Formation & TerritoireA l’occasion de la 5ème conférence régionale de l’orientation organisée par la Région Champagne-Ardenne le 22 novembre dernier, l’ARIFOR a lancé sa revue Formation & Territoire sur le thème très actuel de l’orientation: « Projet et orientation tout au long de la vie- Des pratiques régionales en action ».
Fidèle à l’objectif initial de la revue créée en 1997, ce numéro 14 est une nouvelle fois le fruit d’une réflexion collective, conduite avec des professionnels praticiens et/ou chercheurs, sur une thématique d’actualité liée au monde de la formation professionnelle.
Pilotée par l’ARIFOR et coordonnée avec un expert de la problématique, Agnès Heidet pour le Cabinet André Chauvet Conseil, la revue Formation & Territoire vise à repérer les pratiques existantes et les innovations des acteurs sur le territoire champardennais, à éclairer ces pratiques à partir des résultats de recherche ou d’apports théoriques, puis à les valoriser, les partager et les diffuser via une production écrite mutualisée: la revue Formation & Territoire.
Pour ce numéro, 18 textes ont été recueillis: jusqu’alors les praticiens-nes champardennais n’avaient jamais été si nombreux à contribuer! Cette forte mobilisation régionale des milieux de l’orientation, la formation et l’insertion reflète un certain intérêt dans la mise en place du droit à l’orientation pour tous, droit prévu dans la loi relative à l’orientation et à la formation tout au long de la vie de 2009.
Organisée en 3 parties, vous trouverez au sommaire de la revue Formation & Territoire n°14:

- une préface rédigée par l’éminent Jean-Pierre Boutinet;
- la 1ère partie « Orientation: concept invoqué mais indéterminé », articulée autour de points de vue d’acteurs sur l’orientation et la notion de projet;
- La 2nde partie « Objets de l’orientation sur l’orientation en mouvement », mutualisant des récits d’expériences probantes avec certains publics et des expérimentations d’actions en partenariat;
- La 3ème et dernière partie « Perspectives de professionnalisation des acteurs de l’AIO », traitant de la nécessaire approche de la qualité, de l’évaluation et de la professionnalisation des acteurs en matière d’orientation.
Extrait: Mise en oeuvre du service public de l’orientation et place de l’orientation dans l’entreprise

Par Pierre POSSEME et Guillaume MANGEART, respectivement Président et Coordinateur régional de la formation professionnelle, MEDEF Champagne-Ardenne
Quelle place pour les entreprises et le monde professionnel dans la mise en oeuvre du Service Public de l’Orientation?

L’instauration d’un Service Public de l’Orientation par la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie constitue assurément une avancée sociale considérable. Elle a d’ailleurs été perçue très favorablement par les milieux professionnels dans un environnement économique en perpétuelle mutation, avec des métiers qui évoluent à une vitesse extrêmement rapide. La mise en oeuvre d’un Service Public de l’Orientation est donc une occasion extraordinaire de rendre ce système plus accessible et plus efficace pour l’ensemble des français, des plus jeunes jusqu’aux séniors, en particulier les jeunes en formation initiale, les salariés en activité, les salariés souhaitant une mobilité externe et les demandeurs d’emploi. Dans ces quatre situations, les bénéficiaires d’orientation ont besoin de quelqu’un qui leur donne, en effet miroir, une bonne appréciation de ce qu’ils sont et de leur potentiel et qui les aide à bâtir leur projet, ainsi que d’un système d’information pertinent.
L’un des constats du MEDEF Champagne-Ardenne sur la structuration et la lisibilité du système actuel d’orientation est qu’il existe une multiplicité d’acteurs aux pratiques extrêmement diverses, s’adressant chacun à un public bien défini avec des outils spécifiques, le tout sans aucune coordination. C’est sur la base de ce constat que le Conseil régional de Champagne-Ardenne a d’ailleurs décidé, en 2007, la mise en place des Espaces métiers dans les bassins d’emploi de la région ainsi que l’instauration d’une conférence annuelle régionale réunissant les acteurs de l’orientation, amorçant ainsi la coordination des acteurs de l’orientation sur les territoires.
Aujourd’hui, la loi du 24 novembre 2009 doit permettre d’accélérer cette dynamique, en obligeant l’ensemble des acteurs à se coordonner pour constituer un véritable service public. Cependant, la structuration de ce service public par l’attribution d’un label ne constitue, à nos yeux, qu’un élément, certes important, mais pas suffisant, pour rendre le système plus efficient. Il nous semble en effet qu’un aspect fondamental a été ignoré par le législateur et par les textes d’application: notamment le lien puissant et permanent qui doit exister entre les entreprises, le monde professionnel et les acteurs de l’orientation.
A Comment informer, promouvoir les métiers et organiser l’orientation tout au long de la vie?

