17 juillet 2011

Les métiers de la formation des adultes

http://www.centre-inffo.fr/40ans/40ans_bandeau2.jpgLa formation des adultes représentent un champ professionnel en développement. Une étude du Commissariat général du Plan et de la Dares du 5 décembre sur les métiers en 2015 classe cette catégorie parmi celles où l’emploi se développera fortement, soit une progression de 4,4% par an.
Cependant, la formation des adultes est un large champ d’acteurs souvent mal identifiés. Il existe une grande diversité d’appellations : d’un organisme à l’autre, le même emploi peut recouvrir des activités différentes. Inversement, deux dénominations différentes peuvent correspondre à de mêmes activités.
Dresser une catégorisation exhaustive des métiers reste donc problématique. La liste qui suit regroupe des fonctions les plus fréquentes, regroupées selon les contextes d’exercice de l’emploi.
Centre INFFO collecte régulièrement des informations sur les formations certifiantes qui préparent aux métiers de la formation. Cette base décrit leur intitulé, objectifs et/ou programme, conditions d’admission, organisation et/ou durée, modalités pédagogiques, etc., ainsi que les coordonnées des organismes. Base des certifications des métiers de la formation...
http://www.centre-inffo.fr/40ans/40ans_bandeau2.jpg Täiskasvanute koolitus on arendada professionaalne valdkonnas. Uuringu planeerimise komisjon ja julgeb kohta 5. detsember 2015 äriklassi kategoorias seas, kus tööhõive on tugevalt kasvanud, kuni 4,4 % aastas. Base sertifitseerimise kaupleb koolitus. Veel...

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Relancer sa carrière grâce à un diplôme

Par Yves Rivoal. Pour changer de métier ou créer une entreprise, de plus en plus de salariés n’hésitent plus à mettre entre parenthèses leur carrière professionnelle afin de suivre une formation diplômante. Mikael Pouille, directeur de GB Carrière nous dévoile les clés d’une transition réussie.
Y a-t-il un bon âge pour rebooster sa carrière en investissant dans une formation diplômante ?

- Ce n’est pas une question d’âge, mais de motivation, de valeurs ou de questionnements qui émergent d’une situation d’entreprise ou d’une aspiration personnelle. Dans notre cabinet, nous voyons passer des gens qui ont interrompu leur carrière pour reprendre une formation diplômante de 25 à 56 ans. A 25 ans, vous pouvez en effet déjà avoir un vécu professionnel de quelques années et éprouver le besoin de réorienter votre carrière sur un vrai choix que vous n’avez pas pu effectuer à 18 ans. Il n’y a donc pas à mon sens de crise de la quarantaine ou de la cinquantaine qui motiverait ce genre de démarche.
Si l’âge n’est pas le critère essentiel, sur quoi doit se fonder cette décision ?

- Ce qui déclenche la volonté de reprendre une formation diplômante, c’est un environnement professionnel mouvant, des opportunités qui se présentent, le souhait de changer de parcours professionnel... Très souvent, un licenciement économique permet de se poser et de construire ce type de projet afin de changer de métier ou de créer une entreprise. Aujourd’hui, ce scénario fait partie du devenir de beaucoup de salariés licenciés économiques dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi.
Quelle démarche faut-il mettre en place pour réussir cette mise en parenthèse de sa carrière ?

- La première étape, essentielle, est de définir son projet et de le confronter à la réalité économique, à ses motivations personnelles et à ses atouts professionnels. Pour cela, il faut se poser les bonnes questions : qu’est-ce que je veux faire ? Mon projet est-il cohérent avec la réalité du marché ? Les entreprises recherchent-elles des candidats issus de la formation que vous visez ? Ce travail d’introspection peut très bien se faire tout seul dans son coin. Ceci étant dit, il est clair que le regard extérieur d’un professionnel permet d’affiner son projet. Vous avez même certains organismes financeurs, comme le Fongecif, qui favorisent la prise de charge de formations lorsque le salarié est au préalable passé par un bilan de compétences.
Comment faut-il procéder pour choisir la bonne formation ?

- Vous avez aujourd’hui sur Internet des centres de ressources qui vous permettent de réaliser des benchmarks. Il faut ensuite faire son marché au regard des critères qui auront été définis en amont dans la construction du projet. Quel est l’objectif de la formation ? Quels sont les contenus que vous recherchez en termes de savoirs, de connaissances ou d’expérience ? A ce sujet, l’alternance permet de favoriser cette acquisition d’expérience terrain et elle convient parfaitement à des salariés ayant quitté le cursus scolaire ou universitaire depuis longtemps. Il faut aussi garder à l’esprit que lorsque vous rencontrez un centre de formation, il est là pour vous vendre une prestation. Il faut donc être en mesure de prendre un peu de recul par rapport à ce qui vous est présenté en essayant par exemple de trouver des anciens élèves sur Viadeo qui pourront vous donner leur feed-back sur l’école et le programme. Vous pouvez également demander à l’établissement comment sont suivis les anciens et que sont-ils devenus après l’obtention du diplôme.
Cette démarche d’interrompre sa carrière pour reprendre une formation se révèle-t-elle efficace ?

- Plus le projet aura été défini en amont, plus la réinsertion sera facilitée pour la simple et bonne raison que vous vous serez confronté à la réalité du marché et que vous aurez pris un certain nombre de contacts en amont pour valider votre projet. Tout au long de la formation, il faut aussi penser à l’après en consacrant du temps à la prise de contacts, ce qui vous permettra d’accélérer la reprise de poste au sortir de la formation.
Comment faut-il vendre cette démarche à un recruteur ?

- En arguant du fait que votre projet est réfléchi, qu’il s’appuie sur des motivations personnelles et sur une volonté d’aller vers un secteur ou un métier plus en phase avec vos aspirations personnelles... Que vous avez au final effectué un choix motivé par des valeurs, et que ce projet, vous l’avez porté de manière proactive.
By Yves Rivoal. To change jobs or start businesses, more and more employees do not hesitate to bracket their professional careers to follow a degree course. Mikael Puglia, director of GB career reveals the keys to a successful transition.
Is there a right age to reboost his career by investing in a degree program?

- It's not a question of age, but motivation, values ​​or issues that emerge from a situation of a business or personal aspiration.
In our office, we see people who spend a career break to regain a degree program from 25 to 56 years. At 25, you may indeed already have professional experience that a few years and feel the need to redirect your career a real choice that you could not do at 18. So there is no sense in my midlife crisis or fifty would motivate this kind of approach. More...

