Les EchosPropos recueillis par Isabelle Ficek. La Conférence des présidents d'université (CPU) tient jeudi et vendredi, à Toulouse, son grand colloque annuel, auquel participera Valérie Pécresse. Son président, Louis Vogel, interpelle la ministre de l'Enseignement supérieur sur le financement des universités.

Quel bilan faites-vous de l'autonomie des universités, mise en avant comme une des réformes les plus positives du quinquennat ?
L'autonomie, une réforme qui concerne la gouvernance, la gestion des ressources humaines et pouvait passer au départ comme assez loin de la réalité scientifique des universités a rencontré la volonté des universitaires français de changer. Cela se voit avec tous les projets déposés dans le cadre du grand emprunt. Il y a un sacré mouvement dans l'université, une volonté d'être reconnus. Elle a rencontré en 2007 un début de réorientation de la politique du gouvernement. Le bémol, c'est que la réforme est loin d'être terminée.
C'est-à-dire ?

On ne peut pas nier qu'il y ait plus d'argent arrivé dans l'université depuis que Valérie Pécresse est ministre. En 2007, l'Etat consacrait 6.800 euros par étudiant par an. Un peu plus de 9.000 euros maintenant. Mais c'est encore largement insuffisant notamment par rapport aux classes prépas avec 15.000 euros ou aux autres pays développés parmi lesquels nous ne sommes pas du tout au premier rang. Un pays comme la Suède, c'est 15.000 euros par étudiant et par an, sans parler des Etats-Unis, où c'est 20.000 euros en moyenne. Il faut absolument qu'on arrive rapidement à 15.000 euros. L'Etat doit poursuivre l'effort. Nous sommes au milieu du gué. C'est bien, mais il faut continuer.
Le bureau de la CPU a récemment rencontré le chef de l'Etat, avez-vous été entendu sur ce point ?

Nous avons notamment abordé la question du grand emprunt. Mais les opérations ponctuelles ne peuvent se substituer au financement normal des universités. Le grand emprunt, c'est très bien, mais il doit s'articuler avec des financements récurrents, ce sont eux notre problème. Et l'autre demande, c'est de gérer l'après-investissements d'avenir et ses conséquences.
Quelles conséquences voyez-vous pour l'instant aux investissements d'avenir ?

Indépendamment de certains dysfonctionnements dans la procédure de sélection, certaines zones, notamment l'ouest et le nord, n'ont pour l'instant pas reçu grand-chose. Même chose pour plusieurs disciplines. Les appels à projet ont plutôt été conçus pour les sciences dures, si bien qu'il a été très difficile pour les autres sciences comme les sciences humaines, le droit, la gestion, les lettres, de se couler dans le moule. Une des solutions envisageables serait de rééquilibrer les futurs appels à projets du deuxième tour.
Comment ?

La CPU demande à être associée à la construction des cahiers des charges. Il faudrait aussi envisager des appels à projets sur d'autres domaines que la recherche comme par exemple la pédagogie, les programmes innovants. Cela permettrait de récompenser autre chose que des laboratoires et de ne pas casser la dynamique qui a été enclenchée. C'est une question que nous avons abordée avec le président de la République pour tenter de remédier aux déséquilibres entraînés par le grand emprunt. A l'image du football, il ne peut y avoir de première division sans deuxième division. Si nous avons 10 grands campus d'excellence à visibilité internationale, il faut aussi qu'ils se nourrissent d'un terreau, d'autres universités sur le territoire, compétentes, avec des moyens. On ne va pas faire 10 pôles dans un désert. Ce serait une erreur.
Après le premier plan licence, dont les universités ne se sont pas toutes emparées avec la même ambition, que sont-elles prêtes à faire pour le premier cycle, thème de votre colloque ?

C'est un sujet majeur pour nous, qui englobe les IUT, BTS, classes prépas, l'entrée à l'université. C'est ici que se joue la réussite des étudiants. Et c'est là que nous avons 50% d'échec en moyenne. Mais c'est aussi là que nous pouvons faire beaucoup de progrès, déjà engagés, en créant des filières spécifiques, des passerelles, en développant la professionnalisation, l'accompagnement. De nombreuses innovations sont possibles. Il se trouve que la ministre a lancé un deuxième plan licence et veut modifier l'arrêté sur la licence. Mais la réforme partira nécessairement des universités, de ce que les équipes ont déjà mis en oeuvre et de ce qu'elles vont encore imaginer, on ne peut pas imposer une réforme sans elles.
Valérie Pécresse avait évoqué un minimum de 400 heures de cours par an pour homogénéiser l'offre de formation. Qu'en pensez-vous ?

Un cadrage minimum, c'est intéressant pour que les entreprises sachent à quoi correspond une licence. Mais ce n'est pas à coup d'arrêté que nous changerons les taux d'échec, l'intérêt des études, la ré-orientation.
Que prépare la CPU en vue de l'élection présidentielle de 2012 ?

Nous allons interpeller tous les candidats pour savoir s'ils sont prêts à un effort extraordinaire pour les universités dans les trois ans qui viennent. Dans les grands classements internationaux, la France n'a pas la place qu'elle devrait avoir étant donné son potentiel intellectuel, aujourd'hui sous-exploité, pour plusieurs raisons : le sous-financement, la dispersion des efforts (une université, à l'étranger, c'est aussi les organismes de recherche et les grandes écoles) et le fait que les élites en France ne sont pas formées par la recherche. C'est tout cela qui doit changer, et nous n'avons pas dix ans pour le faire.
Mais étant donné l'état des finances publiques, quelles sont les marges de manoeuvre des candidats ? Allez-vous mettre sur la table la question des droits d'inscription ?

Tout peut se discuter. Mais si l'Etat est prêt à reconnaître que les universités sont un enjeu majeur, nous n'aurons pas à le faire. Les autres marges de manoeuvre -les fondations, la taxe d'apprentissage -sont assez limitées à court terme. Avant de parler des droits d'inscription, il y a l'augmentation du financement public. Il y a aussi les prêts des banques, mais ils ne fonctionnent pas en France. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Restent les droits d'inscription. A Sciences-Po, on est allé loin en installant des droits, certes progressifs, mais qui montent très haut. Il faut donner des garanties pour que tous ceux qui n'ont pas les moyens de financement puissent faire des études. Cela implique de réformer totalement notre système de bourses. Toucher aux droits d'inscription, c'est le dernier recours.
Les EchosInterjú Isabelle Ficek. Konferenciája Egyetem Elnökök (CPU) a csütörtökön és pénteken Toulouse, a nagy éves konferencia, amely az érintett Valérie Pécresse. Annak elnöke, Louis Vogel, kihívások a felsőoktatási miniszter az egyetemi finanszírozás.
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Az autonómia, a reform a kormányzás, a menedzsment és emberi erőforrások is eléggé kezdeni, mint a tudományos valóság az egyetemek óhajának, a francia egyetem változtatni.
Ez nyilvánvaló az összes benyújtott projektek keretében a nagy kölcsön. Van egy szent mozgalom az egyetem, majd el kell ismerni. Találkozott 2007 elején elmozdulás a kormányzati politika. A hátránya az, hogy a reform még korántsem zárult le. Még több...