Mettre en oeuvre le Service Public de l’Orientation sans intégrer l’enjeu du renforcement d’un lien permanent avec le monde professionnel reviendrait un peu à construire une très belle mécanique sans se poser la question de savoir comment elle sera alimentée en énergie pour fonctionner correctement.
C’est pourquoi le MEDEF préconise de renforcer les partenariats entre les acteurs de l’orientation et les organisations professionnelles et interprofessionnelles. La mise en place du Service Public de l’Orientation est une formidable opportunité pour avancer sur cette question, grâce à la mise en réseau et à la coordination des acteurs. Un certain nombre de propositions sur ce sujet ont d’ailleurs été formulées par le MEDEF à l’occasion des travaux d’élaboration du Contrat de Plan Régional des Formations Professionnelles (CRPDFP) conclu le 15 juin 2011 pour une durée de 5 ans.
Renforcer le lien permanent entre les entreprises et les acteurs de l’orientation

- En premier lieu, profiter de la coordination des acteurs au sein du Service Public de l’Orientation pour ouvrir fortement les structures labellisées en direction des acteurs économiques. Cette ouverture pourrait notamment se matérialiser par la participation active des entreprises, par le biais des organisations professionnelles et interprofessionnelles, à la professionnalisation de l’ensemble des personnes ayant fonction de conseil en orientation. L’objectif est fondamental: il s’agit, par la participation de représentants professionnels au programme de formation, ainsi que par l’organisation de visites et de stages en entreprise, d’actualiser en permanence les connaissances des « orienteurs » sur l’évolution des métiers et des secteurs d’activité.
Notre projet serait, avec nos branches professionnelles adhérentes et en partenariat avec les autres organisations patronales interprofessionnelles, de travailler à la structuration et à l’animation d’un réseau de professionnels disponibles et compétents pour faire découvrir et informer sur leurs métiers. Ce réseau d’ « ambassadeurs métiers » pourrait être mobilisé à deux niveaux: à la fois à l’occasion d’évènements et de rencontres ayant pour objet la découverte et l’information sur les métiers, mais également au niveau du programme de professionnalisation des acteurs de l’orientation.
- Soutenir la réalisation d’études sectorielles ainsi que leur actualisation en confiant à l’Observatoire Permanent des Emplois et des Qualifications (OPEQ) un rôle de compilation et de vulgarisation de l’ensemble des données statistiques et prospectives disponibles au niveau régional concernant les métiers et leurs évolutions (observatoires de branches et des territoires, BMO, pôles de compétitivité, etc.). L’objectif est de doter les acteurs du Service Public de l’Orientation d’outils fiables et pertinents pour mettre en oeuvre une orientation dynamique, en phase avec les évolutions techniques et organisationnelles à l’oeuvre au sein des entreprises.
- Outiller les démarches d’orientation active en accompagnant la continuité de la démarche d’orientation « tout au long de la vie » d’un support matériel enregistrant les différentes validations des compétences: le livret de compétences et le passeport orientation et formation sont les outils embryonnaires d’une démarche qui doit être encore développée et diffusée.
- Veiller à utiliser des supports de communication plus en phase avec les nouveaux usages et outils qui se diffusent largement chez les jeunes et les actifs; bien sûr Internet, mais également les réseaux sociaux pour compléter les actions plus classiques de type rencontres/forums.
- Lutter contre le déterminisme social en expérimentant des actions de sensibilisation en direction des familles. La mise en place d’une communication autour d’exemples régionaux de réussite professionnelle illustrant la diversité et la non-linéarité des parcours constituerait un moyen simple pour encourager les familles à être ambitieuses et moteurs pour l’avenir professionnel de leurs enfants.
Construire un système d’information simple et global au service des publics et des professionnels