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La CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) : Mode d'emploi

http://www.le-grep-rh.com/imgs/le-grep-rh.pngLa CIFRE réunit les entreprises et les laboratoires de recherche autour d'un projet soutenu par un doctorant.
Les conventions CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche) associent autour d'un projet de recherche, qui conduira à une soutenance de thèse de doctorat, trois partenaires : une entreprise, un jeune diplômé et un laboratoire de recherche (implanté dans une université, une école, un organisme public de recherche, un centre technique ou un laboratoire étranger).
Les CIFRE s'adressent aux entreprises qui s'engagent à confier à un jeune diplômé (Bac+5) un travail de recherche en liaison directe avec un laboratoire extérieur. L'entreprise signe un contrat de travail à durée indéterminée ou déterminée de 3 ans (article D 121.1d du Code de Travail) et verse à son "jeune Cifre" un salaire supérieur ou égal à 23 484 euros (salaire annuel, brut, hors charges patronales).
Dans les cas de diplômés non ressortissants de l'Union européenne, l'entreprise devra leur obtenir une autorisation de travail à temps plein. Pendant les trois ans que dure la Convention, l'entreprise se voit attribuer une subvention forfaitaire annuelle de 17 000 euros, que lui verse l'Association nationale de la recherche technique (ANRT), responsable de la gestion et de l'animation des conventions CIFRE, pour le compte du ministère chargé de la Recherche. La gestion des CIFRE est assurée par l’Association nationale de la recherche technique (ANRT).
http://www.le-grep-rh.com/imgs/le-grep-rh.png CIFRE skupia firmy i laboratoria badawcze wokół projektu wspieranego przez doktoranta.
Konwencji CIFRE (Konwencja Industrielles Formation de Research) włączają się wokół projektu badań prowadzących do rozprawy doktorskiej, trzech partnerów: firmy, młody absolwent i laboratorium badawcze (znajduje się na uniwersytecie, szkoła, publicznych organizacji badawczych, technicznych ośrodka lub laboratorium za granicą)
. Więcej...

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Faire de l'Enseignement supérieur un outil performant de la FTLV

