Le processus de Bologne consiste à mettre en place trois cycles dans les études universitaires : bachelor, master et doctorat. Alors que l’Espagne aurait pu s’y adapter facilement, les réformes successives l’amènent vers un résultat paradoxal qui semble plutôt l’éloigner de l’Europe.
L’Espagne est l’un des pays qui met en place de la manière la plus lente et confuse l’adaptation de ses universités au processus de Bologne. En 2005, parmi les quatre pays initiateurs du processus, tous les étudiants du Royaume Uni bénéficiaient déjà de cursus type Bologne, comme les trois quarts des Français, les deux tiers des Italiens et plus de 10% des Allemands...
Dans son étude comparée portant sur les premiers cycles universitaires, Jean-Pierre Jallade a classé l’Espagne, avec la Suède, parmi les exemples de systèmes supérieurs dits « intégrés », dans le sens où ils ont incorporé à l’université la grande majorité des programmes d’enseignement supérieur, cela en créant des “Diplomaturas” - de niveau bac+3 - comme les formations de maîtres, d’infirmiers, d’architecture, les diplômes techniques et de commerce...
Mais le rôle le plus important a sûrement été joué par les intérêts particuliers qui ont vu des opportunités dans Bologne.Ce sont d’abord les enseignants, qui espèrent élargir leurs matières aux dépends de leurs voisins ; abondent aussi ceux qui cherchent à s’élever vers les premières places d’un certain classement mondial ; ne manquent pas ceux qui prétendent introduire la concurrence entre les universités, les inciter à l’innovation technologique ou bien les soumettre directement aux ordres des entreprises ; l’on va même jusqu’à suspecter les recteurs (présidents d’université) d’être surtout soucieux de gonfler leur budget à l’aide des Masters.
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The Spanish university, 10 years after Bologna. The Bologna process is to place three rounds in university studies: bachelor, master and doctorate. While Spain could easily adapt to the reforms leads to a paradoxical result that seems rather far away from Europe. Spain is a country that puts up the most confusing and slow adaptation of its universities to the Bologna process. In 2005, among the four initiators of the process, all students in the UK already had de cursus Bologna type, such as three-quarters of French, two thirds of Italians and more than 10% of Germans. More...