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COMMUNIQUE DE PRESSE de la fédération nationale de la libre pensée
Diplômes catholiques reconnus par la France : L’Union européenne antilaïque est en marche !
Le 18 décembre 2008, la France et le Saint-Siège (nom diplomatique et hypocrite du Vatican) ont signé au Quai d’Orsay un accord sur la reconnaissance des diplômes de « l’enseignement supérieur » catholique....
Après les diplômes catholiques, la reconnaissance du créationnisme ?

Le monopole de la collation des grades a mis la France relativement à l’abri des errements que l’on connaît aux États-Unis à propos du créationnisme. Dans ce pays, les facultés religieuses délivrent des diplômes sanctifiant « la création du monde en six jours ». Ces diplômes sont reconnus comme ceux délivrés par les Universités publiques. En France, cela est encore impossible.
Même  la Croix  le reconnaît : « Reste à savoir quand cet accord sera applicable. Jeudi, le Quai d’Orsay n’était pas en mesure de préciser si une ratification par voie parlementaire était requise. Il faudrait alors compter avec les réactions laïques : aux lendemains du discours du Latran, quand le Président de la République avait évoqué cette idée de reconnaître les diplômes des universités catholiques, nombreux avaient été ceux qui dénoncèrent « la fin du service public laïque ».
La Libre Pensée demande à tous les parlementaires (députés et sénateurs) d’interpeller le gouvernement sur cette question et de refuser de ratifier cet acte antilaïque. Paris, le 22 décembre 2008.

Dépêches de l'Education du Vendredi 19 décembre 2008
Critiques après l'accord de reconnaissance des diplômes Paris/Vatican
La fédération syndicale Unsa-Education et le Comité national d'action laïque (Cnal) ont tous deux critiqué vendredi l'accord de reconnaissance des diplômes de l'enseignement supérieur signé la veille à Paris entre la France (le ministère des Affaires étrangères) et le Vatican.
"Cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires", avait précisé le Quai d'Orsay dans un communiqué.
A ce sujet, l'Unsa-Education veut poser trois questions "au gouvernement" : "Le ministre des Affaires étrangères aurait-il compétence pour gérer l'enseignement supérieur ?", "Un Etat étranger peut-il désigner des établissements français en capacité de délivrer des diplômes français?", "N'est-ce pas aussi une atteinte fondamentale à la laïcité de la République et de l'Université, seule habilitée jusqu'à présent à pouvoir délivrer les diplômes nationaux que sont les grades universitaires ?".
La fédération syndicale estime qu'il s'agit d'un "passage en force qui remet en cause les principes fondamentaux de la Constitution et de l'Université".
Dans un communiqué séparé, le Cnal "s'indigne" de cet accord. "Devons-nous comprendre que l'onction du Pape Benoît XVI, accordée à des établissements catholiques en France, entraînerait automatiquement la reconnaissance par la République française des diplômes délivrés par ces derniers?", demande-t-il. "Le Cnal examinera de près cet accord mais souhaite exprimer dès aujourd'hui son inquiétude sur une démarche qui pourrait ouvrir un conflit majeur autour de la question laïque", conclut-il.

Autre blog, autre réactions : Le processus de Bologne est effectivement contraire à l’esprit laïque et républicain de l’institution universitaire française, ignorant purement et simplement toute distinction entre les formes d’enseignement supérieur, publiques ou privées, confessionnelles ou non. Cet appel à la reconnaissance des diplômes supérieurs privés catholiques (ou d’autres religions) est contraire à la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, mais également des plus anciens fondements de l’Université Française : son institution (1808) posant en principe le monopole de la collation des grades universitaires par l’État, restauré et réaffirmé par la loi de 1880 corrigeant la loi de 1875. »