http://www.fcu.fr/images/logofcu.gifPar Jean-Marie Filloque. « Faire de l'Enseignement supérieur un outil performant de la FTLV », un objectif pour la France ? Une opportunité pour les investissements d’avenir ? CDSUFC, JM Filloque, 30 juin 2011.
L’atteinte de l’objectif affiché pour l’enseignement supérieur d’être un outil performant de la FTLV est évaluée chaque année et les résultats présentés dans le rapport annuel de performances pour l’enseignement supérieur réalisé par la mission interministérielle pour l’enseignement supérieur (MIRES). Le rapport 2010 qui vient d’être publié consacre 4 pages (sur 810) à cet objectif [Programme 150, objectif N°3 « Faire de l’enseignement supérieur un outil performant de la formation tout au long de la vie ». Cet objectif comporte des indication de leviers d’action que nous connaissons bien: 1-Mise en place de parcours modulaires; 2-Aménagement des horaires en faveur des publics salariés; 3-Développer l’enseignement à distance; 4-Développer des services d’orientation et d’accompagnement dédiés aux adultes (http://edgesip.sup.adc.education.fr/)] stratégique et propose quelques éléments d’analyse. Cet intitulé FTLV est apparu depuis quelques années et tend à supplanter le terme « Formation continue » sans qu’une réelle réflexion n’ait été menée sur le fond au niveau de l’enseignement supérieur. C’est sans doute pourquoi les deux dénominations perdurent et que bien souvent la première (FTLV) est réduite à la seconde alors que qu’elle implique elle, une approche beaucoup plus globale des parcours d’apprentissage. Ce n’est pas le sujet central de ce communiqué qui va plutôt se centrer sur la qualité des indicateurs utilisés, mais sans que ce soit totalement décorrelé.
La DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance) qui réalise chaque année une enquête portant sur l’activité de formation continue des établissements d’enseignement supérieur (enquête N°6), a publié ses derniers travaux sur l’activité de FCU qui portent sur l’année 2008 [Note N° 11.08]. Cette enquête est le reflet du BPF (Bilan Pédagogique et Financier) rempli chaque année par tout organisme de formation déclaré à la préfecture de région, auquel s’ajoutent des données sur les actions non comptabilisées par ce dernier (développement personnel, Université du temps libre...) et sur les diplômes suivis et délivrés. La Validation des acquis elle, fait l’objet d’une enquête spécifique, réalisée en parallèle. Les indicateurs enseignement supérieur retenus par la MIRES sont extraits de ces enquêtes mais n’intègrent pas les aspects financiers.
L’objectif de toutes ces enquêtes et analyses est sans doute d’appuyer la volonté des décideurs de conforter la dimension baptisée « formation tout au long de la vie » pour l’enseignement supérieur mais ces analyses ne peuvent passer sous silence le fait que tant la stratégie que la mise en oeuvre, hors volet formation initiale, sont soumis à d’autres contraintes, y compris réglementaires, relevant du monde économique et du droit du travail. C’est une question centrale que traite notre organisation. Lors de notre colloque national qui s’est tenu à Lille du 8 au 10 juin, les intervenants ont tous souligné l’importance pour notre pays que l’enseignement supérieur, et particulièrement les universités, prennent toute leur place et toute leurs responsabilités dans le champ de la formation tout au long de la vie.
La qualité des indicateurs repose sur la fiabilité des saisies des données servant de base aux calculs. Un réel problème d’identification se pose pour les formations diplômantes, qui constituent le premier indicateur de la MIRES, car beaucoup d’établissements n’ont pas aujourd’hui de réelle politique de suivi des inscriptions administratives. Il n’est pas rare de trouver des personnes en reprise d’études inscrites dans les systèmes d’information comme étudiants en formation initiale et dès lors, non comptabilisées dans les enquêtes. Malgré tout, il est notable qu’aujourd’hui, plus de 9% des diplômes délivrés le soient à des personnes « régulièrement » inscrites avec le bon « régime », en formation continue ou en reprise d’études. La réalité est probablement bien supérieure. Un courrier récent cosigné des directeurs de la DGESIP et de la DEPP rappelle la nécessité de porter une attention particulière à cette étape de l’identification. Elle s’appuie sur le document technique diffusé aux établissements pour les besoins des scolarités (Manuel Technique SISE Système d’Information sur le Suivi des Etudiants) et donne des définitions des publics par une entrée qui ne nous semble pas complètement opérationnelle et conduit à beaucoup d’erreurs, d’incohérences, voir de conflits comme en témoigne le rapport du médiateur de l’Éducation Nationale qui demande de « clarifier la frontière entre formation initiale et continue ». Cette frontière existe t-elle vraiment, est-on capable de la tracer de manière fiable et quel est le réel but de cette identification ?
Dans une approche « FTLV » complète, elle n’existe pas. Par contre, elle prend corps dans notre pays pour deux raisons:
1. La nécessité de savoir qui paie et pour quoi, et plus pragmatiquement, d’évaluer dans les budgets, la part de chaque financeur (Etat, Régions, Entreprises, particuliers. Il est intéressant de voir comment la DARES (Analyse n°73 de novembre 2010) évalue la participation de l’Etat pour le développement de la FTLV dans l’enseignement supérieur: 1353 M€ pour les actifs occupés du secteur privé (par la formation continue dans l'enseignement supérieur.).. en 2008 (page 6). La méthode d’évaluation possède très certainement un biais!).
2. Le besoin d’une analyse statistique des publics « traités » et de mesurer l’écart par rapport aux objectifs (des établissements, nationaux, européens...)
Les définitions rappelées dans le courrier cité distinguent de manière incomplète les statuts et régimes d’inscription.
La nomenclature différencie 4 régimes:
- Formation initiale
- Reprise d'études NON FINANCÉES par un organisme public ou privé
- Formation par apprentissage
- Formation continue, reprise d'études FINANCÉES par un organisme public ou privé
Et donne des clés aux services des universités pour distinguer les statuts:
La formation continue se définit ainsi:
- elle est financée par un organisme (public ou privé)
- elle donne lieu à des droits d’inscription particuliers
- elle donne droit au statut de stagiaire de la formation continue
Les reprises d'études non financées concernent les étudiants reprenant des études, quel que soit le niveau auquel leur scolarité a été interrompue (CAP, BEP, BAC, …) après un arrêt d’au moins deux années, dès lors que ceux-ci ne bénéficient pas d’une prise en charge dans le cadre d’un dispositif de la formation continue.
Qu’appelle t’on une reprise d’études financée par un organisme privé ou public ? Le coût d’une d’année dans un parcours universitaire peut être évalué, le MESR annonce lui aussi des coûts moyens par formation. Les établissements élaborent ensuite une tarification qui est normalement validée par le CA et qui est assortie de procédures pour tenir compte des possibilités de prise en charge des frais pédagogiques.
Pour chaque candidat, c’est ce tarif qui peut être soumis aux organismes qui sont en charge du financement de la formation continue. Il inclut les services associés proposés par l’organisme comme l’AIO, l’accompagnement, l’aménagement des parcours....
Si le candidat n’obtient aucune prise en charge de ces frais pédagogiques, ou simplement une prise en charge partielle, il peut malgré tout obtenir une prise en charge de sa rémunération pendant sa formation. Comment doit il être classé dans chacun de ces cas?
