http://www.centre-inffo.fr/40ans/40ans_bandeau2.jpgJacques Barrot, ministre du Travail et des Affaires sociales de 1995 à 1997. Centre Inffo - Quelle a été votre principale réforme ?
Jacques Barrot -
J’ai fusionné la Délégation à l’emploi (DE) et la Délégation à la formation professionnelle (DFP). Celle-ci était assez faible. En la fusionnant avec celle chargée du travail, on lui donnait la possibilité d’être plus structurée et plus efficace. Ce qui était aussi une manière d’orienter la formation professionnelle vers la reprise d’emploi et la pratique de nouveaux métiers.
Centre Inffo - Quels principes ont guidé votre action ?
Jacques Barrot - Nous voulions créer un “droit à la formation professionnelle tout au long de la vie”. L’idée étant de donner une deuxième chance à ceux qui ont envie de progresser. La formation professionnelle est à la fois un droit individuel et une chance formidable pour la nation. Elle permet dans une période de mutation, de passer d’une entreprise à une autre. C’est une opération gagnant-gagnant, à la fois pour l’individu et la collectivité.
Centre Inffo - Quels sont les freins au développement de la formation professionnelle tout au long de la vie ?
Jacques Barrot - J’ai considéré que les fameux Opca étaient parfois un peu corporatistes, et qu’il fallait introduire un droit individuel à la formation. Il existait un droit accessible à la formation, coûteux et peu accessible à la plupart des demandeurs. Trop souvent, la formation a malheureusement pu être confisquée par les formateurs et les organismes de formation.
Centre Inffo - Quels dossiers auriez-vous aimé concrétiser ?
Jacques Barrot - J’ai soutenu la validation des acquis de l’expérience. Mais la classe politique dans son ensemble, moi compris, a été trop timorée. Il faut dire que les corporations se sont liguées contre la VAE, qui reste encore aujourd’hui un parcours du combattant. C’est dommage, mais que voulez-vous, ce pays a la “diplômite”. Pourtant, des salariés ayant commencé à travailler sans diplôme secondaire méritent tout autant que les diplômés de connaître une ascension sociale. Lorsque j’étais député d’opposition, j’ai coopéré tout aussi bien avec Nicole Péry [Secrétaire d’État à la Formation professionnelle de 1998 à 2002, elle a mis en place la VAE, inscrite dans la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002] qu’avec Vincent Merle [alors conseiller de Nicole Péry, en particulier sur les questions de VAE].
On pourrait dire la même chose de l’alternance, cela fait trente ans qu’il aurait fallu mettre l’accent sur l’alternance comme le fait l’actuel gouvernement, mais les organismes chargés de d’orientation ne dirigent pas vers l’alternance. Autant l’alternance a été développée dans l’artisanat, autant l’accent n’a pas été assez porté sur l’industrie, où les besoins sont pourtant considérables. Ce secteur va manquer de techniciens et, plus généralement, de salariés qualifiés. Valéry Giscard d’Estaing m’avait demandé : “Que faut-il mettre en œuvre pour réduire le chômage ?” Je lui avais répondu : “L’alternance industrielle.” J’ai lancé des programmes d’alternance avec Jean Gandois, alors président du Centre national du patronat français (CNPF). Le patronat s’engageait à offrir des stages de cinq à six mois à des jeunes en BTS, mais la FSU [Fédération syndicale unitaire] a sabordé cette affaire.
http://www.centre-inffo.fr/40ans/40ans_bandeau2.jpg Jacques Barrot, töö-ja sotsiaalminister 1995-1997. Inffo Keskus - Mis oli teie peamine reform?
Jacques Barrot - I ühinenud delegatsiooni Tööhõive (DE) ja delegatsiooni kutseõpe (DFP). See oli üsna madal. Muudatustele, ühendades selle eest tööd, anti talle võimalus olla paremini struktureeritud ja tõhus. Mis oli ka viis juhtima kutseõppe tööle naasta ja harjutada uusi oskusi.
Inffo Keskus - Mis andmeid sa tahaksid saavutada?
Jacques Barrot - toetasin akrediteerimise eelnev kogemus. Aga poliitilise klassi tervikuna, mina sealhulgas, oli liiga kartlik. Tuleb öelda, et ettevõtted olid joondatud vastu VAE, mis on endiselt takistuseks muidugi. See on häbi, aga mida sa tahad, see riik on "diplômite". Kuid töötajaid, kes alustas tööd ilma keskkooli diplomit väärt nii palju kui lõpetajate kogemus tõusu ametiredelil. Kui ma olin liige opositsiooni, olen teinud koostööd ka koos Nicole Pery [Secretary of State for Vocational Training 1998-2002, asutas ta VAE, et seaduste sotsiaalse moderniseerimise 17. jaanuar 2002] koos Vincent Merle [siis nõunik Nicole Pery, eriti küsimustes VAE]. Veel...