Michel Rocard, coprésident de la commission sur le grand emprunt, lève le voile.
La commission sur le grand emprunt rendra ses conclusions demain à l’Elysée. Son coprésident, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, en révèle les premiers arbitrages.
La commission sur le grand emprunt, coprésidée par les anciens Premiers ministres Michel Rocard et Alain Juppé, rendra ses conclusions demain au chef de l’Etat. La recherche est la grande priorité d’un projet qui divise la classe politique tant par sa légitimité que par son envergure.
Alors que le déficit public ne cesse de croître, est-il raisonnable de recourir à un grand emprunt?
Michel Rocard : La France est très endettée. C’est dangereux. Donc le grand emprunt présente un petit risque. Mais la France est, avec l’Allemagne, le pays européen qui a le moins souffert de la crise. Néanmoins, cela fait quinze ans que nous faisons des budgets à l’économie en ne finançant que l’indispensable. La recherche en est toujours victime. Au final, on assassine le savoir, et donc notre avenir.
En quoi est-ce davantage problématique aujourd’hui?
Si on n’investit pas dans la recherche, on sera mal placés pour sortir de la crise. Nous sommes à un moment où la France va jouer son avenir sur ce secteur. Si nous ne sommes pas assez performants, nous devrons importer les techniques, ce qui coûtera plus cher. Le grand emprunt doit empêcher cela.
Quel en sera le montant?
La France emprunte chaque année entre 250 et 300 milliards d’euros sur les marchés. Aujourd’hui, la dette représente près de 70 % du PIB et trop l’aggraver nous fait courir le risque de décrocher de l’Allemagne. Le Trésor public dit qu’un emprunt entre 20 et 22 milliards d’euros ne remet pas encause la signature de la France. Nous allons donc arriver aux environs de 35 milliards d’euros.
Les particuliers pourront-ils souscrire?
Non, pour lever auprès des particuliers, il faudrait les allécher, ce qui coûte plus cher. Ça ne vaut pas le coup. Nous lèverons tout auprès des marchés, sans doute en deux fois, mais avec une sélection de secteurs.
Lesquels?
Le grand emprunt va permettre la poursuite des recherches dans les sciences du vivant, les énergies nouvelles, la mobilité du futur, dont l’aéronautique. Plus généralement, et sans affectation particulière, 16 milliards d’euros iront à l’enseignement supérieur et la recherche.
Quel a été le principal débat au sein de la commission?
Il a concerné la question des infrastructures. Nous avons finalement apporté une réponse négative à ce dossier. Le Président nous a demandé de réfléchir au long terme pour redonner un rayonnement à la recherche française. Direct Matin edition 18-11-2009.
Michel Rocard, presidente da Comissão sobre a dívida grande, levantando o véu.
O Comité sobre as questões da dívida grande seus resultados amanhã, no Eliseu. Seu co-presidente, ex-primeiro-ministro socialista Michel Rocard, revela a primeira arbitragem. A grande empréstimo permitirá que novas pesquisas em ciências da vida, novas energias, a mobilidade do futuro, incluindo aeroespacial. Mais genericamente, desvinculados, 16 bilhões de euros irão para o ensino superior e investigação. Leia mais...