La MIRES a constaté une stagnation du nombre de diplômés ces dernières années (autour de 32000), et même une baisse du ratio entre diplômés FC et total des diplômés à cause de l’augmentation du dénominateur, nous éloignant ainsi de l’objectif de 10%, fixé pour 2012. L’analyse est correcte mais les données sujettes à caution. La raison invoquée telle que « la stagnation observée en valeur absolue s’explique par une communication insuffisante des établissements sur son offre de formation en la matière » est sans doute réelle mais suffisante. La MIRES devrait mettre en avant la difficulté majeure de la légitimité du « repérage » évoqué plus haut doublée de l’imprécision des conditions de financement associées aux différents statuts. De plus, il y a un paradoxe que relève la note N° 11.08 de la DEPP. : les recettes des établissements au titre de l’activité de formation continue sont en augmentation régulière. La principale raison en est l’augmentation des contributions venant des entreprises et OPCA , mais il est clair que cela vient de l’augmentation importante des personnes formées dans le cadre de contrats de professionnalisation, formations longues, pratiquement toujours diplômantes et financées relativement facilement dès lors que le contrat est signé. Par contre, il apparaît aussi qu’à l’université, plus d’un stagiaire sur deux finance seul sa formation. Cette situation est pour le moins surprenante, rapportée aux nombreux dispositifs de prise en charge existant, mais aussi comparativement à la situation dans les autres organismes de formation français pour lesquels cette origine ne représente que 8% du total. Les adultes désirant accéder à des dispositifs universitaires ont du mal à mobiliser les fonds de formation de la formation professionnelle !
Le deuxième indicateur retenu pour mesurer la performance porte sur l’activité de validation des acquis [Décret n°2002-590 du26 avril 2002]. Dans la mesure où celui-ci ne s’intéresse qu’à l’application du décret de 2002 sur la VAE, il minimise l’impact de cette voie d’accès aux diplômes qui est aussi déclinée en termes de dispenses des titres requis pour accéder à un niveau de formation supérieure (procédure liée au décret de 1985-Décret n° 85-906 du 23 Août 1985) ou encore de validation des études supérieures [Décret n°2002-529 du 18 avril 2002]. Comme cette approche est constante, elle n’impacte pas l’analyse des résultats annuels, qui là encore, sont en régression depuis 3 ans, passant de 4199 en 2007 à 4055 en 2009. Dans le même temps la part des diplômes complets obtenus sans préconisations reste stable. La MIRES propose deux explications à cette situation: « d’une part, les tarifs demandés aux candidats sont souvent en deçà du coût réel pour l’établissement, ce qui constitue un frein au développement de cette activité qui n’est pas jugée prioritaire; d’autre part, les universités et autres établissements d’enseignement supérieur opèrent une sélection importante des candidats lors de l’examen de la recevabilité de leurs dossiers, en privilégiant les profils susceptibles d’obtenir la délivrance d’un diplôme complet (actuellement 53 % des VAE) ou au moins une part importante du diplôme. »
Ces deux raisons semblent renvoyer à la responsabilité unique des établissements. Il est vrai que le tarif appliqué par les établissements pour la mise en oeuvre de la procédure est inférieur au coût réel. C’est vrai pour la procédure, et c’est vrai aussi pour l’accompagnement proposé, comme nous l’ont montré plusieurs enquêtes que nous avons réalisées par le passé. Comment interpréter l’affirmation de la MIRES ? si nous augmentons les tarifs pour arriver au coût réel, il n’est pas certain que cela attire plus de candidats. D’un autre côté, comme ces recettes trop faibles sont compensées par le budget de l’établissement, si ce dernier le souhaite, il nous faudra en tenir compte à l’avenir et convaincre les financeurs de la procédure (Conseils régionaux, entreprises, OPCA, FONGECIF...) qu’une trop faible prise en charge est un réel facteur limitant au développement de cette procédure voulue par tous.
Le deuxième facteur mis en avant est moins trivial. L’examen de la recevabilité du dossier est un acte purement administratif de vérification de la satisfaction d’un certain nombre de critères fixés par la procédure. Cet examen est très souvent, il est vrai, complété d’une expertise pédagogique permettant de s’assurer que l’expérience dont souhaite se prévaloir le candidat est bien en « rapport » avec le diplôme demandé et qu’elle pourrait permettre de « justifier en tout ou partie des connaissances et des aptitudes exigées pour l’obtention du diplôme postulé ». Les financeurs veulent plus de validations totales. Les candidats ont des attentes diverses et beaucoup souhaiteraient pouvoir combiner la validation de leurs acquis avec un parcours de formation complémentaire permettant en plus de valoriser leurs expériences dans une démarche inductive. La préconisation sur laquelle peut reposer cette démarche nécessite que le candidat puisse mobiliser à la fois temps et financement pour les réaliser, ce qui nous renvoie à la discussion de l’indicateur précédent.
La MIRES, sur la foi de ces deux indicateurs note que « après avoir régulièrement progressé jusqu’en 2007, les performances des établissements d’enseignement supérieur en matière de formation tout au long de la vie marquent le pas ». La réduction à deux indicateurs a l’avantage de rendre simple le constat si l’on réduit la FTLV à la formation continue mais elle ne permet pas de rendre compte, selon nous du réel engament stratégique des établissements et opérationnel. Nous soutenons une définition de la formation tout au long de la vie, prise en charge par l’enseignement supérieur, qui implique de repenser notre vision du rôle de l’enseignement supérieur vis à vis des individus et vis à vis à vis de la société. Travailler à la nature et à la qualité des indicateurs est une étape nécessaire pour atteindre cet objectif.
On ne peut ignorer dans ce système complexe, les liens entre l’évaluation par l’État des résultats de ses décisions d’affectation de moyens (conséquence de la LOLF) à son ministère (le MESR en l’occurrence), et les opérateurs formés par l’ensemble des établissements sous tutelle du MESR. La loi LRU et la politique de contractualisation leurs renvoient la responsabilité, pour chaque objectif, de la mise en oeuvre des actions, de l’établissement d’indicateurs spécifiques et de leur suivi. Au delà du message porté dans le processus de contractualisation, c’est l’évaluation par l’AERES (que ce soit par la section des formations ou par celle des établissements) qui peut convaincre les établissements de l’importance de l’objectif. Les appels à projets du type « investissements d’avenir » peuvent contribuer à faire bouger les lignes. Le DGESIP a rappelé à plusieurs reprises, entre autre le 10 novembre dernier à Lille lors du colloque de l’association EUCEN9 que « les investissements d’avenir placent la formation au même rang d’excellence que la recherche et le développement de la formation continue (sic) est une des conditions de sélection des Initiatives d’excellence. Ce mouvement de transformation de nos universités va se poursuivre avec les investissements d’avenir ». Le Président de la République le 27 juin constatait que « l'élan vers l'excellence n'a jusqu'ici pas suffisamment concerné la formation elle-même: il est indispensable que les initiatives d'excellence en matière de formation puissent être valorisées ». C’est une opportunité pour accélérer la transformation de nos établissements en Université de la formation tout au long de la vie. L’arrivée d’un nouveau Ministre pour l’enseignement supérieur et la recherche, passé par le secrétariat d'État chargé de l'Emploi, peut être une nouvelle opportunité pour avancer sur ce sujet.
http://www.fcu.fr/images/logofcu.gifBy Jean-Marie Filloque. "Making Higher Education a powerful tool for LLL," a goal for France? An opportunity to invest for the future? CDSUFC, JM Filloque, June 30, 2011.
  Achieving the stated goal for higher education to be a powerful tool for LLL is assessed annually and the results presented in the annual performance report for higher education made by the Interministerial Mission for the teaching higher (SIGHT). The 2010 report has just been published devoted four pages (of 810) for this purpose [150 Programme, Objective 3 "Making higher education an effective tool for training throughout the life". More...