- Ce système inclurait la connaissance des métiers, les formations à suivre pour y accéder, les formations existantes, leur financement, la façon dont se déroule l’insertion à l’issue d’un parcours de formation, l’évolution du marché du travail…
- Concernant la formation, il serait nécessaire de favoriser le développement d’une offre souple, réactive et individualisée, répondant aux diverses situations de formation rencontrées sur le terrain (pour monter en compétences et en qualification, pour construire un parcours de professionnalisation, pour favoriser une mobilité professionnelle ou une reconversion).
- En ce qui concerne spécifiquement l’orientation des salariés et des demandeurs d’emploi, la maîtrise des dispositifs de formation existants et leurs modalités d’accessibilité et de financement est fondamentale. Il importe que les possibilités offertes de formation tout au long de la vie par les accords et les lois, soient bien connues des publics et de ceux qui les aident.
Sécuriser les parcours professionnels dès l’initial et favoriser l’employabilité des personnes tout au long de la vie

- Dès la formation initiale, il est envisageable de permettre aux jeunes de devenir acteurs de leur orientation et espérez par la suite, d’être acteurs de leur parcours professionnel. En amont de la vie active des jeunes, il est donc nécessaire de développer les relations Education-Entreprise afin que les orienteurs disposent d’une bonne connaissance de l’économie et des entreprises, connaissance indispensable dans tout processus d’orientation. En région, s’il existe de nombreuses conventions cadre de partenariat, il reste une stratégie régionale entre grands acteurs concernés pour améliorer la cohérence et l’efficacité des interventions en faveur de la découverte des métiers dès le plus jeune âge afin d’éveiller la curiosité des jeunes pour leur orientation.
- Durant la vie active, accompagner les (futures) mobilités et transitions professionnelles:
par exemple en concevant l’accès à une première qualification ou à une qualification supérieure comme un parcours à étapes ; en encourageant les démarches de VAE et en renforçant l’accompagnement des personnes, en particulier celles qui sont engagées dans des démarches collectives d’entreprise; en réduisant le délai entre la demande de formation des demandeurs d’emploi et leur réalisation effective; ou encore en renforçant les savoirs et compétences de base qui favorisent l’adaptation des personnes aux évolutions continues du contexte socio-économique.
De leurs côtés, les entreprises sont prêtes à s’investir toujours davantage pour participer à la promotion collective de leurs métiers, pour prendre le temps de les faire découvrir, de donner envie, de conseiller… Cette nécessité a été comprise il y a bien longtemps par les organisations professionnelles et interprofessionnelles qui se sont organisées dans ce sens et mobilisent fortement leurs adhérents pour qu’ils consacrent du temps à cette véritable mission d’intérêt général qu’est l’orientation tout au long de la vie.
La mise en réseau de l’ensemble des acteurs dans le cadre du Service Public de l’Orientation doit permettre de s’assurer que toute l’information nécessaire est disponible dans les délais voulus, accessible à tous, immédiatement, aisément et sans contrainte, et structurée dans l’esprit de l’utilisateur et non sous forme d’une simple publication. Le portail national de l’orientation, financé par les entreprises via le Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP), devrait notamment y contribuer.

Training & Territory On the occasion of the 5th Regional Conference of the orientation organized by the Region Champagne-Ardenne on 22 November, the magazine launched its ARIFOR Training & Territory on the highly topical orientation "Draft Guidance and all long-life practices in regional action."
True to the original purpose of the magazine founded in 1997, that number 14 is again the result of collective thinking, driving professional practitioners and / or research on a topical theme related to the world of training professional.
Organized in three parts, you will find the summary of the journal Education & Territory No. 14:
- A preface by the eminent Jean-Pierre Boutinet;
- Part 1 "Orientation: concept invoked but undetermined", which focuses on the views of stakeholders on the direction and the concept of the project;
- The 2nd section "Objects of guidance on the direction in motion", shared stories of some successful experiences with public actions and experiments in partnership;
- The third and final part of "Perspectives of professionalisation of the IOA," dealing with the necessary approach to quality, assessment and professional actors for guidance. More...