http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2011/07/L-expansion.com_.jpgPropos recueillis par Béatrice Mathieu. Pour Pierre-André Chiappori, professeur d'économie à l'Université de Columbia aux Etats-Unis et auteur d'un rapport pour l'institut de l'entreprise sur le financement de l'enseignement supérieur, il faut augmenter les droits d'inscription et faire appel aux fonds privés. Interview.
Vous enseignez aux Etats-Unis et vous trouvez que malgré les réformes récentes, la recherche française accuse un retard important?

On se berce encore d'illusions sur la qualité de la recherche française. Certes, la réforme de l'Université initiée par Valérie Pécresse a été dans le bon sens, mais elle est encore très insuffisante. Nous devons prendre conscience que la recherche française prend un retard préoccupant et qu'un effort financier important et immédiat est indispensable. Les différences entre les ressources financières des établissements d'enseignement supérieur français et américains atteignent des niveaux préoccupants. Le budget par étudiant dans les universités françaises approche les 10 000 euros, contre 40 000 euros en moyenne dans les établissements américains et près de 200 000 euros dans les meilleures universités, là où se concentre la recherche aux Etats-Unis. Dans cette compétition mondiale, pour attirer et conserver les meilleurs professeurs et les meilleurs étudiants, c'est l'effort financier qui fait la différence.
L'Etat doit-il faire davantage d'efforts financiers?

En France, la quasi-totalité des ressources des universités vient du budget de l'Etat; aux Etats-Unis, c'est moins de la moitié dans les universités publiques et le quart seulement dans les grands établissements de recherche à structure privée. On ne pourra pas demander davantage à l'Etat français. Il faut donc jouer sur d'autres leviers.
Ou alors trouver les fonds?

Il faut d'abord jouer sur les frais d'inscription. ll y a une sorte d'hypocrisie en France qui consiste à dire que les droits d'inscription sont très faibles par souci d'égalité. Dans la réalité, on se rend bien compte que seuls les enfants des classes moyennes et supérieures en bénéficient. Il faut donc renchérir les coûts d'entrée pour les familles aisées et développer des bourses d'études qui couvriraient l'ensemble des dépenses pour les plus défavorisés. Deuxième source de rentrées financières: la levée de fonds auprès d'entreprises privées. Si ce métier est professionnalisé, on peut raisonnablement espérer ramener quelques centaines de millions d'euros chaque année. Reste que si ces moyens sont saupoudrés sur l'ensemble des établissements, leur impact sera négligeable. Il faut les concentrer sur une poignée d'établissements d'excellence pour avoir un effet considérable sur les projets à financer. Finissons-en avec l'homogénéisation de la gestion et avec la non-concurrence entre établissements!
http://www.pourcel-chefs-blog.com/blog1/wp-content/uploads/2011/07/L-expansion.com_.jpg Intervjuu Beatrice Mathieu. Pierre-Andre Chiappori, majandusteaduste professor Columbia Ülikoolis USA-s ja autor aruande instituudi ettevõtte rahastamise kõrgharidus, see vajadust suurendada lõivude ja kutsuda erakapitali. Intervjuu. Veel...