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16 juillet 2011

PACA dans le rapport "Le Financement et les effectifs de l'apprentissage en France" du CNFPTLV

http://www.cereq.fr/var/plain_site/storage/images/media/images/cnfpt/21940-1-fre-FR/CNFPT_medium.jpgLe présent rapport se situe dans le cadre des travaux visant à améliorer la compréhension et clarifier les mécanismes de financement de l’apprentissage, mission dévolue à la Commission des Comptes du Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie, présidée par Gabriel MIGNOT, Président de chambre honoraire à la Cour des Comptes. La Commission des Comptes s’appuie sur un groupe technique apprentissage (GTA) qui prépare, suit et met en cohérence les données provenant de différentes sources statistiques. Ce groupe, composé à l’instar du Conseil national, de représentants de l’Etat, des Conseils régionaux et des partenaires sociaux et économiques est coordonné par Carole ABOAF, conseillère technique en charge de l’apprentissage au secrétariat général du Conseil National, assistée de Maria MELICIANO. Télécharger le rapport.
Extraits sur la Région PACA (pp.177-202)

Afin de renforcer le Service Public Régional de Formation Permanente et d’Apprentissage, la Région participera à la création d’une Université Régionale des Métiers, qui se veut être un pôle ouvert aux jeunes et aux adultes dédié à l’information, l’orientation, la formation et l’apprentissage tout au long de la vie.
Le diplôme, tremplin pour l'obtention d'un emploi stable

