Les EchosPar Isabelle Ficek. Selon une étude de l'ANRT réalisée à partir de données de 11 grands groupes, le crédit impôt recherche permet à la France d'être plus compétitive que l'Allemagne.
Sans le crédit impôt recherche, la France serait, en termes de coût du chercheur, le pays le plus cher en Europe. Avec, elle est plus compétitive que l'Allemagne ou que la Grande-Bretagne, et à peine moins que Singapour. C'est en tout cas la conclusion d'une étude de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT). Celle-ci a fondé ses travaux sur le calcul des coûts de revient comparés en 2010 des chercheurs de 11 grands groupes (Air Liquide, Airbus, Alcatel-Lucent, ArcelorMittal...) après incitations fiscales et aides directes, dans les différents pays dans lesquels ils investissent en recherche. En 2010, le crédit impôt recherche, un dispositif critiqué pour son coût (4,8 milliards en 2010, 5,3 milliards attendus en 2012), cumulé aux subventions nationales et européennes, a réduit les coûts des chercheurs de 36% pour ces groupes. Les écarts de coûts en faveur de la France sont ainsi de 37% avec l'Allemagne, 38% avec la Finlande, 11% avec le Royaume-Uni. En revanche, l'Asie présente toujours des coûts inférieurs (35% pour la Chine), même si les écarts ont tendance à se resserrer (4% pour Singapour). De quoi avoir, selon le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez, « un impact non seulement sur la R&D mais aussi sur la relocalisation d'activités ».
Partenariats public-privé

Reste que la part de l'effort de recherche a stagné à 2,26% du PIB en 2009 et en 2010, et la dépense des entreprises privées a moins progressé que la recherche publique. « A moyen terme, défend Laurent Wauquiez, le CIR a un vrai effet de levier. Pour un euro de CIR versé, sont attendus entre 2 et 4 euros de croissance de PIB. Le CIR a évité malgré la crise un plongeon de la R&D privée et a même permis de prendre des positions avec le triplement du nombre de projets d'investissements étrangers de R&D entre 2008 et 2010. » Pour accentuer l'effort, Laurent Wauquiez, en visite aujourd'hui dans des centres de recherche du plateau de Saclay, veut appeler les entreprises privées à multiplier leurs partenariats avec les laboratoires publics, et travaille à un dispositif, baptisé « Contact Innovation », qui doit accompagner, notamment, les PME-PMI dans leurs démarches de R&D.
Les EchosIsabelle Ficek. Uuringu ANRT valmistatud andmed alates 11. põhigruppidele, teadusuuringute maksusoodustuse lubatakse Prantsusmaal olla konkurentsivõimelisem kui Saksamaa. Velle...