http://www.vousnousils.fr/wp-content/thumbnails/uploads/2010/09/photo-918x1024-295x328.jpgPar Patrick Lallemant. En exclu­si­vité pour VousNousIls, Valérie Pécresse a accepté de se prê­ter au jeu du por­trait. Durant un long entre­tien, elle évoque sa famille, son par­cours et l'influence qu'il a pu avoir sur son action minis­té­rielle, le regard qu'elle porte sur la poli­tique. Sans éluder non plus le sou­ve­nir d'une année 2008 mar­quée par l'opposition du monde uni­ver­si­taire à ses réformes.
« Au départ, je vou­lais être actrice, ou psy­chiatre, comme mon grand-père. Spécialiste de la dépres­sion, il s'est battu pour qu'elle soit recon­nue comme une mala­die, et je l'admirais beau­coup. Je trou­vais très beau de soi­gner l'âme des gens. Mais les études de méde­cine m'ont rebu­tée ».
Bachelière à 16 ans, major finances de HEC à 21, sor­tie deuxième de l'Ena à 25, Valérie Pécresse se défend en effet d'avoir eu un par­cours sco­laire sans embûches : « J'ai connu des dif­fi­cul­tés sco­laires, comme tous les enfants et ado­les­cents. J'ai notam­ment beau­coup souf­fert en pre­mière parce que, lit­té­raire contra­riée, j'avais un gros pro­blème avec les maths. Ensuite, j'ai eu un gros coup de blues en inté­grant HEC, parce que ce n'était pas du tout ce à quoi j'aspirais. »
Au point de pré­pa­rer l'Ena en cachette de ses parents et de son frère. « J'avais tel­le­ment peu de chances de réus­sir que je ne vou­lais pas qu'on se moque de moi, ni qu'on me décou­rage. Et puis, c'était l'époque des gol­den boys, où l'on qua­li­fiait l'État et le ser­vice public de rin­gards. Or, j'ai tou­jours rêvé de pro­je­ter mon pays dans le futur ».
En tant que ministre, Valérie Pécresse avoue donc vou­loir cor­ri­ger des tra­vers vécus dou­lou­reu­se­ment dans son enfance. « La reva­lo­ri­sa­tion des filières lit­té­raires est un com­bat qui me tient beau­coup à cœur. Je ne com­prends pas, par exemple, que les études de méde­cine soient inac­ces­sibles aux lit­té­raires à cause de l'hypersélection par les maths, qui peut même trans­for­mer des jeunes brillants en élèves médiocres ».
L'université dans le sang
A sa sor­tie de l'Ena, la future ministre enseigne le droit consti­tu­tion­nel à l'IEP de Paris, puis entre au Conseil d'État, comme com­mis­saire du gou­ver­ne­ment. En 1998, elle rejoint l'Élysée, et l'équipe des conseillers de Jacques Chirac, qu'elle ini­tie aux nou­velles tech­no­lo­gies. « C'était juste après la dis­so­lu­tion. Tout le monde lui tour­nait le dos, per­suadé qu'il avait son ave­nir der­rière lui. Lui vou­lait acqué­rir une vraie vision du monde qui l'entourait. Le pre­mier sujet sur lequel il vou­lait tra­vailler, c'était Internet et les nou­velles tech­no­lo­gies. J'étais spé­cia­li­sée dans le droit de l'Internet, qui bal­bu­tiait encore. Mon pre­mier tra­vail a donc été de lui faire manier le mulot ! »
Fille d'un pro­fes­seur d'économie à la fac, Valérie Pécresse « bibe­ronne l'université » depuis qu'elle est toute petite. Elle n'hésite donc pas une seconde lorsque François Fillon lui pro­pose le minis­tère de l'Enseignement supé­rieur, auquel elle fait d'ailleurs rat­ta­cher la recherche. « Mon père est fils de mer­ciers de Gap. C'est le der­nier d'une famille de sept enfants, le seul qui est monté à Paris. Quand sa fille est deve­nue « sa » ministre, ça a été un moment très fort ».
La suite est moins pai­sible. Sitôt nom­mée, Valérie Pécresse fait adop­ter sa loi sur l'autonomie des uni­ver­si­tés, et se trouve confron­tée au mou­ve­ment le plus impor­tant qu'aient connu les cam­pus depuis bien long­temps. « Quand on fait de la poli­tique, on ne peut pas avoir d'états d'âme. Je savais que nous allions dans la bonne direc­tion, puisque tous les autres pays avaient ouvert la voie. Je savais aussi que ce serait très dur et que, si on m'avait pro­posé le por­te­feuille, c'était peut-être parce que per­sonne n'en vou­lait ! Mais, pour moi, un poli­tique, c'est avant tout quelqu'un qui a le pou­voir de chan­ger le visage du pays. »
Une fois la loi votée, la ministre s'est donc accro­chée à son fau­teuil. « Je me suis bat­tue pour le conser­ver. Car, contrai­re­ment à ce que l'on dit sou­vent, une réforme est tout entière dans son appli­ca­tion. Et là, après trois ans et demi, j'ai le sen­ti­ment d'avoir construit quelque chose. Si on me laisse encore deux ans, je me dis qu'entre l'autonomie, les opé­ra­tions cam­pus, le rap­pro­che­ment avec les grandes écoles... on aura vrai­ment changé l'université. »
Politique dans l'âme et jusqu'au bout des ongles, l'élue des Yvelines recon­naît par ailleurs prendre un cer­tain plai­sir dans ces joutes. Battue lors des der­nières régio­nales en Ile-de-France, elle a fait de cette élec­tion son pro­chain objec­tif. « La vio­lence du monde poli­tique est abo­mi­nable. Ça défou­raillait au moins autant dans mon camp que dans l'opposition. Mais, en réa­lité, au fond de moi, j'adore ça. Même quand je rentre détruite, après deux évacua­tions de facs, deux manifs, ou deux attaques en des­sous de la cein­ture sur Internet ».
Le repos, Valérie Pécresse le trouve en famille, auprès de son mari et de leurs trois enfants de 14, 13 et 7 ans. « Nous sommes extrê­me­ment sou­dés et orga­ni­sés. Je m'appuie sur les deux grands-mères, nos frères et sœurs, les amis... Nous avons une orga­ni­sa­tion presque vil­la­geoise, et nous essayons de nous pré­ser­ver un week-end à cinq de temps en temps. Pour le reste, j'ai dû renon­cer à tout ce que j'aimais faire : la cui­sine, du sport, aller au théâtre... » Car la ministre res­sort tou­jours très vite du vil­lage, pour repar­tir en campagne...
http://www.vousnousils.fr/wp-content/thumbnails/uploads/2010/09/photo-918x1024-295x328.jpg By Patrick Lallemant. Exclusively for VousNousIls, Valerie Pécresse has agreed to play the game of the portrait. During a long interview, she talked about her family, her career and the influence he had on his ministerial action, the look she is about politics. Without avoiding either the memory of a 2008 marked by opposition to the academic reforms. "Initially, I wanted to be an actress, or psychiatrist, as my grandfather. Depression specialist, he fought to be recognized as a disease, and I admired him very much. JI felt very good to heal people's souls."
Baccalaureate at age 16, Major Finance HEC 21, the second output of Ena at 25, Valerie Pécresse defends indeed to have had a course of study without its pitfalls: "I had problems at school, like all children and adolescents.
In particular, I suffered a lot at first because, literary upset, I had a big problem with math. Then I had a big helping of blues integrating HEC, because it was not what I aspired." More...