Le diplôme reste un critère favorisant l'obtention d'un emploi stable. En effet, 68 % des jeunes diplômés de l'enseignement supérieur sont en CDI à temps complet, contre 42 % des non-diplômés. À secteur et âge équivalents, le risque de CDD est 1,6 fois plus fort pour un jeune sans diplôme que pour un diplômé de l'enseignement supérieur, 1,4 fois pour un jeune titulaire d'un baccalauréat général et 1,2 fois pour un jeune ayant un CAP, BEP ou baccalauréat professionnel. Un diplôme professionnel réduit donc plus fortement le risque qu'un baccalauréat général. Pour un jeune salarié, un diplôme de l'enseignement supérieur protège cependant moins du risque de CDD que pour un salarié plus âgé. Pour les plus de 30 ans, le risque de CDD est ainsi deux fois plus faible pour un diplômé de l'enseignement supérieur que pour un non-diplômé (à secteur équivalent).
3.3 Services régionaux concernés chargés de la mise en oeuvre de la politique apprentissage
Trois directions sont en charge de l’apprentissage au sein du pôle Economie Emploi et Formation. Au sein de la Direction de la Formation et de l’Apprentissage, le Service Apprentissage a pour finalité d’assurer les compétences de la Région en la matière. Il élabore la carte des formations du Programme Régional d’Apprentissage, contribue au financement des CFA et de leurs équipements et conduit diverses actions afin d’améliorer les conditions de vie des apprentis (financement du premier équipement, aide à la mobilité européenne, ...).
Le service Apprentissage veille au respect et à la mise en oeuvre des aspects réglementaires et conventionnels tout en intégrant les conditions de fonctionnement et de financement des CFA au regard des évolutions du contexte socio-économique, démographique et dans une logique d’équilibre des différentes voies d’accès à la qualification professionnelle (relation formation professionnelle sous statut scolaire et apprentissage).
Au sein de la Direction de l’Emploi et de Sécurisation des Parcours Professionnels, le pôle de gestion des indemnités compensatrices aux employeurs d’apprentis a pour mission de gérer les aides financières accordées aux employeurs d’apprentis selon les critères définis par les réglementations régionales. Ces aides ont pour objectif de favoriser le développement qualitatif des formations liées aux contrats d’apprentissage et de contribuer à la lutte contre les discriminations. Enfin, la Direction des Politiques de Santé, du Social et de la Prévention a notamment en charge les dossiers relatifs aux formations régionales du sanitaire (infirmier, aide-soignant, ambulancier, …).
http://www.cereq.fr/var/plain_site/storage/images/media/images/cnfpt/21940-1-fre-FR/CNFPT_medium.jpg Questo rapporto è al lavoro per migliorare la comprensione e chiarire i meccanismi di finanziamento della formazione compito assegnato alla Commissione di Revisione del Consiglio nazionale della formazione professionale per tutta la vita, presieduta da Gabriel Mignot, Presidente Onorario della Camera presso la Corte dei conti. La Commissione Bilancio è sostenuta da un gruppo di apprendimento tecnico (GTA) che prepara, controlla e fornisce dati coerenti provenienti da diverse fonti statistiche. Questo gruppo, come il Consiglio Nazionale, rappresentanti dell'industria, dei Consigli di Stato regionale e le parti sociali ed economiche è coordinato da Carole ABOAF, Consulente tecnico responsabile della formazione presso il Segretariato generale del Consiglio nazionale, assistito Maria MELICIANO. Scarica la relazione.
Estratti della regione PACA (pp.177-202)

Per rafforzare il servizio pubblico scolastico regionale e l'apprendimento, la Regione parteciperà alla creazione di un Professioni regionale all'Università, che mira ad essere un centro aperto a giovani e adulti dedicato a fornire informazioni, orientamento , formazione e apprendimento per tutta la vita
. Maggiore informazioni...

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15 juillet 2011

FOAD Connexion

http://www.clusterhpc.com/wp-content/uploads/2010/11/champagne-ardenne.jpgFOAD Connexion, la nouvelle lettre d'information régionale sur la FOAD et les P@T
Cette publication mensuelle s'adresse à un très large public, initié ou non, souhaitant s'informer et/ou rester "connecté" à l'actualité de la formation à distance, aux dispositifs existants et à la vie de P@T (Point d'Accès à la Téléformation).
Vous y trouverez chaque mois vos rubriques : un coup de projecteur sur un temps fort, l'actualité des P@T, un retour sur des pratiques ou des témoignages, des idées au travers de présentations d'outils et de ressources à disposition des formateurs ou futurs utilisateurs. Télécharger FOAD Connexion n°4 - Juin/Juillet 2011, FOAD Connexion n°3 - Mai 2011, FOAD Connexion n°2 - Avril 2011, FOAD Connexion n°1 - Mars 2011.
http://www.clusterhpc.com/wp-content/uploads/2010/11/champagne-ardenne.jpg ODL Logi uut piirkondlikku uudiskirja ODL ja P@T
See igakuine avaldamine on suunatud laiale publikule algatatud või mitte, otsin teavet ja/või jääma "ühenduses" uudiseid kaugõppe, olemasolevate seadmete ja elu P@T (punkt Juurdepääs kaugõppe). Download ODL Logi # 4 - Juuni / juuli 2011,
ODL Logi 3 - mai 2011, ODL Logi # 2 - aprill 2011, ODL Logi nr 1 - märts 2011. Veel...

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14 juillet 2011

Billion-Dollar Benefactor for Campuses in Latin America: a Spanish Bank

http://chronicle.com/img/chronicle_logo.gifBy Marion Lloyd, Mexico City. Santander's investments in higher education have paid off in new customers, critics say.
Last May nearly 1,000 university presidents from Latin America, Spain, and Portugal gathered in Mexico to discuss how to improve collaboration across countries. The event might never have happened if it weren't for the deep pockets of its corporate sponsor, the Spanish bank Santander.
Over the past 15 years, Santander has invested more than $1-billion in promoting internationalization among Ibero-American universities, and more recently, with their counterparts in Britain, China...
Santander operates a bank branch on the campus of La Salle U., in Mexico City, one of hundreds of campus branches in Latin America that offer special services for students and faculty.

