois entré à l’université», explique ainsi Charlotte Goodwin, conseillère à la Commission franco-américaine, qui se souvient d’une amie qui a découvert les beaux-arts alors qu’elle se croyait faite pour les sciences: « Aujourd'hui elle illustre des livres scolaires de mathématiques.» Et Céline une étudiante ingénieurs de CPE Lyon partie à l’université de Purdue, près de Chicago, de me raconter que, même en master, elle avait eu le « du bonheur d’avoir pu pratiquer des matières qui n’étaient pas liées à son cursus comme la philosophie».
Mais il est aussi vrai qu’aux Etats-Unis à peu près n’importe quel diplômé titulaire d’un bachelor peut postuler dans n’importe quel métier. Comme au Royaume-Uni, posséder un master de poésie espagnole peut vous ouvrir aussi bien les portes du professorat que de la banque. Inimaginable en France!
La tradition française

Alors s’oriente-t-on trop tôt ou non en France ? Ne faudrait-il pas demander aux étudiants de se spécialiser progressivement avec des cursus plus larges ? Serait-ce une solution aux taux d’échecs des premières années ? Déjà le plan «Réussite en licence » adopté en 2007 entendait «favoriser la pluridisciplinarité et ménager une spécialisation progressive» afin de permettre d’ouvrir plus de passerelles entre les différentes filières d’études. On y retrouvait l’exemple d’une première année de licence de géographie pour illustrer comment les premières années devaient évoluer.
Ancienne première année (15 h par semaine):
    4 Unités d’enseignement (UE) fondamentaux : Climatologie (2h30), Géomorphologie (2h30), Géographie de la population (2h30), Géographie historique (2h30)
    2 UE optionnelles : Géographie de l’océan (2h30), Initiation aux sciences sociales (2h), Initiation à la géologie (2h)
    UE libre (au choix: Art archéologie, Philosophie, Langue, EPS, Informatique) horaire variable
Première année rénovée (20 h par semaine):
    6 Unités d’enseignement (UE) fondamentaux : 3 UE de géographie au choix (7h30), 1 UE culture générale (2h) ou 1heure de tutorat par semaine obligatoire  sur la base d’évaluations effectuées en début d’année +1 heure de culture générale
    1 UE langue: anglais (2h)
    1 UE Méthode de travail et TIC (2h)
    2 UE optionnelles
    1 UE 2e langue (2h)
    1 UE Initiation aux sciences sociales (2h)
    2 UE libres (EPS, Art, Philosophie, mathématiques, histoire, droit …) (4h).
Un exemple frappant qui a bien été suivi d’effets comme on peut le voir en allant sur les sites présentant les licences de géographie actuelle comme ceux des universités comme Paris 1, Clermont-Ferrand ou Rennes 2. Pour autant, on reste loin de premières années communes à des catégories entières d'étudiants, sinon à tous les étudiants comme aux Etats-Unis. Loin aussi de ce que pouvait l’être l’année de «propédeutique» qui permettait jusqu’en 1966 aux étudiants français d’acquérir des méthodes utiles à leur parcours universitaire.

http://orientation.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edhec-Olivier-Rollot-208x300.jpg By Olivier Rollot . Decide when you want 17 years to become a doctor or work all his life in science is not it premature? And if the failure rate in higher education was largely due to an orientation too early? A question increasingly debated. For example, by Jean-Charles Pomerol when he was still president of the University Pierre et Marie Curie, and he claimed he had "provide guidance and a forward selection between tray and tray 3."
This is to diversify the routes that UPMC is implementing, for example, an engineering curriculum in an open multi-disciplinary introduction to the engineering disciplines and between basic tray and tray 3, followed by teaching engineering at the highest level of master. "So in tray 3, the student has a good general knowledge and knows if he wants to become an engineer or not. Otherwise, it still has the choice to move to many other professions," tell me more Jean-Charles Pomerol. More...