Les EchosPar Isabelle Ficek. Le ton est monté d'un cran hier au sujet de l'autonomie des universités et de leur budget, après l'annonce par le ministère de l'Enseignement supérieur d'une mise sous gestion rectorale de sept établissements en raison de deux exercices déficitaires successifs (« Les Echos » d'hier). D'autant que toute remise en cause de la réforme de l'autonomie, avancée par l'exécutif comme la réforme phare du quinquennat, porte atteinte à son bilan.

A l'Assemblée, le député PS Alain Claeys, chargé de l'enseignement supérieur dans l'équipe de François Hollande, a interpellé le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, assurant que le déficit total en 2010 pour les 83 universités était de 37 millions d'euros. « Demain, combien d'entre elles seront placées sous tutelle? Quelles seront les variables d'ajustement? », a-t-il demandé.
9 milliards investis

« Depuis quatre ans, des moyens sans précédent ont été donnés à l'enseignement supérieur et à la recherche », a répliqué le ministre, qui défend « un investissement sur le secteur de 9 milliards d'euros », sans compter l'opération Campus ou les investissements d'avenir. « Les moyens transférés aux universités sont supérieurs à ce que l'Etat finançait avant l'autonomie. L'Etat a investi deux fois plus en cinq ans que les dix années précédentes », précise Laurent Wauquiez aux « Echos ». « Le budget des universités a augmenté de 20% en moyenne et jusqu'à plus de 50% pour certaines d'entre elles. » Ceci, alors que les présidents d'université, tout en défendant pour une grande part la réforme de l'autonomie, mettent en garde régulièrement contre des moyens transférés insuffisants eu égard aux nouvelles charges. Hier, le président de l'université de Nantes, Yves Lecointe, l'un des premiers à avoir alerté sur les difficultés budgétaires, a déclaré à l'AFP que « beaucoup d'universités s'inquiètent de la fabrication du budget 2012, si bien que le chiffre des universités en difficulté peut varier de 7 à 40 ou 50 ».
Le ministre de l'Enseignement supérieur, lui, se veut rassurant: « Sur plus de 150 établissements d'enseignement supérieur et universités, seuls 7 sont concernés par une possible procédure d'adoption du budget par les recteurs. Que l'arbre ne cache pas la forêt. D'autant que ces situations s'expliquent très souvent pour des raisons uniquement techniques. » Le comité des pairs mis en place la semaine dernière au ministère est chargé d'étudier ces dossiers. Selon Laurent Wauquiez, des « solutions » ont d'ores et déjà été trouvées pour Paris-XIII et l'Insa de Rouen. Les présidents d'université espèrent, dit Yves Lecointe, « des solutions à long terme. »
Voir aussi L'autonomie révèle la misère des universités.
Les EchosIsabelle Ficek. Toon pügala eile umbes ülikoolide iseseisvus ja eelarve pärast teadet kõrgharidus hallatavate seatud seitse rectorial institutsioonide sest kaotus kahe järjestikuse aasta jooksul ("Les Echos" eile). Eriti kuna iga väljakutse omavalitsuse reformi poolt esitatud kommenteeritud lipulaev reformi viisaastak, rikub tema bilansis. Velle...