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La nouvelle licence votée par le CNESER

http://www.studyrama.com/squelettes/images/header_logo_studyrama.jpgLe Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) a adopté mardi 12 juillet le projet d’arrêté relatif à la licence, modifiant celui de 2002.
Les organisations étudiantes ont permis de faire passer le texte. La FAGE indique qu’il a été adopté par 26 voix pour, 20 contre et 14 abstentions.
Ce nouvel arrêté constitue une base solide pour la rénovation du diplôme de Licence dans un double objectif : faire de la licence un diplôme permettant une insertion professionnelle de qualité et une formation qui ouvre les portes du master.
Lire aussi: Réforme de la licence : une nouvelle formation pour un nouveau diplôme, La nouvelle Licence, un diplôme pour l’emploi, La Licence, une formation théorique.
http://www.studyrama.com/squelettes/images/header_logo_studyrama.jpgRiikliku Nõukogu kõrghariduse ja teadusuuringute (CNES) teisipäev, 12. juuli vastu määruse eelnõu litsentsi, millega muudetakse kõnealust 2002.
Üliõpilasorganisatsioonid läbima teksti. FAGE ütles, et see võeti vastu 26 poolthäälega, 20 vastu ja 14 saadikut jäi erapooletuks.
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Nouvelle législation pour l'apprentissage et les stages

http://www.le-grep-rh.com/imgs/le-grep-rh.pngFin de session parlementaire oblige, c'est à l'issue d'une procédure accélérée que les députés ont définitivement adopté le 13 juillet la proposition de loi Cherpion "pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels". Le texte, qui s'inscrit dans l'ambition affichée par le gouvernement de faciliter l'accès des jeunes à l'emploi, apporte notamment de nouvelles dispositions législatives visant à développer l'apprentissage et à encadrer les stages en entreprise.
Plus de possibilités pour l'alternance

Afin de revaloriser le statut des apprentis la nouvelle loi instaure la création d'une "carte étudiants des métiers". Cette carte délivrée par les CFA permettra aux apprentis de bénéficier des mêmes avantages, notamment tarifaires, que les titulaires de la carte d'étudiant.
Le texte prévoit également la possibilité pour un apprenti de signer une convention tripartite d'apprentissage avec deux employeurs dans le cadre d'activités saisonnières. L'apprenti, dans le cadre d'un contrat unique, bénéficie alors d'un maître d'apprentissage dans chacune des deux entreprises. Il a également la possibilité d'obtenir deux diplômes ou certifications professionnelles. Autre nouveauté: les entreprises d'intérim peuvent désormais conclure un contrat d'apprentissage.
La loi instaure enfin, à titre expérimental pour une durée de trois ans, la possibilité pour les particuliers employeurs de conclure un contrat de professionnalisation, "sous réserve d'un accompagnement adapté aux spécificités de [leur] statut".
Vers un meilleur encadrement des stages

La nouvelle loi réitère l'interdiction pour l'entreprise de recruter un stagiaire afin de pourvoir un emploi permanent, ainsi que l'obligation pour les stages d'être intégrés à un cursus scolaire. Elle limite également à six mois par année d'enseignement la durée du ou des stages effectués par un stagiaire dans une même entreprise. Au grand dam des syndicats étudiants, une dérogation à cette dernière obligation a néanmoins été introduite, prévoyant que "la limite de six mois ne s'applique pas aux stages de longue durée intégrés dans le cursus des formations de l'enseignement supérieur".
Le texte de loi instaure en outre pour les employeurs un délai de carence obligatoire entre deux stages effectués sur un même poste, d'une durée égale au tiers de celle du stage précédent. L'employeur devra ainsi par exemple attendre deux mois s'il avait auparavant recruté un stagiaire durant six mois. Enfin, la nouvelle loi permet désormais aux stagiaires de bénéficier des avantages des comités d'entreprises, dans les mêmes conditions que les salariés.
Voir aussi sur le blog L'Enseignement supérieur dans le rapport Cherpion - Gille, Extension aux apprentis des avantages de la carte d'étudiant, Une proposition de loi pour développer l'alternance dans les entreprises, création du CSP, La réforme de l'apprentissage en vigueur en septembre.
http://www.le-grep-rh.com/imgs/le-grep-rh.png End seadusandliku istungil nõuab on järgmised kiirendatud korras, et parlamendiliikmed on lõplikult vastu 13. juulil bill Cherpion "arendamiseks asendusliige ning karjääri turvalisust." teksti osa ambitsiooni valitsusega hõlbustada noorte tööhõivet, sealhulgas pakkuda uusi õigusakte, mille eesmärk on arendada õppe-ja järelevalveks praktikakohti. Vaata ka blogis Higher Education aruandes Cherpion-Gille, praktikantide pikendamine kasu õpilaspilet, bill laiendada vahetamist firmade loomine CSP, reformi õppe mõju septembris. Veel...

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13 juillet 2011

Les entreprises peuvent-elles sauver l'enseignement supérieur ?

