Mars est le bon mois pour faire une demande de formation continue. Après avoir actionné le plan de formation de son entreprise, le candidat recalé utilisera le DIF, la période de professionnalisation ou le CIF. Source.
Malheureusement, en matière de formation continue, on ne prête aussi qu’aux riches. Selon l’étude du Cereq « Quand la formation continue » publié en février 2009, la formation profite toujours plus aux dirigeants qu'à l'ouvrier. Ainsi, 60 % des cadres français ont eu accès à la formation continue contre 29 % des employés. De plus, ceci expliquant cela, les cadres sont plus souvent à l'origine de leur formation que les autres salariés. Les non-cadres, eux, sont les plus contraints au regard des formations obligatoires ou imposées. Pour changer ce tropisme franco-français, le candidat à la formation continue doit être le moteur de son apprentissage. Il faut donc qu’il fasse une demande de formation auprès de sa hiérarchie et/ou du service des ressources humaines. Il argumentera cette volonté et utilisera tous les canaux disponibles.
1/ Intégrer sa formation dans le plan de formation de son entreprise
Pour un candidat à la formation continue, l’intégration de son cursus au plan de formation de son employeur constitue la première étape de sa démarche. Ce n’est qu’en cas de refus qu’il utilisera les autres dispositifs de formation disponibles. Tous les salariés, quelle que soit la nature de leur contrat de travail, peuvent bénéficier d'un cursus financé par le plan de formation. Mais ce n'est pas un droit. L'employeur a un pouvoir discrétionnaire. C’est lui qui détermine la liste des salariés bénéficiaires. Pour le candidat, toute la stratégie consistera à connaître les désirs de formation du dirigeant et d’inscrire sa démarche d’apprentissage dans ce cadre. Il faut donc que la volonté de l’employeur corresponde aux désirs du salarié. Si un dirigeant veut améliorer les compétences linguistiques de ses salariés, le salarié intéressé devra lui proposer de réaliser un cursus en anglais.
Pendant la période de stage, le salarié demeure sous la subordination juridique de l'employeur. Le temps de formation est assimilé à du temps de travail effectif. Le salarié stagiaire continue à percevoir une rémunération, de même que des primes. Et il conserve sa protection sociale. Conclusion : proposer d’en faire partie constituera le début de toutes démarches. En cas d’accord, le candidat se formera. S’il y a refus, il enregistrera cette décision, la comprendra ou pas. Qu'il ne désespère pas, il lui reste d'autres cartes à jouer pour obtenir un financement.
2/ Faire jouer le DIF
Le Droit individuel à la formation autorise le salarié à suivre 20 heures annuelles de formation, cumulables pendant six ans. Cela fait un maximum de 120 heures. Le bénéficiaire doit être employé à temps plein, en contrat à durée indéterminée. Il doit par ailleurs justifier d'au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise. Pour les salariés en contrat à durée déterminée et/ou à temps partiel, la durée de leur DIF sera calculée en fonction du temps de travail effectué. Le contenu de la formation est décidé conjointement par l'entreprise et le salarié. Si par deux fois ces deux acteurs ne s'entendent pas sur la formation, le salarié peut demander à transformer son DIF en Congé individuel de formation, financé en priorité par un Opca (Organisme paritaire collecteur agréé). Le DIF finance des formations courtes. Si le salarié a plus de 40 ans, il pourra opter pour une période de professionnalisation.

March is the month to apply for training. Having operated the training plan for his company, the candidate will use the DIF, the period of professionalization or CIF. Source. More...

3/ Actionner la période de professionnalisation
La période de professionnalisation permet à cinq publics prioritaires, dont les salariés de plus de 40-45 ans (l'âge varie selon les différentes branches d'activité), ceux qui justifient de 20 ans d'activité professionnelle ou ceux dont la qualification est jugée insuffisante au regard des évolutions technologiques et de l'organisation du travail, de se faire financer une formation longue durée. Cette dernière oscille entre 50 et 600 heures de cours. Si l’entreprise refuse toutes ces demandes, le salarié peut ensuite se tourner vers le CIF.
4/ Miser sur le CIF
Le Congé individuel de formation (CIF) est un droit du salarié. Mais une entreprise intelligente doit aujourd’hui favoriser cette démarche. « En effet, estime David Mazurelle, directeur général du Fongecif Ile-de-France, il existe de nombreuses raisons pour qu'une entreprise promeuve le départ en CIF d'un de ses salariés. La première est managériale : un salarié déposant un CIF a un projet professionnel bien déterminé. Il a un diagnostic sur ses compétences, sa formation, ses ambitions professionnelles. Il prend le risque de réaliser un cursus. Cela démontre une autonomie dans le management de son parcours professionnel. C'est une preuve de dynamisme. Ce salarié est une plus-value pour l'entreprise, pas un empêcheur de tourner en rond. La deuxième raison est d'ordre juridique ». Car le salarié peut suivre – c’est un droit - une formation longue de son choix tout en restant salarié de son entreprise. La durée du congé est en principe d'un an au maximum pour un stage à temps plein, ou de 1 200 heures pour un stage à temps partiel. Pour en bénéficier, le salarié doit remplir certaines conditions de délai et d'ancienneté, qui dépendent de la nature de son contrat de travail : au moins deux ans dont douze mois dans l'entreprise s'il est employé en CDI. Le salarié doit présenter une demande d'autorisation d'absence écrite. Cette dernière indique l'intitulé de la formation, sa date de démarrage et sa durée, ainsi que l'organisme prestataire. L'employeur doit lui répondre dans les trente jours. Si le salarié ne remplit pas les conditions requises, l'entreprise peut refuser sa demande. Dans le cas contraire, seul un report du départ en formation (de neuf mois au maximum) est possible, pour raisons de service ou si d'autres salariés sont déjà absents dans le cadre d'un CIF également.
Pour faciliter la demande de CIF et pouvoir être valorisé statutairement et financièrement une fois le diplôme obtenu, le candidat doit obtenir l’aval de son employeur. Cela facilite les choses et permet d’intégrer le cursus dans la stratégie de l’entreprise. A défaut, le candidat a peu de chance de voir son diplôme obtenu reconnu par son employeur.
Pour aller plus loin
Le site des Fongecif vous informe sur le congé individuel de formation.
Le portail dédié au DIF vous livre l’actualité de la formation professionnelle et le détail complet des accords de branche.
Le centre inffo est la référence pour l’information sur la formation tout au long de la vie.
Le portail de l’Etat, des régions et des partenaires sociaux est indispensables pour décrocher des informations pratiques sur le passeport-formation, le bilan de compétences, le congé individuel de formation, la professionnalisation et la validation des acquis de l’expérience.
Gwenole Guiomard