http://pics.lesechos.fr/icons/logo.pngPar C.F. Les salariés français prennent moins d'initiatives que leurs homologues allemands, espagnols ou britanniques pour se former. Ils sont également moins ouverts aux pratiques innovantes du e-learning ou des « serious games ».
C'est sans doute un paradoxe français qui n'est guère flatteur. Alors que l'Hexagone peut se targuer d'avoir mis en place l'un des plus importants arsenaux législatifs d'Europe pour former les salariés (congé individuel de formation, droit individuel à la formation…), la France ne brille pas en la matière par rapport à ses voisins européens. Et que s'ils disposent de plus de cartes en main, les salariés français restent passifs, si l'on en croit l'étude que vient de publier le groupe de formation professionnelle Cegos.
Réalisée en mars dans quatre pays européens (France, Royaume-Uni, Espagne et Allemagne), cette enquête met en évidence un certain nombre de lacunes françaises. « Les Français sont ceux qui prennent le moins en main leur propre formation. Près du quart des Français non formés (22 %) considèrent qu'ils ne font tout simplement pas partie du plan de formation, alors que seuls 6 % des Allemands invoquent cette raison », résume Mathilde Bourdat, l'un des auteurs de cette étude. Une forme de passivité plus accentuée que chez leurs voisins, qui conduit les salariés français à ne pas s'impliquer dans leur formation ou tout du moins à ne pas envisager de sacrifier une partie de leur temps non-professionnel dans ce but. Alors que 76 % des Européens interrogés se déclarent prêts à se former hors du temps de travail, seulement 64 % des Français sont de cet avis. De même, si près d'un Européen sur deux (53 %) serait prêt à financer lui-même sa formation, on ne compte qu'un Français sur trois dans cet état d'esprit.
Souvent passifs, les salariés français semblent également moins ouverts que les autres aux techniques nouvelles de formations et continuent de privilégier la formation en salle commune. « Alors que les Espagnols et les Anglais pratiquent tout autant que nous la formation en salle, ils n'oublient pas de varier les modalités en y agrégeant des modules "e-learning", des classes virtuelles ou des "serious games". En France, aujourd'hui encore, peu de salariés ont la possibilité d'utiliser l'ensemble du panel formation pourtant existant », explique Laurent Reich, de Cegos.
La relative frilosité des Français est sans doute liée à la méconnaissance de ces techniques auxquelles les entreprises rechignent encore à faire appel. Difficile en effet de souhaiter recourir à une technique que l'on ne connaît pas.
Enfin, au-delà de la seule situation française, cette enquête bat en brèche une idée reçue : être salarié dans une grande entreprise n'est pas nécessairement un gage pour avoir plus de formation que dans une PME. Selon la Cegos, les entreprises de taille moyenne qui emploient entre 250 à 1.000 salariés forment 86 % de leur personnel, contre 71 % pour les entreprises de plus de 1.000 salariés.
http://pics.lesechos.fr/icons/logo.pngAl FC Los empleados franceses toman menos iniciativa que sus homólogos de Alemania, España y Gran Bretaña para la formación. También son menos abiertos a las prácticas innovadoras de e-learning o "juegos serios". Más información...