Pour l'Institut de l'entreprise, pas de doute, les sociétés françaises doivent s'engager dans la compétition opposant les universités mondiales. En vue d'un colloque qui se tiendra à la rentrée, le think tank a demandé au professeur Pierre-André Chiappori de faire un état des lieux dans un rapport qui vient d'être rendu public.
Le choix de l'auteur est hautement symbolique. Pierre-André Chiappori, professeur en économie formé à l'ENS, a effectué le début de sa carrière en France, au CNRS et à l'université Paris I notamment, avant de franchir l'Atlantique pour rejoindre la prestigieuse université américaine de Columbia. Pour son enquête, principalement tournée vers la recherche, celui-ci a interviewé chefs d'établissements et dirigeants d'entreprises, pour constater que les deux univers se connaissent mal et gagneraient chacun à faire des efforts.
La recherche française "perd pied"
Le constat est unanime : la recherche française manque cruellement de financements. Pierre-André Chiappori, que la carrière a amené à observer de l'intérieur les conditions de la recherche française, ne cache pas non plus ses inquiétudes : "j'ai vu pendant 20 ans la recherche française se dégrader et elle est actuellement en train de perdre pied", prévient-il. Les établissements et les pouvoirs publics ont conjointement ressenti le "choc de Shanghai", lors du premier classement mondial des établissements de recherche établi par l'université chinoise de JiaoTong. Depuis, chaque année, l'amer constat se renouvelle : le podium est uniquement occupé par des universités américaines et britanniques, la France restant à la traine. D'autres indicateurs viennent conforter le bilan du classement complète Pierre-André Chiappori : la recherche française est distanciée que ce soit pour son nombre de prix Nobels, de médaille Fields ou de publications par chercheurs. Enfin, si l'on observe la nationalité des "médaillés", on observe que les Etats-Unis se distinguent par leur capacité à attirer les plus brillants des chercheurs étrangers.
Pourtant, "le retard pris par la recherche française dans certains domaines a beau être décrit un peu partout, beaucoup de chefs d'entreprises peinent à percevoir sa gravité". Une des raisons de cette méconnaissance s'explique notamment par l'absence de confrontation avec la recherche des dirigeants d'entreprises durant leur formation, la majorité d'entre eux ayant suivit un cursus de grande école.
Le secret de la suprématie américaine
Qu'ont donc les établissements américains que les français n'ont pas ? Des financements, une organisation et un environnement culturel différents, répond Pierre-André Chiappori.
"Le budget moyen par étudiant aux Etats-Unis est un chiffre complètement inutile", explique l'auteur du rapport. Le chiffre à regarder est celui d'une poignée d'établissements américains, au nombre de 96 (dont 2/3 sont publics) sur les 4409 de l'ensemble du territoire, classés comme produisant un "très haut niveau de recherche" et qui se tiennent sur les sommets de la recherche mondiale. Cette petite élite dispose de moyens sans commune mesure avec les établissements français, mais aussi avec les autres établissements américains. Pour se donner une idée, il suffit d'observer les budgets des trois 1ères universités du classement de Shanghai en 2010 : Harvard (177 549 $ / étudiant), Berkeley (55 575 $ / étudiant) et Stanford (100 409 $ / étudiant). En comparaison, le budget par étudiant dans les universités françaises est d'environ 10 000 euros et 40 000 euros en moyenne dans les établissements américains. Le budget pharaonique des plus grandes universités de recherche américaines provient de financements variés pour les universités publiques comme privées : financements publics directs ou dans le cadre de contrats de recherche, frais de scolarité et financements privés issus de contrats de recherche avec des fondations privées ou de l'endowment. Ce dernier mode de financement provient des dons accumulés souvent durant de nombreuses années par les universités, dont les revenus au capital sont utilisés pour financer la recherche. Les revenus de l'endowment varient selon les établissements. Ils représentent 13 % du budget de Columbia mais 45 % de celui de Yale ou Princeton et 35 % de celui d'Harvard. La constitution de cet endowment, dont les fonds sont issus du seul mécénat, est rendue possible par une culture du don très présente aux Etats-Unis, observe Pierre-André Chiappori. Aux Etats-Unis, la philanthropie est en effet "un devoir moral indissociable du succès". Enfin un dernier élément de grande importance est que les dons privés, contrairement à la France, ne proviennent en majorité (90 %) pas tant des entreprises que des particuliers, qui témoignent par leur générosité de leur reconnaissance à l'établissement qui les a formés.
Quelle place pour les entreprises ?
Pourtant, si les entreprises françaises adoptaient une culture du don à l'américaine, cela ne suffirait pas à atteindre les budgets des grands établissements d'outre-Atlantique, prévient Pierre-André Chiappori. Dans son rapport, celui-ci estime que "sous l'hypothèse d'une mobilisation massive des entreprises, les montants qui pourraient être raisonnablement levés auprès des entreprises [ne seraient que] de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros par an". Une somme très modeste en comparaison du budget total de l'enseignement supérieur français, dépassant 25 milliards d'euros. Pour le professeur, ces dons "saupoudrés" sur l'ensemble des établissements auraient un impact négligeable. "En revanche, concentrés sur une poignée d'établissements ils peuvent avoir un impact crucial, directement par les projets qu'ils permettront de financer, mais aussi indirectement par la concurrence qu'ils vont promouvoir". Car Pierre-André Chiappori, qui cite volontiers Milton Friedman, affirme avec conviction dans son rapport les vertus de la concurrence entre établissements, comme moyen d'émulation qui permettrait de relever le niveau de la recherche. Pour lui, l'investissement des entreprises françaises doit jouer un rôle qualitatif plutôt que quantitatif, en permettant de faire émerger en France, comme aux Etats-Unis, une poignée d'établissements de recherche de dimension mondiale.
Universités-entreprises : des efforts à partager
"La relation entre universités et secteur privé s'est souvent situé, dans le passé, à la limite du psychodrame", affirme Pierre-André Chiappori. S'il note des améliorations récentes, des efforts restent selon le professeur à entreprendre des deux côtés.
Professionnaliser le Fundraising
Le financement de la recherche par les entreprises françaises (hors relations contractuelles de type thèses CIFRE ou contrats de recherche) passe par le développement des actions de mécénat par les entreprises et la professionnalisation de la levée de fonds (fundraising) par les établissements.
Entreprises : s'intéresser à la recherche
Premier objectif : convaincre les dirigeants d'entreprises de financer les universités et la recherche. Selon Pierre-André Chiappori, seule une minorité d'entre eux acceptent le sujet comme légitime. Ce manque d'intérêt s'expliquerait par le passage quasi-systématique de ces dirigeants par des grandes écoles éloignés de la recherche, mais également par "la représentation sociale dominante selon laquelle les universités relèvent, nécessairement et par nature, de la sphère publique" et que "les dépenses publiques sont financées par l'impôt". Certains dirigeants d'entreprise qui "ont déjà le sentiment d'en payer beaucoup" seront donc tentés de répondre qu'ils ont "déjà donné". Une fois convaincues, les entreprises doivent procéder à certains aménagements organisationnels afin de rendre leur démarche efficace. "Qui doit se charger d'une demande émanant d'un établissement universitaire, et qui atterrit sur le bureau du P-DG : les ressources humaines, la R&D, la communication ?" Pour éviter qu'une demande ne se perde dans les circuits internes, le rapport propose, au moins pour les grandes entreprises, de nommer un correspondant recherche/ université. Le professeur défend encore davantage la création d'une fondation d'entreprise, une solution qu'il estime "plus coûteuse mais aussi plus riche de possibilités". Cette structure peut permettre a minima "de servir de hub pour les relations avec les établissements" ou de mener des activités de veille technologique.
Universités : être plus professionnelles
Face à des universités américaines qui mobilisent parfois 200 personnes pour une campagne de levée de fonds, dont le président de l'établissement et des professionnels aguerris, le fundraising dans les institutions françaises parait plus que modeste. Face aux moyens humains et financiers que nécessite une stratégie de levée de fonds "trop d'établissements rechignent à [investir] dans des proportions souhaitables", note le rapporteur. Les dirigeants d'entreprises rencontrés par Pierre-André Chiappori "insistent invariablement sur le manque de professionnalisme de leurs interlocuteurs". Ces critiques concernent la faiblesse ou le manque de structures (certes amélioré par la création de fondations universitaires), des équipes réduites et souvent bénévoles et l'absence d'implication des principaux dirigeants d'université, à commencer par le président. "Du coup, même quand l'initiative vient de l'entreprise, elle rencontre souvent une réponse molle, voire inexistante", assène le rapport.
Le problème de la marchandisation de la recherche
"Toute contribution financière à un établissement d'enseignement supérieur soulève inévitablement des inquiétudes relatives à une éventuelle 'marchandisation du savoir'", admet Pierre André Chiappori, qui juge nécessaire de concilier les impératifs d'accountability et d'indépendance scientifique. "Un donateur peut légitimement demander que des comptes lui soient rendus sur l'utilisation des dons versés, en revanche, que les décisions de nature purement scientifique restent du ressort exclusif des savant eux-mêmes est un impératif sur lequel il est impossible de transiger", défend-t-il.
Entreprises : penser en termes de RSE 
Les entreprises, sans entraver l'indépendance scientifique des établissements d'enseignement supérieur, peuvent choisir de faire un don à la recherche en fonction d'un "intérêt bien compris" en termes d'embauches, de liens et d'interactions avec des institutions où la recherche est performante et d'image. Néanmoins Pierre-André Chiappori, défend un engagement plus avancé, pensé en termes de responsabilité sociale de l'entreprise (RSE). "Dans cette perspective, défendue notamment par Henri de Castries, P-DG d'Axa, maintenir la France aux premiers rangs internationaux en matière de recherche devrait constituer une priorité nationale, une grande cause pour laquelle, en outre, les entreprises ont une vraie légitimité, spécialement dans leur domaine de compétence", explique le professeur. Cette seconde motivation, dictée par des intérêts moins directs permettrait d'éviter le risque que les dons des entreprises aient tendance à être dirigés vers la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale et vers certaines disciplines (sciences dures, économie, droit) préférées à d'autres.
Universités : adopter une gouvernance efficace
"Lorsqu'elle envisage une contribution financière, l'entreprise appliquera la même logique de 'due diligence' que pour tout investissement ; elle prendra en compte le bilan stratégique, les risques, la capacité de l'établissement à gérer les fonds et les utiliser de façon optimale, à rendre compte de leur utilisation", décrit Pierre-André Chiappori, selon qui "le système de gouvernance des universités stricto sensu est rarement compatible avec ces exigences". Le professeur, qui défend une réforme de la gouvernance des universités françaises sur le modèle des universités américaines (séparation d'une direction assurant les responsabilités stratégiques et académiques et d'une direction supervisant les questions scientifiques), voit dans les fondations universitaires un moyen pour dans un premier temps assurer transparence et efficacité. Ceci pourrait en outre selon lui rendre possible et acceptable par les donateurs privés une redistribution d'une partie des financements vers des disciplines et des recherches moins bien financées.
Penser sur le long terme
"Pour acquérir une compétitivité internationale, les meilleurs établissements ne peuvent se contenter de financements courts", explique Pierre-André Chiappori. La recherche, en particulier fondamentale, s'effectuant sur le temps long, celui-ci juge indispensable que les établissements disposent en propre d'un capital (endowment) dont la constitution demande un changement des modes de financement.
Entreprises : aller au-delà des chaires
Les actions de mécénat des entreprises françaises dans l'enseignement français passent aujourd'hui en grande partie par la création de chaires. Ces chaires "à la française" qui engagent les entreprises sur une durée courte, de trois à cinq ans, ont connu un véritable succès. Pour Pierre-André Chiappori, cela s'explique par leur conformité au cahier des charges nécessaire à l'investissement de l'entreprise : "une description précise du projet à financer, une idée claire de la logique scientifique dans lequel il s'inscrit et une justification ex post de l'utilisation des fonds". Ces chaires permettent ainsi à l'issu du contrat à l'entreprise de faire un point sur les résultats et de décider d'un éventuel réengagement.
Or, ce type d'engagements contractuels courts ne permet pas aux universités de s'engager sur des initiatives à l'horizon lointain, afin de rester compétitives au niveau international. Par exemple, les centres de recherche français peinent à attirer des chercheurs permanents du plus haut niveau faute de salaires compétitifs. Les ressources complémentaires, notamment privées, jouent un rôle crucial pour offrir un complément de salaire à ces chercheurs, explique le professeur de Columbia. "Mais au niveau professoral, les chercheurs sont en général recrutés sur contrats 'tenured', c'est-à-dire emploi à vie ; il est donc nécessaire, pour une institution française de s'engager à long terme sur ces compléments de salaire, et une chaire de trois ans potentiellement renouvelable n'est tout simplement pas une ressource adaptée", estime-t-il.
Universités : se constituer un capital
La construction par les universités d'un capital propre est une entreprise de longue haleine, prévient Pierre André Chiappori : "Harvard a mis des décennies, sinon des siècles, à accumuler ses quelques trente milliards de dollars, et Princeton ses deux millions d'endowment par étudiant. En France, même un endowment comme celui de TSE (Toulouse School of Economics), de l'ordre d'une soixantaine de millions, apporte, au taux de 5 % généralement retenus, environ trois millions par an au budget de l'institution, soit un montant qui, bien que non négligeable, reste modeste à l'échelle mondiale". Pour les universités, la construction d'un capital passe par la mise en place de campagnes de fundraising, néanmoins la réceptivité des entreprises nécessite une relation de confiance bien établie et une gouvernance irréprochable, prévient Pierre-André Chiappori. Celui-ci propose une "approche plus graduelle", en prévoyant par exemple que lors de la création de chaires l'accord initial mentionne qu'une part du financement aille à l'endowment. Une autre ressource, celle des anciens élèves, reste selon lui insuffisamment exploitée. "La plupart des universités ne disposent même pas d'une liste à jour de leurs anciens étudiants, avec lesquels elles ne maintiennent quasiment aucun contact", observe Pierre-André Chiappori, qui note que si certains établissements ont commencé récemment à s'inscrire dans cette démarche "progresser sur ce front nécessitera des établissements des efforts bien supérieurs à ceux actuellement engagés".
For the Institute of the company, no doubt, French companies must engage in the competition between the universities in the world. For a symposium to be held in September, the think tank asked Professor Pierre-André Chiappori to make an inventory in a report just released.
The choice of the author is highly symbolic. Pierre-Andre Chiappori, an economics professor trained in the ENS, made the start of his career in France, the CNRS and University Paris I in particular, before crossing the Atlantic to join the prestigious American University of Columbia. For its investigation, mainly directed towards research, it interviewed principals and business leaders to see that the two worlds are not familiar with and would benefit everyone to make efforts
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